‹ Chroniques d'OrientChapitre 162 sur 410 · The Nation , 18 août 1887, p · texte numérisé non relu

The Nation , 18 août 1887, p

transversal s’étend entre le second et le troisième mur, faisant avec eux un angle droit.

L’oreheslre est de forme elliptique. Cinq rangées de sièges ont élé déblayées; on a reconnu quatorze escaliers partant de l’orchestre, qui divisent l’emplacement réservé aux spectateurs en quinze kerkides. Les sièges sont taillés dans le roc; ceux du premier rang sont des fauteuils, avec dossier et appuis. Tout autour de l’orchestre règne un canal d’écoulement : un aqueduc conduit du centre de l’orchestre à la scène, puis au dehors, par la porte médiane du premier mur. Un autre s’étend de la partie ouest de l’orchestre jusqu’au précédent. On a découvert çà et là des tuyaux en terre cuite, qui servaient à l'écoulement des eaux .

Deux arcades donnaient accès aux rangées supérieures des sièges; elles sont incontestablement de constiuetion romaine, sans trace de ciment ni de briques. Il est probable que le devant du théâtre était orné d'une colonnade. M. Mac Murtry signale encore une grande fontaine monumentale; mais il est difficile, en l’absence de plan, de suivre les détails de sa description. On a trouvé un petit nombre de fragments de statues sans importance, plusieurs fragments d’architecture d ordre ionique et dorique avec traces de polychromie, des monnaies de cuivre et des lampes en terre cuite. Une inscription d’époque romaine concerne des honneurs rendus à certains ambassadeurs; une autre, d’époque hellénistique, rappelle les victoires remportées aux jeux par Kallistratos, fils de Philothales.

La reprise des fouilles, à la fin de 1887, a donné une belle tète de femme, de grandeur naturelle, et une tète virile de bon style, qui ont été découvertes dans l’orchestre. Un rapport détaillé sur les fouilles de Sicyone, avec un plan du théâtre, paraîtra prochainement dans les Pajpers of the American School.

Mantinée1. C’est à M. Fougères qu’il appartient de faire connaître en détail les beaux résultats des fouilles de l’École française à Mantinée. Mais comme les bas-reliefs attribués à Praxitèle ont été transportés à Athènes aussitôt après leur découverte, il est naturel que l’on se soit occupé de les étudier et que les impressions des premiers visiteurs aient trouvé accueil dans les revues. L’Académie des

1. Olivier Rayet écrivait dans la République française du 4 juillet 1876 : « Il s en faut de beaucoup que la liste des points où des trouvailles sont certaines soit épuisée : Tégée, Mantinée, Argos, Simos, Sardes, Cos, bien d’autres villes encore attendent toujours des explorateurs. »

inscriptions en a été entretenue à son tour. Nous reproduisons ici la communication de M. Foucart à la séance du 11 novembre 1887 1 .

Fouilles de Mantinée. — M. Foucart, directeur de l’École d’Athènes, expose les principaux résultats des fouilles que l’École française a commencées à Mantinée. II a confié la direction des travaux à M. Fougères, membre de l’École. M. Fougères a relevé le plan de l’enceinte avec ses portes et ses tours, dégagé le théâtre et la scène, retrouvé l’emplacement de l'agora et des portiques qui l’entouraient, un autre portique dédié à Antinous, le favori d’Adrien. Au moyen de sondages, il a reconnu, sur une longueur de 300 mètres, une rue pavée en grandes dalles où les roues des chars ont tracé une ornière. Celte rue, qui part de la porte méridionale, conduira, sans doute, à des édifices importants.

La ville, maintenant déserte, a été longtemps occupée par les Byzantins. Plusieurs églises avaient été construites sur 1 emplacement des monuments anciens. M. Fougères a trouvé dans leurs ruines un grand nombre de morceaux d’architecture, de sculptures et d inscriptions, celles-ci au nombre d’une trentaine. Parmi les plus intéressantes, il faut citer : deux colonnes d’une inscription archaïque (quarante lignes environ), fragment d’une loi ou d’un règlement religieux ; une dédicace faite parPhilopoemen et les officiers de son armée, probablement après la bataille de Mantinée, où fut tué Machanidas, tyran de Sparte.

Les petits objets en bronze ou en terre cuite, briques avec estampilles, tessères avec noms propres, ont été recueillis en grande quantité, surtout dans le théâtre. M. Fougères a rencontré, au milieu de ces débris de l’époque grecque et romaine, deux haches en pierre polie. Les fouilles ont mis également au jour beaucoup de fragments de sculptures qui appartiennent à la période comprenant l’époque archaïque et 1 époque romaine. M. Foucart présente à l’Académie les photographies de quelques morceaux mieux conservés, qui seront publiés dans le Bulletin de Cor i espondance Hellénique : ce sont trois bas-reliefs contenant neuf personnages. Ils proviennent d’un monument signalé par Pausanias. Le voyageur, après avoir parlé d’une statue de Latone, œuvre de Praxitèle, ajoute que la base est ornée de bas-reliefs qui représentent les Muses2 et Marsyas jouant de la flûte. Les trois panneaux découverts par M. Fougères répondent exactement aux indications de Pausanias ; le quatrième n a pas encore été retrouvé. Il serait téméraire d’attribuer ces bas-reliefs à Praxitèle lui-même, mais on pourrait supposer qu’ils ont été exécutés sur ses dessins par ses élèves.

M. Foucart annonce que les fouilles seront reprises l’année prochaine.

1. Chronique des Arts , 19 novembre 1887. Cf. le résumé donné par le Messager d' Athènes et reproduit par le Temps , 13 octobre 1887; la Kunstchronik du 13 octobre, la Phitologische Wochenschrift (1S87, p. 1490), etc.

2. Il y a Moüsa dans le texte. [La correction Moussa ne doit pas être pro-

Un article du Messager d’Athènes, reproduit par le Temps (13 octobre 1887), signale encore une stèle archaïque représentant une jeune femme de grandeur presque naturelle, debout et tenant dans la main droite une feuille et une fleur. C’est i n remarquable travail du vG siècle.

M. Wolters, dans la Classical Review ', dit que la forme des scellements de la base indique une époque postérieure à Praxitèle ; il ajoute que le travail des sculptures conduit à la même conclusion. Comme il n’existe pas encore, que je sache, de recueil de trous de scellement datés, et comme la qualité du travail est une affaire d’appréciation, la question est loin d’être résolue dans le sens indiqué par M. Wolters.

— Le Bulletin de Correspondance Hellénique de décembre 1887 (p. 485-489) publie, sous la forme d une lettre à M. Foucart, un exposé sommaire des trouvailles de M. Fougères auquel nous renvoyons nos lecteurs. L’auteur signale, comme l’avait déjà fait M. Foucart à l’Académie, la présence de deux petites haches polies en serpentine dans un édifice d’époque romaine. Le fait n’est point extraordinaire, et l’on serait mal venu à l’alléguer pour rajeunir l’époque néolithique; tous les pi éhistoriciens savent que les haches polies ont passé et passent encore pour des amulettes *.

Olympie. — Au mois de mai 1887, 1 ’ Hermès de Praxitèle a enfin été dressé sur sa base antique ; dix ans s’élaient écoulés depuis la dé¬

posée; Pausanias a évidemment pris pour une Musa l’Apollon in longa veste qui est assis devant Marsyas.]

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