Article de M. Gaston Deschamps
2. Cet excellent compte rendu inaugure une série de petits articles où nous serons heureux de puiser, à l’avenir, nos informations sur les fouilles de l’Acropole; cf. Bull, de Corresp. IJellén., 1888, p. 239 et 332.
« le cou par un large rang de méandres rouges. — Tête et poitrine d’une « statue (ou d’un haut relief) représentant Hercule. Ce fragment a perdu « toute trace de couleur. Hercule porte au cou un collier fait d’ornements « très simples, en forme de dents. Il est vêtu et coiffé de la peau de « lion : les pattes de la bête sont nouées par devant ; le crâne et la « mâchoire supérieure forment le casque, la mâchoire inférieure est « fendue en deux, pour servir de couvre-joues. La sculpture offre les « caractères de l’archaïsme le plus franc : l'œil, énorme, très en saillie, « est fortement relevé vers les tempes ; les coins de la bouche remontent « suivant une ligne parallèle à la ligne des yeux. Les fragments d’architec- « ture provenant d’édifices en tuf ont cet intérêt particulier, que les « couleurs dont tous les ornements étaient peints sont parfaitement « conservées, et l’on en peut faire une étude complète. Rosaces, palmettes, « oves, rais de cœur, etc., sont sculptés d’abord, et ensuite revêtus de « peinture, — ou bien sont légèrement indiqués sur la pierre à l’aide du « ciseau, et, dans ce creux à peine sensible, on étend les couleurs habi- « tuelles, le bleu et le rouge. Certains morceaux ont gardé un éclat « remarquable. » Parmi les petits bronzes, M. Léchât signale une statuette d’une conservation irréprochable : « C'est un personnage nu, « debout, la jambe gauche portée en avant, les bras détachés du corps « et parallèles. Chacune des deux mains tenait un attribut, — probable- « mentl’arc, dans lamain droite, et, dans la gauche, une flèche ; — car, au « premier coup d’œil, on est frappé de l’analogie avec certains types « archaïques d’Apollon. Quoi qu’il en soit, le modelé est excellent; un « examen de la poitrine et du dos suffit à prouver chez l’artiste une « connaissance précise de l’anatomie ; le détail du visage est traité avec « délicatesse ; la chevelure, finement peignée, fait sur le front un léger « bourrelet, et, par derrière, s'arrondit sur la nuque, — arrangement « d’une élégance simple. — Une certaine raideur d’attitude, la symétrie « voulue dans la position des bras, quelques autres particularités indiquent « encore l'archaïsme. Celte statuette devra prendre place parmi les plus « remarquables bronzes d’ancien style. »
— L’Éphorie générale cesse de publier ses Bulletins dans le Journal officiel d’Athènes; elle les donne désormais aux curieux sous forme de fascicules mensuels indépendants. Nous résumons ici les quatre premières livraisons de 1888, à l’usage de ceux qui ne lisent pas facilement le grec, en supprimant, ou en nous contentant d’indiquer très sommairement, les faits que l’on trouvera signalés dans d'autres parties de cette Chronique.
Janvier. — 1» Antiquités transportées au Musée central. — Bas-relief funéraire d’Éleusis : guerrier barbu debout avec petit serviteur. Travail hellénistique. — Statue mutilée de Bacchus (?) trouvée par l’École améri-
caine à Sicvone, gr. nat. Travail hellénistique (M. Merriam a bien voulu nous communiquer une photographie de ce marbre, qui présente des particularités intéressantes). — Tête de femme, d’un bon travail, trouvée à Sicyone. — Six têtes de lion de la Tholos d’Épidaure. — Petite tète féminine archaïque, trouvée à Éleusis. — Onze inscriptions funéraires du Céramique extérieur. — Dix-sep t vases provenant des mêmes fouilles, parmi lesquels dix léeythes blancs à représentations funéraires (barque de Charon, offrandes à la stèle) ; un petit lécythe à figure rouge représente une Sirène jouant de la double flûte. — Bijoux d’or, entre autres une boucle d’oreille terminée en tête de lion et une agrafe d’or ; monnaies d’or, d’argent et de bronze découvertes à Égine. — Objets découverts au temple des Cabires, près de Thèbes.
2° Fouilles de l'Acropole. — On a fouillé entre la face orientale du Parthénon et 1 angle nord-est du Musée. Le sol, à cet endroit, présente deux couches de débris, l’une avec des fragments de marbre, l’autre avec des sculptures et des morceaux d’architecture en tuf. La couche tuflère est naturellement la plus ancienne : parmi les fragments recueillis, on cite une figure de femme en haut relief, avec draperie décorée d’ornements en zigzag à la fois sculptés et peints ; une tête de femme très archaïque, coiffée d'une espèce de polos ; un fragment de statuette féminine ; des débris du corps d’un grand serpent ; des morceaux d’architecture très archaïques.
Dans la couche superposée à la précédente, on a trouvé des objets variés. Marbres : statuette de femme du type des Athénas ; tête féminine du même type ; bas-relief singulier, avec traces de couleur, représentant un personnage serré dans un chiton, coiffé du bonnet phrygien, la main droite contre la poitrine et tenant une lyre, le tout de style très archaïque ; tète de lion avec traces de peinture. — Vases : très nombreux débris à figures rouges et noires, quelques-uns avec inscriptions ; itiva \ avec trous de suspension où l’on voit encore des clous de bronze ; parmi les représentations sur les vases, Athéna en armes (fig. noire), Poséidon tenant le trident (fig. rouge), Héraldès combattant le lion avec Athéna auprès de lui (fig. noire). — Inscriptions : un fragment de marbre portant :
TEI2IKAEE2 AEKATEN
[àvéûc/.]E N AOHNAI A[t]
3» Fouilles du Céramique extérieur. — Ce sont les fouilles de tombes dont il a déjà été question dans cette Chronique. On a ouvert plus de cent cinquante sépultures dont un grand nombre étaient vides. Une découverte importante faite à cette occasion est celle de la voie battue, large de 3 mètres, qui conduisait à l’Académie et à Colone.
4° Fouilles du temple des Cabires à Thèbes. — Nous en avons déjà rendu compte. Une curieuse inscription, découverte dans le sanctuaire, contient une liste de cabiriarques, membres de la cabiriarchie . Les fouilles, interrompues le 4 janvier, doivent être reprises prochainement.
5° Fouilles de l’École française au Pirée.
6° Fouilles de l’École américaine à Icaria.
7° Accroissement de la Collection du Pirée. — Deux bases d’Hermès, dont l’une avec une dédicace des IsvjgeJa'avTîç êiù ’AyaôoxXÉou; apxovroç, l’autre avec celle d’un èçYiêeJra; hà 'HpaxXetSou «px°vtoç. — Bas-reliefs funéraires, etc.
8° Découverte au village de Barbasaini en Êlide. — Une lionne égorgeant un bélier, groupe de bon travail, d’époque hellénistique, presque de grandeur naturelle.
9“ Nouvelles des Musées. — Un second Musée va être construit sur l’Acropole ; destiné aux spécialistes seulement, il contiendra des objets divers, à l’exclusion des œuvres d’art d’un intérêt général. Le Musée central sera agrandi par les soins de l’architecte Ziller. Une collection de petites antiquités (vases, bronzes, etc.) sera établie au Musée central sous la direction de l’éphore Staïs. On a publié la première partie d'un petit catalogue des marbres du Musée central, en grec et en français, et Ton prépare un catalogue analogue du Musée de l’Acropole.
Une bonne nouvelle pour terminer : l’abominable cabane du surveillant, construite au milieu de l’orchestre du théâtre de Baccbus, a été remplacée par une maisonnette en brique placée dans la partie ruinée de la cavea. Des postes de surveillance seront élevés, d’après le même modèle, sur plusieurs points de l’ancienne Athènes.
Février. — 1° Antiquités transportées au Musée central. — Quatorze
inscriptions funéraires provenant des fouilles du Céramique extérieur.
Huit lécythes blancs, vases et objets divers provenant des mêmes fouilles. Il faut remarquer un moule en terre cuite pour miroirs de bronze (?) portant d’un côté un homme ailé avec talonnières, tenant des couronnes dans ses mains et courant vers la gauche ; de l’autre côté une rosace. — Une grande amphore de style géométrique, retrouvée dans les caves du Musée central.
2° Antiquités fausses. — On a confisqué au Laurium, entre les mains d’Antonios Marangos, qui les tenait d’un nommé Théodore Moustakis d’Athènes, une plaque de bronze avec figures, un miroir avec couvercle historié (Satyre et Dionysos), une statuette en bronze d’Aphrodite nue, une tète de bronze en relief (Héra ?) et trente-six monnaies diverses ; tous ces objets ont été reconnus apocryphes. Il y a longtemps qu’on nous avait mis en garde contre les couvercles de miroirs : il sera bon d’examiner de près ceux qui sont entrés à une époque récente dans nos collections.
3° Fouilles de l’Acropole. — Les fouilles ont continué entre la face orientale du Parthénon, la face occidentale du Musée et le mur sud de 1 Acropole. Non loin du mur du sud, on a rencontré des fondations de maisons en appareil cyclopéen, rappelant celles de Mycènes et de Tirynthe, dont les matériaux sont des pierres grossières et des briques cuites. Dans un des murs on a découvert une cachette de haches et de disques en
bronze ; un peu au-dessus étaient des fragments de vases du style de Mvcènes. La trouvaille de sculpture la plus importance est celle d une tête colossale barbue, en pierre poreuse; elle est remarquablement conservée, la peau peinte en rouge, la barbe et la chevelure en bleu foncé, les sourcils et les pupilles en noir, l’iris en vert ; la pupille et l’iris sont d’ailleurs indiqués aussi par la sculpture, suivant un procédé que l’on croyait propre à l’art gréco-romain de la décadence. En même temps, on a recueilli de nombreux fragments d’un serpent. Près de la tète, on a trouvé la partie supérieure d’un torse d’Héraldès vêtu de la peau du lion, en demi-grandeur naturelle et en haut relief. — Intéressants fragments de vases, entre autres d’une cylix à fond blanc et à figures violettes, sur laquelle on distingue la tète d’un jeune homme avec l’inscription ”Op<p£u[çl : devant lui sont une lyre et la partie supérieure d’une femme ; style d'Euphronios. — Cylix à figures rouges, avec Héraldès tuant l'Hydre, de travail très soigné. — Fragment de phiale portant sur le bord l’inscription [èu<uï]cj]EN AIIAPXE[v] EPTON AOENAIA. fragment à figures rouges avec l’inscription : ’A]0sv[ai]at 'Yyceifai KjàXXi; Èm>£e<y[ev] xoc\ àvÉ[0EXEv], — Fragment de pinax avec l’inscription : • • .6eç à[véôsx£ Aïo; xlpavspofcp povi xoOpri]. — Fragment de grand vase avec zone de figures imprimées en relief (char, aurige, guerrier) ; ce fragment a été trouvé dans un amas de débris qu’on croit provenir des fouilles faites à l’ouest du Parthénon en 1882.
4o Fouilles du Céramique. — Suite et fin de cette exploration, dont les résultats ont été signalés plus haut. Un certain nombre de tombes paraissent avoir servi deux fois.
5» Fouilles d’Amorgos. — Voir plus bas.
6° Fouilles de Tanagre. — On a eu le bonheur de trouver une série de tombeaux intacts près de Kokkali. La plupart sont en briques ; quelques sarcophages sont en argile. Deux tombes voisines portaient des stèles où sont gravés les noms MIAAS et niSTA en caractères de bonne époque. Un très petit nombre de tombes sont formées de grandes plaques de tuf; les incinérations sont fréquentes. Parmi les trouvailles, M. Koromantsos, directeur des fouilles, signale quatre lécythes peints, un grand vase peint, un scyphos avec ornements d’applique en relief, trois canthares, dont l’un plein de coquilles, dix statuettes archaïques, deux coqs, deux chevaux, un bœuf, un singe en terre cuite et un très grand nombre de vases ordinaires.
7° Tombeau du Virée. — C’est un ossuaire contenant quatorze squelettes, dont les crânes présentent des blessures profondes; les objets placés auprès d’eux sont de travail commun et dénotent une époque tardive.
8° Inscription d’Égine. — Sur une stèle de marbre carré, en caractères archaïques (village d’Asômatou) :
F O P O I TEMENOI AOENAIAI
9» Trouvaille de monnaies romaines en Acarnanie.
10° Trouvaille de quatre-vingt-huit monnaies byzantines à Tyrnavo (monnaies très légères et de forme polygonale).
11° Nouvelles des Musées. — L’intérieur du Parthénon va être converti en Musée ; on y placera les plus belles parties de la frise conservée à Athènes. Quelques nouvelles stèles funéraires sont entrées au Musée du Pirée. On a confisqué chez un paysan de Thespies trois béliers archaïques, dont l’un en plomb et deux en bronze, et un bœuf de bronze ; ces antiquités, provenant probablement du sanctuaire des Cabires, ont été envoyées à Thèbes.
Mars. — 1° Antiquités transportées au Musée central. — On a découvert, dans les magasins du Musée, une caisse portant l’inscription Xa 5i*î{ qui contenait des vases et des terres cuites, probablement de Tanagre. — Fragments de sculptures et inscriptions funéraires découvertes dans les fouilles de l’Olympiéion. — Bague d’argent trouvée dans un tombeau d’Haghia-Triada. — Très belle statuette de bronze représentant une femme du type des Athénas de l’Acropole, tenant de la main droite avancée un sistre (?). Trouvée à Corcyre, au village de Kassiopé, elle a été confisquée au Pirée.
2° Fouilles de l’Acropole. — Les découvertes de vases peints ont été très nombreuses : il est digne de remarque que les fragments à figures rouges sont de beaucoup plus fréquents et qu’ils se sont rencontrés aune grande profondeur. Même sur le roc vif, on a recueilli un fragment de vase à figure rouge et une tuile en marbre provenant d’un édifice. Il est désormais absolument certain que la technique des vases à figures rouges est antérieure aux guerres médiques, mais on se demande jusqu’à quel point il peut être question d’une stratigraphie archéologique dans un sol aussi profondément bouleversé. — Avec les morceaux de vases, on a trouvé des terres cuites représentant des femmes, une tète de griffon en bronze, une très belle statuette en bronze du type dit : « Apollon de Ténéa ». Plus au sud, on a recueilli une tête de femme en marbre (type des Athénas); une plaque de marbre fragmentée avec l’inscription en lettres rouges ATSIAS KAAOS ; une statuette en bronze de Zeus lançant la foudre, d’un type fréquent à Olympie ; un fragment de grand vase ( pinax ?) avec deux zones de figures imprimées en relief (cf. plus haut, p. 360) ; le rebord d’un vase noir avec l’inscription 202TPAT02 en grandes lettres rouges; un fragment d’un autre vase plus grand avec l’inscription :
0PEIBEA02 ET70IE2EN FIEP02 THI A0HNAIA2
La même fouille a donné un objet extrêmement curieux : c’est un petit rectangle de pierre (0m,055;0m,02; 0m,018)oùse lit l’inscription suivante :
AY2IQIE02 MIKIIHNA OIAIIN <Î>E2I MA|AI22TA I TON EN I TEI TIOlAEl AN[APEI02 | TAP E2T|I
G est-à-dire : AvcriQ&oç Mixctova çiXsïv cp^or (laXtuia tü>v èv ty) tcôX&i* àvôpsïoî
ydp è<m. Cette déclaration d'amitié est d’une simplicité vraiment charmante et l’on peut prédire de nombreuses citations à l’àvSpeïo; y“P è<rn qui la termine. La date de l’inscription n’est pas exactement fixée; M. Cavvadias hésite entre 450 et l’époque immédiatement antérieure aux guerres médiques.
Au cours de la même fouille, à la distance d’un mètre vers Je nord du mur sud de l’Acropole, on a découvert une nouvelle tète barbue colossale en calcaire poreux, travaillée et peinte comme celle dont il a été question plus haut. 11 devient évident qu’elles ont fait partie l’une et l’autre d’un groupe représentant Héraklès combattant Triton ; celle qu’on a découverte en premier appartient à Héraklès. Il faut noter que la seconde tête est la seule en calcaire poreux qui ait été découverte en dehors de la couche poreuse mentionnée dans le Bulletin du mois de janvier (plus haut, p. 359).
3° Fouilles de Tanagre. — On découvre beaucoup de statuettes et de vases; le nombre des inscriptions funéraires s’élève maintenant à neuf.
4° Fouilles à Icarie, en Altique et à Amorgos.
5» Fouilles à Mycënes. — Déblaiement d’un tombeau à coupole anciennement violé (cf. plus bas).
6° Nouvelles des Musées. — Les inscriptions trouvées sur l’Acropnle seront transportés au Musée central, à l'exception de celles qui ont quelque importance pour la topographie locale ou l’architecture.
Avril. — 1° Antiquités transportées au Musée central. — Grand basrelief confisqué chez M. Skarvouris (voir plus bas); grande tète en marbre d’un Apollon au repos, la main pisée sur le sommet du crâne, travail du ive siècle dans le style de Praxitèle (sculpture inachevée, découverte dans la mer au Laurium); deux tètes de marbre de grandeur naturelle trouvées à Arcésine d’Amorgos par le P Prasinos (me siècle) : l’une représente Hygie, l’autre Esculape. Cette dernière est tout à fait semblable à la fameuse tète de Milo, autrefois chez Blacas, aujourd’hui, hélas! au Musée Britannique, où M. Brunn avait reconnu avec raison Esculape, tandis que M. Overbeck y voyait Zeus. — Une tête de femme, intéressant portrait découvert à Minoa d’Amorgos par M. Deschamps. — Bas-relief votif représentant un éphèbe, tenant de la main droite une phiale où une femme verse une libation, et conduisant un cheval par la bride; derrière lui, un homme, une femme, deux petits serviteurs, enfin une jeune fille portant un objet circulaire sur sa tête. Confisqué chez le marchand d’antiquités Petros Rousos. — Tète en marbre d’homme barbu trouvée à Delphes.
2» Fouilles de ï Acropole. — On a trouvé une grande tête en bronze de griffon, une petite statue représentant un éphèbe nu sur un dauphin (Taras ou Polémon). Les Touilles à l’est du Musée ont fait reparaître des fondations de maisons et une partie d'un grand mur cyclopéen; parmi les décombres, on a recueilli nombre de vases peints, des fragments de statuettes en terre cuite, deux tètes de griffons en bronze, des tessons
du style de Mycènes, enfin une curieuse plaque de bronze avec quatre œillets aux coins, sur laquelle on lit en caractères archaïques (le q est employé) : v
3» touilles (le Tanagru. — M. Koromantsos a recueilli, dans le voisinage des ruines de la ville antique, quantité de vases et de figurines; on s était trop hâté, semble-t-il, d annoncer que les nécropoles tanagréennes étaient épuisées,
— On signale la découverte, sur l’Acropole, d’un bas-relief en marbre représentant la tête d’un cheval; le mors, en bronze, est encore intact. Le 17 mai dernier, on a exhumé une Amazone en pierre calcaire, d un tiers plus petite que nature, peinle de couleurs admirablement conservées, une tête d’homme barbu de même grandeur et un aurige en bronze de style archaïque.
M. Kawerau a publié, dans la Deutsche Bauzeitung (1888, n° 1), un résumé1 des dernières fouilles faites sur l’Acropole, accompagné d un plan qui indique les découvertes les plus récentes, le temple de Rome et Auguste, un palais pélasgique (?) situé au nordouest du temple dorique déblayé entre le Parthénon et l’Érechthéion, la Chalcothèque au nord des Propylées, etc. M. Kawerau regrette (p. 154) que 1 on n ait pu retrouver aucune trace de l'ancien Érechthéion, la lettre de M. Laloux, insérée dans la Revue archéologique*, est peut-être faite pour lui donner satisfaction.
Sous la signature de M. Jhéoxenou, la Gazelle archéologique publie une série d articles relatifs aux fouilles récentes de l’Acropole d, Athènes . Écrites par un homme qui a vu ce dont il parle et qui n est pas étranger à 1 archéologie, ces pages méritent d’être signalées ; mais nous regrettons de voir reproduire par l’héliogravure, en même temps que ces articles, des sculptures déjà publiées nombre de fois, tant dans les Musées d’Athènes et r’Epyjy.epfç que dans les Antike
1. Reproduit dans la Philologische Wochenschrift , 1888, p. 122 (avec plau
8. Gazette archéologique , 1888, p. 28 et pseudonyme de M. Doublet.]
Denkmaeler, la Gazette des beaux-arts, les nouveaux Denkmaeler de M. Brunn 1 et d’autres recueils. La bibliographie des monuments figurés va devenir véritablement effrayante ! Si encore on variait les points de vue des objets que l’on reproduit pour la dixième fois ! Mais c est toujours le même cliché qui sert : on modifie seulement le procédé d’impression typographique. Franchement, il est temps de s’arrêter dans cette voie ; assez de monuments inédits sollicitent encore 1 objectif des photographes.
La Société archéologique d’Athènes travaille à aplanir le terrain
au nord du péribole du temple de Jupiter Olympien, le long duquel s’étendra bientôt une nouvelle promenade. Dans les fouilles pratiquées
cet effet, on a trouvé de nombreuses fondations de maisons du moyen âge et de tombeaux, construits avec des matériaux empruntés à l’Olympiéion. Il y a, parmi les découvertes, quelques morceaux d architecture importants, des fragments de sculpture et des inscriptions, entre autres les piédestaux de deux statues d’Hadrien. L un d eux porte le nom de Statius Quadratus, consul en 142 ; l’autre a été dédié par les habitants d’Apollonie en Cyrénaïque5. On a aussi découvert, près de l’Olympiéion, les restes de thermes romains.
— L ? Athenaeum du 12 mai annonce qu’on a découvert à Athènes, près de la tète de l’égout d’Haghios-Daniel (?), un tombeau construit en briques, contenant un squelette dont la tète et la poitrine étaient recouvertes de feuilles d’or battu.
— En travaillant à l’entour du réservoir public (Ae;apivï]), on a mis au jour quatre tombeaux contenant des vases, dont un d’albâtre, et la tète admirablement conservée d’un squelette qui a été confiée à l’étude de M. Klon Stephanos, directeur du Musée d’anthropologie a
l'Université3.
On a retrouvé la route antique conduisant d’Athènes a 1 Academie dans le voisinage de la fabrique de soie (Mexa?ou?Téiov). La route n’est pas pavée, mais elle présente une surface battue et parfaitement conservée. Dans le voisinage, on a découvert plusieurs tombeaux avec des lécythes archaïques et un disque en terre cuite, sur lequel est figui é un Hermès avec des ailes et des talonnières .
1 Je signale, mais sans la recommander, cette publication grand in-folio, dont le prix de souscription est de... 2,000 francs! Aucune livraison m aucune planche ne pouvaut être vendue à part, on voit que l’éditeur de cet ouvrage veut le bien du public, mais le public sera-t-il assez naïf pour ceder son bien a cet éditeur?