Revue des Études grecques, 1889, p
mas Burgon, il faut restituer à Priène le célèbre lièvre en bronze portant une dédicace à Apollon qu’on avait attribué jusqu’à présent à Samos [Brit. Mus. Iriser., n° 230)'.
Ephèse. — M. Murray a essayé de reconstituer, à l’aide de fragments archaïques découverts par M. Wood, une partie de la corniche du vieux temple d’Ëphèse2; il y avait là des groupes importants de bas-reliefs, disposés entre des tètes de lion formant gouttières. Le seul motif que l’on puisse reconnaître est une Cen tauromachie. Le style rappelle celui de la tombe des Harpyes, qui remonte à 450 environ avant J.-C. M. Murray a aussi restitué une colonne ornée d’une sculpture en haut relief qui figure un personnage viril en marche ; c’est peut-être une des colonnes qui avaient été dédiées par Crésus (Hérod., I, 92). M. Elsey Smith a également réussi à rétablir le chapiteau ionique d’une des colonnes du vieux temple (fig. 5 dans l’article de M. Murray). M. Murray suppose que le sculpteur qui collabora avec l’architecte Chersiphron était Boupalos, le fils d’Archermos ; j’ai peine à croire que le fils de l’auteur de la Nike délienne ne fût pas plus habile que celui de la colonne sculptée, car le bas-relief qui la décore est bien médiocre3 4.
Deïrmendjik (route de Tralles à Magnésie). — Le Musée duLouvre a reçu une précieuse inscription découverte en 1886 par MM. Cousin et Diehl dans la maison d'un paysan turc. C’est la copie, faite à l’époque impériale, d’une lettre de Darius, fils d’Hystaspe, à Gadatas son serviteur, qui avait eu le tort de soumettre à l’impôt et à la corvée les jardiniers sacrés d’Apollon. Ce document de premier ordre1 présente malheureusement de nombreuses obscurités, mais il est précieux même pour l’histoire de la botanique, car nous y apprenons que Gadatas a transplanté dans la basse Asie des arbres indigènes de l’aulre côté de l’Euphrate. La seconde colonne, dont il ne reste que quelques mots, suffit à expliquer pourquoi l’inscription a été gravée. A l’époque romaine, les « jardiniers sacrés d’Apollon » s’en sont servis pour revendiquer leurs privilèges. Mais quel est le sanctuaire auquel ils étaient attachés ? Les éditeurs ont pensé à celui d’Artémis