‹ Chroniques d'OrientChapitre 327 sur 410 · Philo/. Woch., 1890, p · texte numérisé non relu

Philo/. Woch., 1890, p

lorsqu’il discourt sur l’antiquité sans être antiquaire. Je prends pour exemple le passage reproduit avec éloges dans le Temps du 16 octobre 1889 et relatif aux figurines en terre cuite. Il y est question des « fabricants de statuettes dont la liberté d’imagination était sans frein et qui reproduisaient, avec fous les types, toutes les scènes de la vie divine et de la vie humaine ». Mais si M. Fontane avait pris la peine d’étudier son sujet, il n’aurait pas écrit cette phrase, car il est précisément remarquable que les coroplastes ont laissé de côté, pour des motifs que nous ignorons, beaucoup de types qu’affectionnait la sculpture, par exemple ceux de Zeus et de Poséidon. Plus loin, M. Fontane nous dit que « les figurines des habitants de Rhodes étaient célèbres », affirmation gratuite qu’il ne pourrait étayer d’aucun texte. — « Corinthe, qui s essaya dans l’art des figurines, ne sut trouver que des mode es disgracieux, alourdis, aux chairs grasses. » Encore une affirmation en l’air, mais ce qui suit est bien pire : « Les figurines de Rhodes, de Chypre, de Thèbes, de Corinthe, de Tanagra et de Myrina résultaient du mercantilisme phénicien(Ü) exploitant l'art hellénique; les artistes, inconscients, s’amusaient à ce labeur dissolvant. » Ce que l'on peut dire de mieux à la décharge d'une pareille phrase, c’est qu’elle ne signifie rien. Je souhaite que le reste du volume de M. Fontane soit meilleur, mais ce spécimen ne me donne pas le goût d’y aller voir.

— Voici un autre homme d’esprit qui, parlant de la Céramique de MM. Rayet et Collignon dans la Revue bleue *, découvre que les stations lacustres du lac de Moratsont « peut être tout simplement contempoî aines d Auguste », que « l’âge de la pierre, finement ou grossièrement taillée, » existait sur certains points de l’Europe au temps des Romains, que cc l’ère des poteries à dessins creusés » a duré « vingt mille ans, cinquante mille, peut-être davantage », que « le style des ■objets de métal (de Mycènes) décèle sans conteste une origine phénicienne. » Tout en commettant ces erreurs de dilettante, l'auteur écrit Sin-Akhé-Irib pour Sennachérib : voilà de l’érudition qui est •aujourd hui à la portée de tout le monde et qui me touche peu ! L’essentiel serait de se persuader que l’archéologie, comme tout autre science, a besoin qu’on l’étudie sérieusement avant qu’on n’en parle; c est ce dont beaucoup de personnes ne sont pas encore convaincues.

— Le mot de la fin — car il en faut à toute Chronique — nous est fourni par M. Auguste Vitu 5. Il s’agit d’une grande pièce à tableaux,

t. Revue bleue, \ S juin 1889, p. 759.

Page 1