Gazette archéologique , 4885, pl
2. Nous avons supprimé les deux divinités plus petites placées de part et d’autre de la statue de Carthage, ainsi que le pilier contre lequel elle est appuyée.
3. Bull, de Coït. Hellén., 1887, p. III, nos 3, 4, 5. Comparez avec les terres cuites de Carthage reproduites dans nos Esquisses archéologiques , Paris, Leroux, 1888.
gostoli, musée auquel est jointe une bibliothèque, s’est augmenté d’importantes donations; le docteur Miliaresis (d’ Athènes) lui a fait présent de 109 monnaies d’or, 876 monnaies d’argent et l',597 monnaies de cuivre, qui proviennent d’un trésor découvert à Samé1.
Cythère. — M. Schliemann a passé le mois de décembre 1887 à Cythère, occupé à déblayer, sous la surveillance de M. l’éphore Staïs, l’emplacement présumé du temple d'Aprhodite Uranie. Les fouilles n’ont pas donné les résultats attendus, le temple antique ayant été détruit pour bâtir l’église de Saint-Cosmas, située au centre des anciens murs de la ville. 11 était construit en tuf, avec deux rangées de colonnes doriques au nombre de quatre sur chaque côté. Quelques chapiteaux archaïques et fûts de colonnes sont conservés dans l’église de Saint-Cosmas. Sur unehauteur voisine, plus élevée d'environ 30 mètres il y a des restes de fortifications eyclopéennes. Le mur d’enceinte de la ville présente des segments construits dans le même système. M. Schliemann a envoyé un rapport sur ses fouilles à la Société d’anthropologie de Berlin et doit publier un rapport dans les Mittheilungen de l’Institut allemand d’Athènes2.
A la fin de janvier 1888, M. Schliemann est reparti pour l’Égypte, où il doit voyager en compagniedeM. Virchow. On lui prête l’intention d’étudier, entre autres problèmes, ceux que soulève la topographie d’Alexandrie.
Constantinople. — M. André Levai me communique l’extrait suivant du Phare, du Bosphore, en date du 17 octobre 1887 : « Avanthier, en creusant un puits dans la maison du barbier Hadji-Hassan, aux environs d’Oun-Capan, à Stamboul, on a découvert certains objets datant de l’époque byzantine, entre autres deux statues de femmes. La police a pris des mesures nécessaires pour le transport de ces antiquités au Musée impérial. »
Voyage archéologique de l ’Assir. — Un navire de guerre turc, l’ Assit', a récemment accompli une véritable campagne archéologique, sur laquelle les journaux du Levant nous apportent quelques détails curieux2. Ce bâtiment avait été chargé de transporter à Beyrouth les
t. Philologische Wochenschrift, 1887, p. 1331.
2. The Academy, 24 décembre 1887, 21 janvier 1888; Philologische Wochenschrift, 1887, p. 1331. 1396, 1554; 1888, p. 67.
3. Cf. le Quarterly statement (Palestine exploration), 1887, p. 212.
cadeaux que le Sultan envoie annuellement à La Mecque par la caravane de Damas. Lors de la découverte du sarcophage de Tabnit par Hamdi-Bey, il fut mandé télégraphiquement à Saïda et vint jeter l’ancre, le 13 juin 1887, entre l’ilot de Djezireh et la côte. L’état de la mer entrava d’abord les opérations ; le navire talonna et l’on eut quelque peine à le dégager. Le 16, la mer redevint belle et l’on put commencer l’embarquement des sarcophages, au moyen d’un énorme radeau construit par Bechara Deb. Les sarcophages furent hissés à bord à l’aide de poulies, manœuvrées sous la direction du capitaine Hassan- Bey; le plus grand, pesant 13,000 kilogrammes, fut embarqué en dernier lieu ; un coup de canon annonça aux habitants de Saïda que tout s’était terminé sans accident. Les frais de ces opérations difficiles et dangereuses n’ont pas excédé 10,000 francs.
De Saïda, YAssir regagna Beyrouth, où il fêta le Baïram et embarqua plusieurs antiquités qui avaient été confisquées et déposées dans la cour du konak. Ce sont : une belle tête d’Hadrien; une inscription cunéiforme de vingt lignes ; une meule à bras, dont la pierre supérieure porte des caractères qu’on croit hittites et un cône symbolique de marbre blanc, haut d’un demi-mètre.
Poursuivant sa route, YAssir vint mouiller à Rhodes; là il reçut une dépêche du ministre de la Marine lui enjoignant de se rendre à Thasos, au port de Liménas. Il y chargea dix caisses d’antiquités récemment découvertes par M. Bent, ainsi que celles qui avaient été déposées, il y a longtemps, dans le konak de Liménas'. Parmi ces dernières il y a une très belle tête virile de style attique et un excellent bas-relief funéraire que j’avais vus en 1882, et dont M. de Launay a bien voulu, tout récemment, me communiquer des photographies. Il est utile de rappeler que l’ile de Tliasos est un fief héréditaire du khédive d’Égypte, mais il paraît que S. M.le Sultan n’a pas renoncé à ses droits sur le sous-sol. La question est pourtant litigieuse, puisque de grands bas-reliefs découverts à Thasos, en 1866, sont à Tchinli-Kiosk, tandis qu’un aigle gigantesque en marbre, trouvé dans l’ile vers la même époque, a été transporté en Égypte 1 2 3.
Suivant un journal arabe de Beyrouth, Le Bachir, YAssir se serait rendu à Cliuluk, le port de Mylasa, et y aurait embarqué deux statues grecques « qui avaient été achetées à condition par le Louvre, au prix
1. Une gravure de cette pierre a été publiée dans le Quarterly statement , 1887, p. 223. Quelques caractères ressemblent, en effet, à de3 hiéroglyphes hittites.