‹ Chroniques d'OrientChapitre 287 sur 410 · AeXtiov, 1889, p · texte numérisé non relu

AeXtiov, 1889, p

3. Belger, Beitraege zur Kentniss der griechischen Kuppelgraebcr, Berlin, 1887; Tsountas, ’Ecpv)p.spï; âpxoaoXoYcxv), Athènes, 1883, p. 198; Wolters, Athen . Mittheil., 1889, p. 113; Stillman, The Nation, 8 août 1889; The Athenaeum, 27 juillet 1889, 19 octobre 1889; American Journal of Archaeol., 1889, p. 380 ; Philologische Wochenschrift, 7 septembre 1889.

4. Vaphio marque peut-être l’emplacement de l’ancienne Pharis, située sur la route d’ Amyclées à la mer (Paus., III, 20, 3). Cf. Mure, Tour in Greece, t. II,

mière description exacte de ce monument fut publiée par le colonel anglais Mure dans le Rheinisches Muséum (t. VI). MM. Conze et Michaelis, en 1861 (Annali clell' Instituto, 1861, p. 49), précisèrent un peu la description de Mure en publiant un plan sommaire de la colline. Mais ces renseignements étaient encore bien maigres et M. Ghr. Belger, dans son excellent opuscule sur les Tombeaux à coupole delà Grèce préhistorique, publié en 1887, insistait avec raison pour que l’on étudiât plus exactement la tombe de Vaphio.

Ce travail a été entrepris en 1889 aux frais de la Société archéologique d’Athènes. Les fouilles, dirigées par M. Tsountas, durèrent environ quarante jours, du 23 au 31 mars et du lor mai au 3 juin La coupole ( tholos ) a de 10™, 15 à 10™, 35 de diamètre; comme les murs du couloir d’entrée, elle est construite en petites plaques, qui se sont conservées jusqu’à une hauteur de 3 mètres environ. Le sol, qui est formé par le roc naturel, était presque partout recouvert de terre noire et de fragments de bois carbonisé qui attestent la présence de foyers, c est dans cette couche qu’on a recueilli les offrandes funéraires qui étaient dispersées un peu partout, sauf dans le tiers du tombeau voisin de l’entrée. Ces objets sont très importants pour l’archéologie : il y a notamment quatorze pierres gravées, du type insulaire; deux bagues en or, dont 1 une porte une représentation figurée, un homme devant un arbre, tendant les mains comme dans l’acte de l’adoration, avec une femme auprès de lui ; deux petits poissons découpés dans une mince lame d or; des clous en argent et en bronze; de petits ornements, en particulier des rosaces el des feuilles d’or; des grains de collier en pierre et en ambre; des restes d’assez nombreux objets en ivoire, etc. On a découvert très peu d’ossements; la plupart avaient subi 1 action du feu, mais M. Tsountas déclare ignorer s’ils appartenaient à des hommes ou à des animaux.

Dans la moitié septentrionale de la tholos, on a déblayé une fosse quadrangulaire creusée dans le roc, longue de 2">,25, large de 1™ 10 et profonde de 1 mètre. On n’y a recueilli ni ossements ni charbon/ce qui fait supposer à M. Tsountas que c’était une tombe à inhumation, où les ossements se sont complètement réduits en poussière. A une des extrémités de cette fosse, on a trouvé une épée qui était fixée à sa poignée par trois clous en or; cinq poignards et couteaux de différentes grandeurs; deux pointes de lance; un disque en bronze; quatre disques épais en plomb; deux vases en albâtre; quatre vases en terre

p. 246; Leake, Morea, t. Ht, p. 3; Pdoponnesiaca, p. 334; Curtius, Pelopornesos, t. il, p. 248.

cuite; un petit vase en argent; un autre de même forme en bronze. Vers le milieu du tombeau, on a recueilli quatre-vingts grains de collier en améthyste, deux pierres gravées et un poignard de bronze recouvert de feuilles d’or. Tout auprès étaient deux vases en or ornés de représentations en relief extrêmement curieuses (des hommes chassant des taureaux), deux vases en argent sans décoration, une phiale d’argent dont le rebord et le manche sont dorés, treize pierres gravées, trois bagues, dont l'une est sans décoration, la seconde en bronze avec des gravures que M. Tsountas ne décrit pas, la troisième en fer. Enfin, à l’autre extrémité du tombeau, on a trouvé un couteau, deux haches (dont l’une présente un caractère tout particulier) et deux disques épais en plomb.

Entre Slavocliori et la colline d’Hagliia Kyriaki, où Ton suppose qu’était placé le temple d’Apollon Amycléen, à quelques minutes vers le sud du hameau de G-odena, M. Tsountas a découvert deux autres tombeaux de la même époque, sans coupole, il est vrai, mais creusés dans le roc, comme ceux qu’on a explorés à Nauplie et à Mycènes. On compte procéder le plus tôt possible à l’étude minutieuse de ces sépultures, qui paraissent être restées intactes.

Dans une notice ultérieure sur les trouvailles de Vaphio, M. "Wolters nous apprend que les épées découvertes sont tout à fait semblables à celles de Mycènes. Un des poignards montre des traces d’une ornementation en or analogue à celle des poignards mycéniens qui ont été publiés en couleurs dans le Bulletin de Correspondance Hellénique (1886, pl. I, II, III). Les pierres gravées sont d’un admirable travail : outre les représentations d’animaux, si fréquentes sur les objets de cette classe, on y voit un certain nombre de figures humaines, tantôt vêtues de longues et larges draperies, tantôt presque nues. M. Wolters n’a pas assez d’éloges pour les deux vases à boire en or munis d’anses, dont l’extérieur est entièrement couvert de sujets en repoussé. Ces sujets se rapportent à des scènes de la vie ordinaire, probablement à la capture de taureaux que nous devons nous représenter comme vivant à l’état demi-sauvage. Sur une des coupes on voit un taureau, se précipitant vers la gauche, qui a saisi un homme par ses cornes et le jette à terre. Auprès du taureau est un second personnage au moment de tomber, comme si le taureau furieux venait de le renverser en passant. Plus loin, sur la droite, un taureau, pris dans une sorte de filet fixé à deux arbres, s’est abattu ; enfin, plus loin, un taureau s’enfuit vers la droite. Sur la seconde coupe, un taureau passe à gauche devant un arbre : un homme l’a attaché par le pied gauche et marche derrière lui. Puis on aperçoit deux taureaux

debout à côté l’un de l'autre, et un troisième qui s’avance la tête baissée. Ces reliefs sont remarquables, non seulement parleur intérêt archéologique, mais par l’excellence de l’art dont ils témoignent. Ce sont les premiers produits de l’art mycénien où la figure humaine soit représentée avec soin et dans des dimensions suffisamment grandes pour qu’on en puisse étudier le style. Le costume des hommes est très singulier . Ils portent de longs cheveux et sont presque nus, avec une épaisse ceinture qui passe autour de leurs reins et se prolonge de part et d’autre par un petit tablier. Ils portent aussi des chaussures avec des extrémités un peu relevées et qui montent en bandes horizontales jusqu’au milieu du mollet. L’ensemble de ces scènes rappelle d’une manière frappante la peinture murale découverte à Tirynthe par M. Schliemann ( Tirynthe , pi. XIII), où l’on avait d’abord reconnu une sorte d’acrobate se livrant à de périlleux exercices audessus d un taureau lancé au galop. Il faut renoncer à cette interprétation et expliquer la peinture de Tirynthe d’après l’analogie des scènes de chasse de Vaphio *.

— M. Stillman a décrit les trouvailles de Vaphio dans le 'limes du 10 octobre et dans la Nation&u 8 août 1889. Il insiste sur le fait que, dans la tombe inviolée de Pharis, on a trouvé in situ des objets appartenant à une même période, tandis que dans celles de Myeènes des objets analogues apparaissent mélangés à d’autres d’une époque plus tardive. « Je crois, ajoute-t-il (dans le Times), que nous avons la clef de cette difficulté dans le passage de Diodore de Sicile qui raconte comment les Galatesde Pyrrhus, ayant appris que les tombes royales de la Grèce contenaient des trésors, commencèrent à les piller, et que le roi, ayant besoin de ces mercenaires, fut impuissant à arrêter leurs déprédations. » C’est toujours la même thèse, que nous avons déjà plus d’une fois exposée ici1 2. Dans son article de la Nation, M. Stillman écrit : « Le petit cercle druidique au-dessus des tombeaux indique une intervention celtique ». Mais il faudrait commencer par prouver que les Celtes du Danube et de l’Asie Mineure ont construit des cromlechs ! L’absence de gemmes insulaires dans les tombes fouillées parM. Stillman est une objection de plus de valeur, mais j’avoue qu’elle me semble aussi peu propre que les autres à jus-

1. M. Marx a rapproché du taureau de Tirynthe quelques monnaies archaïques de Catane (Jahrb. des Instit., 1889, p. 118) et a voulu y reconnaître l’image d’une rivière de l'Argolide au-dessus de laquelle plane uu démon local. Cette hypothèse doit être abandonnée; cf. Wolters, ibid., p. 121,

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