Revue des Études grecques, 1889, p
voir la grécisation d’un mot sémitique analogue à TND, lumineux , (d’où le nom propre Meïr), de UN, lumière *. Il y a aussi dans le livre de M. Hogarth quelques inscriptions en caractères chypriotes, par exemple à la page 32. A la page 63 est publiée une dédicace grecque à des '/pîoœûXaxîî par un chef de bureau et son commis; l’éditeur semble ne pas connaître le travail de M. Dareste à ce sujet [Bull, de Corr. Hellén., t. VI, p. 241), sans quoi il ne dirait pas que le mot XpeoftfXaxe; est nouveau (cf. ibid., p. 244). Une inscription de Soli (p. 114) parait mentionner le proconsul Sergius Paulus dont il est question dans les Actes des Apôtres (xiii) ; c’est là une rencontre très intéressante. A Larnaca tis Lapilhou (p. 113), M. Hogarth s’est assuré que l’épithète de Poséidon sur une inscription connue (Le Bas-Waddington, n° 2779) se lit Napv[â]y.ioç et non Aapv[dt]"/aoç. « Gela dissipe, ajoute-t-il, l’illusion agréable que Larnaca serait un nom antique. » Pas du tout! Napvaxicç donne Aapvà'/.toç par dissimilation comme Bononia a donné Bologna.
— Le Journal of Hellenic Studies (1889, p. 281) a publié une notice très sévère sur le programme de M. P. Herrmann, dont il a déjà été question ici1 2. L’auteur, qui signe J. -A. -R. M.funro] et qui connaît évidemment les lieux dont il parle, nie que l’on soit en droit de distinguer deux nécropoles, celle de Marion et celle d’Arsinoé, dont l’une contiendrait des objets archaïques et l’autre des objets récents3. Il s’insurge avec raison contre la tendance dangereuse qui consiste à fixer, d’après leur aspect, la date des terres cuites et des poteries de Chypre, où le style traditionnel est si longtemps resté en honneur.
Asie Mineure. — M. Contoléon a publié dans les Mittheilungen d’Athènes une longue série d'inscriptions asiatiques, dont quelquesunes sont mal copiées, déjà connues ou insignifiantes4. Je me con-
1. Cf. le grec pivapov et l’hébreu mVD (Robertson Smith, The religion of the Semites, 1889, p. 183). 11 est vrai qu'il s’agit ici d’un aïn et non d'un afepà; mais on peut admettre que le mot gdcyîipoç n’a pas été sans influence sur la forme du vocable grec.
2. Revue archéol., 1889, II, p. 122. Voir un compte rendu du même travail par M. Dümmler dans la Phi/ol. Woch., 1889, p. 1113.
3. Cette manière de voir a été indiquée d’abord par M. Dümmler, Jahrb. des Instit., t. II, p. 168.
4. Athen. Milth., t. XIV, p. 88-114. Provenances : Pergame, Myrina (déjà publiée ici-même), Bazar-Kioï en Mysie, Pordoseléné, Cadoi, Baglitza, Thyatira, Vorlos, leSipyle, Smyrne, Lébédos, Colophon, Coloé(?), Kilbia, Hypaepa, Erythrée, Sarnos, Magnésie du Méandre, Traites, Philadelphie, Simav, Laodicée, lasos, Chuluk (port de Mylasa), Mylasa, Sykiné, Antioche de Pisidie.
tente de signaler ici les plus importantes : p. 98, dédicace Ad Kpap.t|/ï)viï> (épithète nouvelle); p. 91, dédicace des ’Op'/.iGxr^oî; dédicace d’un ijéavsv à l’époque romaine; p. 93, opsi des Mopp.évoeiç, d’''EXoç et de Soxouivôç (?) sur le Sipyle; p. 95, tj%iap.a Kop-riç jxujtwv arfAoü y.xl èvêxTÛv xôv èv Sp.ûpvï) ( quid?); p. 95, Aiorjuioç AvSpssu nspTïEpr^’.oç slp-yjvap'xtov (à Smyrne) ; p. 96, liste de noms, entre autres Mépwp.oç (cf. Mowat, Revue archéol., 1888, II, p. 145) ; dédicace à Apollon Ki(jaXauoï)véç (Smyrne; on connaissait déjà, par une autre inscription de Smyrne, un Apollon KijauXo§âï)VÔç) ; dédicace de la KoXorjvûv rSh'.ç, trouvée à Keles, à cinq heures d’Odemiseh1 ; p. 99, inscription mentionnant le KiXStavûv Sv;p.oç et les Ap-cep-ïriia d’Hypaepa (cf. Revue archéol., 1885, II, p. 114); p. 101, dédicace des Romains, des Smyrnioles, des Coloplioniens, des Éphésiens, des Magnésiens du Sipyle, des Cyméens, des Myrinéens, des Clazoméniens, des Téiens, des Lébédiens à un Romain dont le nom est écrit en latin et, en grec ( Ephem . epigr., V, p. 58, avec des différences) ; p. 102, épitaphe d’un nommé Mavxaaç à Samos; p. 105, mention des Bxtn- Xeia -cct èp. BoiwtsIç, fêtes instituées après Leuctres; p. 106, dédicace à Anaïtis (Tralles) ; p. 108, dédicace à Artémis Astias ( Journ . Bell. Stud., t. VIII, p. 114); p. 113, dédicace de Basile, évêque de Mylasa, à la gloire de Jésus-Christ et du prolomarlyr Étienne; comme on sait que le sanctuaire de ce martyr, où l’inscription a été découverte, était situé au lieu dit Aeu'/.y; Kwp.^, près de Eimvrj, on peut désormais placer ces localités près de Sech-Keiii, à une heure vers l’est de Mylasa (cf. Bull, de Corr. Hellén., t. XII, p. 24, 28).
— - Une seconde série d’inscriptions asiatiques a été publiée par M. Cichorius 2 . L’une d’elles, une épitaphe de Nicomédie, est le premier exemple d’une inscription métrique funéraire en anapestes; une autre identifie définitivement Milétopolis à Mouhalitch. Dans un texte de Mitylène, il est question d’un <poivmoYp«poç ; M. Cichorius y voit eine unbekannte Würde, mais il me semble plus raisonnable d’y reconnaître un écrivain ou secrétaire ruhro scribens (cf. le Ihesaurus, s. v. èpuôpsypâçcç) 3. Signalons encore une longue inscription en dialecte éolien, engagée dans la forteresse de Mitylène, qui paraît méri-
1. La même inscription est dans le Moutreîov, I, p. 136, mais avec la lecture KoXoaivtov.
2. Athen. Uitth., t. XIV, p. 240-261. Provenances : Nicomédie, Nicée, lac Ascanius, Cius, Daskylion(l) Apollonie en Mysie, Milétopolis, Lopadium, Germe (?), Sardes, Mytilène, Éresos.
3. Dans une autre inscription lesbienne (Athen. Mitth., t. XI, p. 288), il semble y avoir cpoivtxoYpdçoç ypappaxeO;.
ter une étude sérieuse d’après les fragments que M. Cichorius a pu en donner. Enfin, une inscription gréco-latine d’Érésos, dédicace à Julie l’ainée, nous apprend que cette princesse était identifiée à Venus, genetrix et nous donne l’équivalent grec ’AçpoSfnj Fs'ri'stpa.
— M. C. Cichorius a communiqué à l’Académie de Berlin (séance du 2 mai 1889) cinq inscriptions d’Apollonia ad Rhyndacum, d’Ouloubad (Lopadium), de Sardes, de Mitylène et d’Érésos.
— Un officier allemand, M. W. von Diest, a publié, dans les Mittheilungen de Petermann *, le récit d’un voyage de Pergame jusqu’au Pont à travers le Didyme, avec deux cartes à grande échelle : 1° la région du Caïcus et du bas Hermus ; 2U itinéraires en Phrygie et en Bithynie. Un voyage en Bithynie de M. B. Schwartz, publié sous forme d articles dans 1 ’Ausland, a été réuni en un volume avec une carte1 2 3.
M. Gurlitt a donné dans la Philologische Wochenschrift deux articles critiques, avec des corrections intéressantes, sur les recueils épigraphiques de M. Sterrelt 3. D’autres articles sur le même sujet ont été insérés dans la Classical Revieiv par MM. Piamsay et Weir Smyth 4.
Amisus. — Quelques inscriptions de cette provenance ont été reproduites sans transcription par M. Dimitsas; les mauvaises copies qu’il en a données sont dues à l’évêque actuel d’Amasia 5. On peut se demander si une pareille publication était digne des Mittheilungen d’Athènes.
Troie. — Au mois d’août 1889, pendant le Congrès international d'anthropologie et d’ archéologie préhistorique tenu au Collège de France, je fus chargé de résumer à l’une des séances un nouveau mémoire de M. Boetticher sur les découvertes d’Hissarlik 6. M. Schliemann, qui était présent, répondit avec vivacité et offrit, de faire procéder sans délai à de nouvelles recherches en présence de M. Boetticher et de témoins. Après un long échange d’aménités par la voie de la presse allemande et autrichienne, les fouilles promises purent avoir