‹ Chroniques d'OrientChapitre 197 sur 410 · Cf. Revue archéol., 1888, I, p · texte numérisé non relu

Cf. Revue archéol., 1888, I, p

Rey en arrivèrent à conclure que ce sarcophage n'est autre que celui d'Alexandre le Grand. Il sera peut-être intéressant de donner un résumé de ce rapport. M. Carabella dit que ce qui fait présumer à première vue que le sarcophage représentant les victoires d’Alexandre contre les Perses n’est pas celui de l’illustre roi de Macédoine, c’est la croyance qu’Alexandre le Grand lui-même a été enterré à Alexandrie. Mais il ne faut pas oublier que plusieurs auteurs hésitent à croire que le héros ait été inhumé dans cette ville. Ce doute des savants, le caractère du travail, l’exquise beauté du sarcophage, le fait qu’il était placé à côté de celui d'un roi de Phénicie ami du grand roi macédonien, tout donne lieu de croire que c’est bien là celui d’Alexandre le Grand. En outre, il n’est pas probable qu’Alexandre eût placé sur le tombeau d'un de ses généraux ses propres emblèmes et permis qu’on inscrivît comme dues à ce guerrier, « à lui seul », des victoires qui étaient sans précédents. Ces mots « à lui seul », inscrits à un endroit où d’habitude on ne sculptait que les plus brillantes actions, suffiraient pour prouver que c’est celui d’Alexandre même'. Dans un second rapport, M. Carabella donne encore d’autres preuves à l’appui de son assertion. Les sculptures représentant les Perses symbolisaient la conquête de l’Asie Mineure, et la chasse d’Alexandre près de Suse, où on le voit servi par des Grecs et des Perses, doit être l’emblème de la paix et de l'assimilation de la conquête. Le cadavre est en outre entouré de bandelettes, ce qui n’est pas le fait pour ceux d’autres généraux découverts tout près. M. Carabella explique longuement comment Ptolémée a été trompé et comment le corps du héros se trouve en Phénicie. Ces rapports ont frappé Hamdi-Bey, MM. de Radowitzet Mordtmann, qui sont convaincus maintenant que le sarcophage est vraiment celui d’Alexandre. Sur la demande de Hamdi-Bey, qui est directeur du Musée archéologique, le Sultan a autorisé la construction dans cet édifice d'une salle spéciale où sera placé ce précieux sarcophage. »

Nous pouvons garantir l’exactitude du résumé publié par la Correspondance politique — sauf en ce qui touche l’existence de la prétendue inscription « à lui seul » — ayant sous les yeux la copie du rapport même de M. Carabella. M. Tito Carabella n’est pas un inconnu pour les lecteurs de la Revue archéologique : il a autrefois communiqué à M. Perrot, qui les a publiés ici-même, des inscriptions et des monuments figurés découverts par lui à Cyzique. Vers 1868, il était secrétaire du pacha de Tripolitaine, Riza-Pacha; il eut alors l’occasion

1. Il n’y a aucune inscription de ce genre sur le sarcophage; c’est une énorme bévue de la Correspondance politique , qu'a reproduite sans sourciller la Frankfurter Zeitung (10 mars 1888), mais qui a mis en éveil la critique de M. Christian Belger ( Philologische Wochenschrift, 1888, p. 387). M. Carabella, dans son rapport à Hamdi-Bey, n’a pas parlé de cette inscription, dont la Correspondance politique est seule responsable.

d’envoyer au Musée de Constantinople des sculptures de Bérénice et de Leptis Magna que j’ai inventoriées en 1882 *. Je rappelle ses états de services à dessein : l’invraisemblable hypothèse émise par cet amateur au sujet d’un des sarcophages de Sidon, hypothèse qu’il a eu le tort de proclamer urbi et orbi, ne doit pas faire oublier qu’il a été plus heureux jadis comme fouilleur qu’il ne l’est aujourd hui comme exégète. J’ajoute que S. E. Hamdi-Bey a déclaré nettement que les rapports de M. Carabella, loin de le convaincre, l’avaient extrêmement égayé. Je n’ai pas reçu les confidences de MM. Mordlmann et de Badowitz, mais je veux douter, jusqu’à preuve du contraire, qu’ils se soient laissés convaincre même un instant.

Jérusalem. ■ — M. Sayce signale une inscription, déterrée dans le Haram, qui porte ce seul mot : DeseOXioo 1 2 . Il insiste sur l’importance du récent travail de M. Schick : « Beit el-Makdas oder der alte Tempelplatz zu Jérusalem. » C’est la première description complète de l’emplacement du temple et des constructions modernes qui l’ont recouvert.

Égvpte. — M. Schliemann a fouillé à Ramlèh : il y a mis à nu les fondations d’un palais (celui de Cléopâlre, d’après l’opinion du fouilleur) et trois marches d’un grand escalier 3 4 . Puis, en compagnie de M. Virchow, il a remonté le Nil jusqu’à la seconde cataracte à Wadi- Halfa, au milieu de tribus insurgées qui ont fait courir de sérieux dangers aux deux voyageurs *. De retour à Thèbes, il a écrit à un ami d’Angleterre pour se plaindre qu’on l’eût empêché de pratiquer à Alexandrie les grandes fouilles dont il avait conçu le projet, notamment près de la mosquée Nebi-Daniel, où il comptait retrouver le tombeau d’Alexandre, et sur l’emplacement des deux obélisques, où il pense qu’a été le Caesareum5 6.

Après avoir passé le mois de janvier à Chypre, M. Sayce s’est rendu en Syrie et de là, par terre, en Égypte. Une lettre qu’il adresse à YAcademy » contient des renseignements sur Raphia, Rhinokoloura

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