‹ Chroniques d'OrientChapitre 167 sur 410 · Welcker, A/te Denkmaeler, t. II, p. 37, pl. II · texte numérisé non relu

Welcker, A/te Denkmaeler, t. II, p. 37, pl. II

ou quatre courbes au-dessus des terrasses découvertes par O. Müller et E. Curtius, entre le mur polygonal et lepéribole. A l’angle sud-est du mur polygonal, le chemin tournait vers le nord, puis enfin s’infléchissait vers l’ouest, en gravissant la terrasse du temple.

Les fouilles récentes ont précisément mis à nu, à l’angle sud-est du péribole, les degrés et les pavés antiques, qui forment l’entrée dans le îepov, coupant le mur exactement dans la direction de Castalie et des trois bases mentionnées plus haut. Sur les degrés, on a découvert une base en calcaire noir, qui porte, avec d’autres inscriptions plus récentes, une dédicace en cinq distiques presque entièrement conservés. Ces vers ont été lus par Pausanias et mis à contribution par lui pour ses commentaires mythologiques, ce qui a permis de compléter ■ l’épigramme d’après la prose du Périégète (Paus., X, 9, 2). C est donc en cet endroit qu’était la porte d’entrée du péribole, et c’est en partant de ces ex-voto que Pausanias décrit les autres objets situés de part et d’autre de la route jusqu’à ce qu’il arrive au portique et puis au temple. Cette détermination du point de départ de Pausanias donne, suivant M. Pomtow, la clef de la topographie de Delphes.

L’auteur, en terminant, a exprimé l’opinion que des fouilles méthodiques sur ce point produiraient des résultats « qui, par leur variété et leur intérêt, leur importance et leur richesse, surpasseraient probablement ceux-mèmes des fouilles d’Olympie. » Nous en acceptons volontiers l’augure. iyaQvj !

Élatée. — M. P. Paris a publié, dans le Bulletin de Correspondance Hellénique, un remarquable article sur ses fouilles au temple d’Athéna Cranaia à Élatée*. Il a décrit une collection de nombreuses figurines en terre cuite découvertes aux alentours du sanctuaire; les plus importantes ont été reproduites par l’héliogravure. Comme le dit avec raison M. Paris, ce dépôt de terres cuites confirme l’opinion émise par M. Pottier dans sa thèse latine, à savoir que les mêmes statuettes se trouvent dans les tombeaux et dans les temples, que leur « destination funéraire » tient moins à leur nature et aux motifs figurés qu’à l’intention de ceux qui les ont offertes comme ex-voto. Il étend la même conclusion à ce qu’on a désigné sous le nom de « mobilier funéraire » des tombes; ce même mobilier se rencontre dans les sanctuaires et comporterait la désignation plus générale de « mobilier religieux ». Il me semble cependant que M. Paris va trop loin lorsqu’il refuse de reconnaître, à un certain nombre de pièces, le caractère

î. Bull, de Corr. Hellén., 1887, p. 405-444, pl. III-V. ■

d’objets substitués. Notre jeune école d’archéologie tend à diminuer le plus possible ou même à nier tout le symbolisme cher aux contemporains de Panofka. Il y a là une réaction salutaire, mais qui est déjà tombée dans l’excès. M. Paris m’expliquera-t-il pourquoi le type de Jupiter n’est, pour ainsi dire, jamais figuré par les coroplastes? Me dira-t-il pourquoi la céramique (je ne parle pas de celle de Smyrne, exceptionnelle à tous égards) , ne représente que très rarement des hommes faits? Il faut que le symbolisme ait sa part dans l’exégèse : c’est aux gens de goût de savoir la limiter.

Parmi les figurines qu’a publiées M. Paris (pl. III, n» 9), il en est une qu’il décrit ainsi (p. 9) : « Bonhomme debout... Au-dessous du ventre s’enroule une ceinture d’où tombe une sorte de caleçon formé de langues qui se recouvrent les unes les autres. Il y en a une triple

rangée. C’est un accoutrement de mime ou de baladin. » Je ne sais sur quoi se fonde M. Paris pour qualifier ainsi ce costume, dont le caractère comique m’échappe absolument. M. Paris aurait pu signaler une particularité tout analogue dans une statue découverte à Carlbage et publiée, en 1885, par M. Babelon et moi1 2 3. C’est une œuvre qui n’a rien de comique, bien qu’il soit difficile de décider si le personnage ainsi vêtu est un dieu marin ou Melkarth. Pour faciliter la comparaison et vu la rareté de ce genre d’accoutrement, nous donnons ici un croquis de la statuette et de la statue réduites à la même échelle®. Ce rapprochement a d’autant plus d’intérêt que plusieurs fragments publiés par M. Paris ont incontestablement une allure phénicienne ». Le marbre de Carthage est de travail romain, mais reproduit sans nul doute un motif punique.

Céphai.lénie. — Le musée fondé par l’archevêque Calligas à Ar-

Statuette d’Élatée et statue de Carthage.

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