‹ Chroniques d'OrientChapitre 195 sur 410 · Philologische Wochenschrift, 1888, p · texte numérisé non relu

Philologische Wochenschrift, 1888, p

Au-dessous de la couronne :

ITEcDANOlIIN 01 2YITENEE2 nAEYPEAAAl

(Lecture tout à fait certaine; 2 à branches parallèles; TT à crosse débordante et jambage de droite presque aussi long que celui de gauche).

Les jufyeveïç IÎAeupedtsa! ne me sont connus ni à Myrina ni ailleurs.

— Nous lisons dans le Journal des Débats du 17 mars 1888 :

On a vendu mercredi (14 mars) à l’hôtel Drouot une intéressante, collection d'antiquités, comprenant notamment de remarquables spécimens de figurines en terre cuite. Une statuette de Vénus assise sur un rocher, de Myrina, a été adjugée 740 francs; une autre, de même provenance, et représentant deux femmes drapées debout, s’est vendue 800 francs; une statuette en terre cuite d’Asie Mineure, représentant Thétis assise sur un dauphin et tenant le casque qu’elle va porter à son flls Achille, 1,300 francs; une femme agenouillée devant un vieillard qui conduit un jeune homme par la main, 1,725 francs ; enfin, une jeune fille assise de face sur un dé oblong, un éventail à la main gauche, appuyée sur le siège, la tète penchée contre la main droit levée qui soulève le pan du manteau pour essuyer une larme, 1,580 francs. Ces deux dernières pièces ont été acquises par un amateur de Rouen, M. Bellon.

Le catalogue illustré publié à l’occasion de cette vente comprend 176 numéros, à savoir : 4° dix-huit objets égyptiens; 2° vingt et une verreries chypriotes, treize objets divers, sept vases et une statuette en calcaire de même provenance; 3° neuf verreries, six bijoux d’or et onze objets divers de Phénicie ; 4° vingt-neuf objets de Rhodes ; 5° quatorze terres cuites de Myrina ; 6° vingt-quaire terres cuites de Myrina, de Smyrne, etc. ; 7° six verreries, trois bronzes et un poids de plomb envoyés de Smyrne; 8° trois terres cuites dites d’Asie Mineure; 9° cinq vases polychromes trouvés à Apollonia de Thrace; 10° cinq lots de verreries. Parmi les photolypies, les plus remarquables sont la pl. I [éléphant portant sur son dos un groupe de deux jeunes filles, Myrina, n° 126), et la pl. IV [groupe de deux femmes, Myrina, n° 147, le meilleur exemplaire connu de ce motif, dont il existe une réplique médiocre au Louvre). Nous énumérons ici rapidement ceux des objets vendus qui présentent un intérêt sérieux pour les études archéologiques :

Noa 17, 18. Tableaux gréco-égyptiens sur bois de sycomore ( Comptes

rendus de l'Acad. des inscr., 1887, p. 229). — 40. Deux feuilles d or estampées de Chypre, de style primitif, représentant chacune un dieu debout sur un quadrupède. — 55. Askos chypriote en forme de chèvre couchée. — 56. Amphore à figures rouges de Chypre : un jeune homme coiffé d un pétase présente un coffret à une jeune fille assise; derrière, une femme debout tenant deux rameaux fleuris. Deux éphèbes, dont l'un tient un strigile, près d’un cippe paleslrique. — 57. Coupe à figures rouges, de Chypre : Amazone nue et accroupie. — 58. Askos chypriote à figures rouges, cygne et panthère; autre avec faon couché et faon paissant; autre avec enfant nu jouant avec un bélier. Le catalogue énumère ces objets avec l’indication de provenance ; Chypre-, l’origine exacte est Polis tis Chrysokhou , où les vases en question ont été découverts par M. Richter.

Nos 68. Urne cinéraire en pâte de verre verdâtre, avec couvercle en plomb . Phénicie. — 69. Masque scénique en verre doublé, vert et blanc avec irisation dorée; cinq osselets en pâte verte, bleue et blanche. Phénicie. — 71. Bague d’or avec une pierre gravée en sardonyx, représentant un paysage; sur le premier plan, deux barques de pêcheurs; sur le second plan, une montagne, une jetée et deux temples. Phénicie. — 73. Pendeloque en or estampé. Plaque circulaire , représentant des fleurs plantées dans un vase et, de chaque côté du vase, un lapin (?). Phénicie. — 77. Amulette en bronze phénicienne avec saint Georges à cheval combattant le dragon et l’inscription ; € I C GEOC O NIKCON TA KAKA- — 82. Deux dents fossiles ayant servi d’amulettes. Phénicie. — 105. Poids en verre verdâtre portant une légende coufique. Rhodes. — 109. Balle de fronde en forme d’olive ; de chaque côté, un foudre et les lettres PO, initiales du nom de Rhodes. On peut rapprocher de cet objet une pointe de flèche en bronze avec la marque ME (Meamiviuv), recueillie près de fltliôme par le voyageur Bartholdy ( Voyage en Grèce, trad. franc., Paris, 1807, t. II, p. 258 et gravure).

Nos 117. Léda debout avec le cygne à gauche ; au revers de la base, signature FIAT7IOT. — 123. Muse Uranie, assise de face et les jambes croisées, regardant un globe posé sur une base carrée à sa droite ; plus loin, à droite, une statuette d’acteur, au masque satyresque, supportant un cadran solaire (?). - 125. Éros debout caressant un faon ; à sa gauche, une figurine de déesse drapée sur un piédestal (cf. Nécrop. de Myrina, p. 457, flg, 53). Au revers, CC0- — 127. Jeune fille conduisant un vieillard ; au revers NIKOCTPATM- Ces quatre figurines viennent de Myrina.

Nos 140. Jeune fille agenouillée, les bras étendus (Psyché?). — 141. Vénus debout, déliant une de ses sandales. J’ai donné une liste de soixantedix répliques de ce type (Nécropole de Myrina, p. 286) ; je pourrais en ajouter dès maintenant au moins une douzaine, parmi lesquels d’admirables statuettes en bronze de la collection de Clercq. — 142. Petit apoxyomène (cf. Nécropole de Myrina, p. 164); au revers un <J>. Myrina. —

144. Hercule nu, debout, couronné de feuilles; au revers AIOIAOY. Myrina. — 145. Grande figure de Vénus drapée (h. 0",29), portant un Amour sur son épaule gauche. Myrina. — 146. Vénus assise sur un rocher, les jambes croisées. Myrina.

N°s 158. Verre envoyé de Smyrne: panse carrée; dessous, rectangle à trois compartiments, avec la marque du verrier S ■ I • L • en relief et à rebours. — 162. Sceau oblong, portant lalégende MAfNOY: sur la poignée, un dauphin gravé en creux. Venu de Smyrne. — 163. Poids carré portant les légendes APTE et MNH, autour d’un carquois et d’un arc. Éphèse.

On nous excusera de ne pas insister sur les n°s 164-166 (cf. la Classical Review, 1888, p. 119, 153 et suiv.)1. Les vases polychromes trouvés à Apollonia de Thrace (n°> 167-171) sont des aryballes d’un style curieux rehaussés de dorure et de couleurs vives (blanc, bleu, pourpre): les sujets se rattachent au cycle d’Éros.

— Un autre venle d’antiquités a eu lieu le mercredi 30 mai à l’Hôtel Drouot; on en a publié un bon calalogue avec six planches. Signalons (n° 30) une grande intaille sur améthyste, représentant la Victoire assise écrivant sur un bouclier; (n° 32) un singulier médaillon ovale en chrysolithe portant le buste casqué et cuirassé deRomulus Auguslule, avec la légende ROMVLVS MOMILLVS. Parmi les cylindres orientaux, il y en a un (n° 58, pl. I) qui est de travail hittite : on voit un dieu posant son bras gauche sur l’épaule d'un homme vêtu d’un manteau; derrière ce groupe, un adorant, puis deux petits sphinx affrontés (motif grec) et un oiseau les ailes éployées entre deux bouquetins. Un autre cylindre (n« 65, pl. I) porte une légende phénicienne. Parmi les vases, signalons une tasse en verre violet (n° 92) munie dans le haut d’une petite rigole et de deux appendices qui sé terminent en pointe ; un fragment de coupe en verre blanc jaunâtre (n° -109) orne de dessins et d’inscriptions gravés à la meule, entre aulres d un buste drapé de l’apôtre Paul avec la légende PAVLVS. Un médaillon ovale en pâte blanche doublée de bleu, de style alexandrin comme le vase Portland, offre une têle de profil qui ressemble à celle d Auguste. Parmi les terres cuites, nous remarquons un couvercle en poterie trouvé à Rhodes (no 127, pl. II), avec des figures d’hommes et de chevaux d un dessin grossier accompagnées de quelques caractères grecs. Citons aussi une fibule en or (n» 145) d’un admirable travail, un manche de strigile (n« 159) orné d’un dessin niellé qui repré-

Torrïans^t ^ re^°duU Plu3 lohl'J Voir aussi une lettre de M. Cecil

lelZ l r ( ma‘ 188S’ P’ 639)’ aU suJ'et des cuites actuel¬

lement exposées au Burlington Fine Arts Club.

sente un jeune lutteur debout levant les deux bras, un beau masque d’ Hercule en ambre (n° 176), acquis par le Musée du Louvre. Les planches III-VI reproduisent des figurines de terre cuite; les deux dernières (n03 134 et 135) sont une femme assise groupée avec un Éros. Si l’on compare la figure de la planche V avec la planche VI du catalogue du 14 mars, dont nous avons parlé plus haut, on attribuera sans hésitation ces deux statuettes au même atelier : or, la planche VI du premier catalogue porte l’indication de provenance : Asie Mineure, tandis que les deux groupes publiés dans le catalogue du 30 mai sont attribués à Tanagra. Serait-ce une faute d’impression?

—Dans un méchant catalogue anglais d’une vente faite chez MM. Sotheby, à Londres, le 7 juin dernier, je trouve la mention d’un bon nombre de terres cuites sans indication de provenances. Les descriptions sont insuffisantes et il n’y a pas de gravures : aussi ne puis-je que signaler en passant, à cause de l’intérêt des sujets, un groupe d’Éros et Psyché (n° 118), un acteur comique sous les traits d’un pêcheur, portant un panier au bras (n° 119), un jeune guerrier armé de pied en cap (n° 122). Le n° 132 est un groupe recenlly discovered in Boeolia, représentant une femme sur un rocher avec un cygne auprès d’elle. Citons encore le n° 138, une belle coupe deMégare avec reliefs, et un celt. de bronze provenant, au dire du catalogue, d’Alexandrette (n° 259). On assigne la même provenance à un certain nombre de haches polies en jadéite ( mottled jadite), ce- qui ne laisse pas de surprendre. Nous ne saurions trop regretter la négligence avec laquelle sont publiés les catalogues des antiquités vendues à Londres ; qui donc charge-t-on de les rédiger1 2?

Tralles. — Les trouvailles faites à Tralles, que nous avons mentionnées dans notre dernière Chronique % sont d’une réelle importance : une statue de femme drapée, deux fois plus grande que nature, à laquelle manquent la tète et les bras, et un buste colossal, admirablement conservé, que nous nous dispensons de décrire avec détail, M. Collignon s’étant chargé de le faire connaître aux lecteurs de la Revue (1888, pi. XIV.) Le sexe du personnage représenté est d’une ambiguïté singulière, qui fait songer à ces jolis vers d Àusone ( Epigr ., CVII) :

Dum Oubliai natura marem faceretne puellam,

Factus es, d pulcher, paene puella, puer.

1. La partie principale du même catalogue est une importante collection de vases formée en Étrurie par J. Hamiltou Gray.

Page 1