‹ Chroniques d'OrientChapitre 169 sur 410 · Maspero, Guide au Musée de Boulaq , n° 6002, p · texte numérisé non relu

Maspero, Guide au Musée de Boulaq , n° 6002, p

de plusieurs milliers de francs. » Cela n’est pas exact : voici la vérité à se sujet. Au mois de juillet 1880, MM. Hauvette-Besnault et Dubois, membres de l’École d’Athènes, se rendirent à Mylasa et y étudièrent un monument récemment découvert dans la cour de la maison d’un nommé Méhémet-Effendi *. Parmi les trouvailles, il y avait deux statues de femmes drapées, sans bras ni tète, d’un bon travail grécoîomain, quelques bas-reliefs et une dédicace à Némésis. Au mois de septembre de la même année, j’arrivai à Chuluk sur l’aviso le Latouche-1 réville, à bord duquel je m’étais fait embarquer, dans l’espoir naïf de rapporter quelque Vénus de Milo. Mes camarades m’avaient prévenu de l’existence des statues de Mylasa : j’allai les voir, les trouvai intéressantes et convins de donner 2,400 francs du tout, au cas où la Porte autoriserait l’exportation. On voit que le Louvre n’a été mêlé en rien à cette affaire. Si je n’ai pas eu le plaisir de lui procurer ces sculptures, ce n’est pas faute d’avoir sollicité, à cet effet, 1 intervention de Charles Tissot, qui était alors notre ambassadeur à Constantinople; mais cet archéologue, en qui je regrette un ami, ne voulait pas demander à la Porte de menues faveurs et n’était curieux, à ce moment de sa carrière, que des voies romaines de la Tunisie.

A. Iasos, quelques mois avant le voyage de VAssir, un bâtiment de guerre turc en croisière sur le littoral a chargé des blocs de marbre provenant d’un ancien mur, parmi lesquels Hamdi-Bey découvrit de nombreuses inscriptions, qui furent dirigées sur Constantinople. M. Cecil Smith a vu depuis, dans la cour de Tchinli-Kiosk, des marbres provenant de Iasos, mais il n’a pu les examiner1 2. La publication de ces textes épigraphiques a été confiée à M. Carathéodory, conseiller d’État.

Thasos. - Un archéologue danois, M. Kinch, à découvert au mois d’août 1887, dans un mur de l’acropole de Liménas, une inscription dont il n’a pu lire qu’une partie, le reste étant encore dissimulé dans l’épaisseur du mur. C’est un décret qui parait fort intéressant et qui nous fait connaître, entre autres, l’existence du mois d’Hécatombéon dans le calendrier thasien. On comprend que le respect des droits de l’inventeur ne me permette pas d’en donner le texte. Je dirai, à ce propos, que M. Bent a revendiqué la découverte du fragment épigraphique thasien quej’ai publié dans la Revue (1887, II, p. 82) 3 ;

1. Cf. Bulletin de Correspondance Hellénique, 1381, t. V, p. 31 et suiv.

Page 1