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Chronique des Arts, 22 mars 1889, p

3. Dans la même vente, ou a payé 305 francs une « tête de Périclès, coiffée d’un casque corinthien, marbre de Paros, très belle sculpture du iv° siècle avant notre ère. » C’est trop cher ou trop bon marché.

cropole d’où ils sortent est située dans la Grèce continentale. C’est l’histoire du pays fabuleux des Hespérides, qui recule et se déplace sans cesse devant les progrès de la science mieux informée.

— M. Hoffmann a fait une nouvelle vente à l’Hôtel Drouot le

le 4 juin 1889. Le catalogue, publié dans le même format que les précédents, porte le titre : l'erres cuites de 1 anagra et de Myrina, marbres, bronzes , etc. D’Asie Mineure, il n’est plus question, mais le groupe n° 153, dont le style « asiatique » est trop évident, figure simplement comme « terre cuite grecque », sans aucune indication d’origine. Parmi les objets reproduits sur les planches du catalogue illustré, il y a de fort bonnes choses, notamment deux groupes de Myrina (n°s 121 et 123), d’une authenticité incontestable et bien conservés; quant aux figurines qui sont publiées en phototypies sous les nos 149, 150, 151, 152, je ne puis que répéter à leur sujet ce que j’ai dit plus haut sur les statuettes vendues comme tanagréennes le 16 février 1889. Voici, d’après les Débats, quelques-uns des prix obtenus par les antiquités de cette collection :

Une petite tête de Vénus, marbre antique de l’époque d’Alexandre, les cheveux ondulés sur le front et retombant en chignon sur la nuque, très bien conservée : 1.500 fr. ; une grande figurine de jeune fille en deuil, .assise sur un rocher et pleurant, une des plus belles trouvailles des fouilles de Tanagra : 1,120 fr. ; une jeune femme donnant le sein à son enfant, portant des traces de peinture et charmante d’expression : 2,100 fr. ; une jeune fille assise sur un rocher et lisant une lettre qu’elle tient des deux mains, en curieux vêtements (?) et très gracieuse d’attitude : 830 fr.

— Une publication de grand luxe, due à M. Froehner, a fixé le souvenir de l’exposition de produits céramiques grecs qui a eu lieu à Londres, au Burlington fine arts club, pendant l’été de 1888*. Ce catalogue illustré, qui est vraiment fort beau, n’a pas été mis dans le commerce et j’ai eu toutes les peines du monde à m’en procurer un exemplaire. Les deux principaux exposants étaient M. Branteghem et le marquis de Northampton. Parmi les vases que M. Branteghem a prêtés, se trouve une coupe avec l’inscription singulière : exepap.e uaev à|xà O’r/.wpé/,^?, O’moipsXïjÇ s p. lypxttev (avec des fautes). Les caractères sont attiques, du vu' siècle avant J.-C. J. D’autres vases appartenant au même amateur sont signés des noms de Xénoclès, Hermogène,

1. Cf. Jahrb. des lnstit., 1888, p. 153; Phil. Woch., 1888, p. 1075, 1105. Voir aussi E. Pottier, dans la Gazette archéologique de 1888, p. 168.

2. Les doutes qu’a soulevés l'authenticité de cette coupe ( Philo! . Woch., 1888, p. 1075) ne me paraissent nullement justifiés.

Hermaios, Kachrylion, Euphronios, Hiéron, Xénotimos; le marquis de Northampton en possède trois de Tléson. deux d’Hermogène, deux de Nicosthène, un d’Andocide, un de Pamphaios, un d’Épiktetos, etc. Cette énumération de signatures ne peut pas donner une idée exacte de la belle réunion de pièces rares qui décorèrent pendant quelques mois les salons du Burlington club.

Malheureusement pour eux, ces vases grecs n’étaient pas seuls, et parmi les figurines en terre cuite qui les escortaient, bon nombre appartenaient à cettre tribu sans état civil qu’on peut nommer le demimonde de la céramique. C’est à propos d’elles que M. Froehner écrivait, dans une introduction d’ailleurs vive et spirituelle (je traduis l’anglais de M. Froehner) : « Arrivons maintenant à l’Asie Mineure, c’est-à-dire aux terres cuites qui ont eu la fortune d’accroître de la manière la plus étonnante le patrimoine de la science et d’embarrasser les savants. Nous ne soulèverons pas de discussions irritantes. Nos visiteurs iront tout droit à la vitrine qui contient ces grands groupes. Ils y verront une merveille : Dionysos conduisant un taureau (214) l 2 3, puis, à côté, une Néréide assise sur un hippocampe (220), l’enlèvement d’Europe (218), le joli groupe d’Éros poursuivi par un cygne (230), Éros assis sur un dauphin (240)... Ces splendides spécimens n’ont rien de commun avec l’art de la Grèce propre... En Asie, les sculpteurs appartiennent à l’école romantique ; ils empruntent leurs figures à la vie, telles qu’ils les voient marcher et gesticuler; ils froissent en mille plis les draperies qui flottent, au vent... L’endroit précis où ces terres cuites ont été découvertes est inconnu, car la loi turque interdit la recherche et l’exportation des antiquités, mais il est certain qu’elles viennent des environs de Myrina s. Les doutes quelles ont soulevés ne sont pas sérieux. D’ailleurs, les adversaires de leur authenticité sont rares et la forme adoptée par ces critiques est tellement contraire à la dignité des questions scientifiques qu’il n’est pas aisé d’y répondre scientifiquement. »

Quelques protestations se sont pourtant élevées, pendant la durée même de l’expositionL M. Froehner y a répondu dans V Athenaeum

1. Nous connaissons depuis longtemps cette « merveille » ; cf. Revue arche'ol., 1886, II, p. 94. Ce groupe était alors à Constantinople, dans la collection de M. Branteghem.

2. Je traduis intentionnellement ce long passage écrit par M. Froehner en 1888; on comprendra pourquoi, si on a lu avec attention ce qui précède (au sujet des ventes faites à l’Hôtel Drouot). The italics are mine , comme disent les critiques anglais.

3. M. Mayer, Philol. Wochenschrift , 1888, p. 1107;' Cecil Torr, Athenaeum,

(1888, I, p. 734), mais sans autre argument que des insinuations malveillantes à l’égard d’un tiers, M. Ravaisson, lequel n’avait rien à voir dans ce débat. Le dernier mot resla à M. Torr ( Athenaeum , 1888, I, p. 769), qui fit remarquer à son adversaire que mes articles de la Classical Review sur celte question n’avaient pas encore trouvé de contradicteur *. Ce qui était vrai en juin 1888 l’est encore en juin 1889, et M. Ramsay a pu écrire depuis® que le monde des archéologues avait été convaincu par mes arguments. Il m’est permis de redire ici — jel’ai déjà imprimé dans une revue américaine [The Nation, 20 sept. 1888), — que M. Kekuléest de ceux qui partagent tout à fait mon sentiment sur ce point : « Je n’ai pas cru un instant à l’authenticité des groupes en terre cuite dits asiatiques », m’écrivait-il en réponse à l’envoi de mon travail de la Classical Revieiu. Y croit-il davantage depuis qu’ils ont été rendus à la Grèce propre? Cela est plus que douteux.

Le Sipyle. — On doit à M. Cari Humann ! une étude accompagnée d’une planche et de vignettes sur la forteresse de Tantale dans le Sipyle1. M. Humann pense que les anciens ont réservé le nom de Sipyle au Manissa-Dagh, l’un des trois massifs qui forment le Sipyle actuel, dont le nom a été abusivement étendu. Il identifie l’Acheloos à la gorge profonde dite Jarik-Kaia, mais refuse d’admettre, aveeM. Schweisthal que la Niobé homérique se retrouve sur un rocher voisin : « Ni moi ni personne, dit-il, n’avons pu reconnaitre-là une figure de femme. » A 300 mètres de hauteur, il a découvert une acropole Irès ancienne parsemée de cavités taillées dans le roc et présentant notamment une

1888, p. 639 et 769. M. Murray a écrit dans YAcademy (28 juillet 1888, p. 58) en parlant des groupes du Burlington Club : « So far as artistic conception is concerned, I would reject them unhesitatingly as foreign in spirit to ail that is known of ancient Greek art. On the other haud, so far as concerns the material aspect of these figures, the state of the surface and such like details... I hâve, at présent, been unable to convince myself adversely. We must wait. » M. Murray dit ailleurs que le groupe de « Dionysos et le Taureau », vanté comme un chef-d’œuvre par M. Froehner, lui parait « répulsive in style and quite feeble in execution », à tel point qu’il ne peut pas croire qu’un ancien Grec se soit rendu coupable d’un pareil travail.

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