‹ Chroniques d'OrientChapitre 330 sur 410 · Paus., X · texte numérisé non relu

Paus., X

APPENDICE

à Zeus Sôler et à Apollon Pylhien', comme souvenir du combat livré aux Barbares qui avaient fait une expédition contre les Hellènes et le temple d’Apollon commun aux Hellènes, et contre lequel le peuple [athénien] a envoyé les soldats d'élite et les chevaliers pour prendre part à la lutte qui a eu pour objet le salut commun ; attendu que le koinon des Étoliens et le stratège Charixénos ont envoyé à ce sujet une ambassade au peuple [athénien]..,. » Le reste de l’inscription est mutilé 1 2, mais M. Haussoullier a pu le restituer d’une manière certaine à l’aide des formules d’un décret analogue de Chios3 4 5. Nous traduisons : « ont envoyé à ce sujet une ambassade au peuple [athénien] pour prier le peuple [athénien] de prendre part aux concours ; le concours musical est égal aux jeux Pytbiques pour les âges et pour les honneurs *, Je concours gymnique et hippique est de même assimilé aux jeux Néméens. »

Le décret de Chios, qui a été découvert à Delphes en 1880 par M. Haussoullier, est une réponse à l’ambassade étolienne qui avait prié les Chiotes, comme les Athéniens, de reconnaître les Sotéries et d’y prendre part. Voté la même année que le décret d’Athènes traduit plus haut, il présente avec lui des analogies frappantes ; seulement, comme l’a finement remarqué le premier éditeur, tandis que le décret de Chios parle d’une victoire (vvj; vtxvjç, 1. 6), les Athéniens emploient l’expression 1% et rappellent qu’eux aussi ont combattu pour le salut commun. « Il est probable que les députés étoliens, dans le discours qu’ils tinrent à l’assemblée, après avoir remis le décret de leurs concitoyens, insistèrent sur la part que les Athéniens avaient prise à la défense commune, et que l’éloge des deux peuples avait tenu la plus grande place dans leurs développements oratoires. A Chios, les Étoliens, plus libres dans leur langage, avaient seulement parlé des exploits de leur nation et présenté leur résistance comme une victoire décidée. Ainsi commençait à se former la légende sur le désastre de l’expédition gauloise 3. »

Nous possédons maintenant un second texte qui atteste l’intervention des Athéniens à côté des Étoliens dans la série des engagements qui eurent lieu en 278 près de Delphes. C’est une inscription gravée a-av/rfim sur deux morceaux de marbre pentélique ; ils ont été découverts en 1889 près de l’entrée de l’Acropole d’Athènes et publiés par M. Lolling dans I”ApxaioXoyixbv SeXTtov ( bulletin archéologique ), où la Direction des Anti-

1. L’institution des Sotéries est postérieure de deux ans à la retraite des Gaulois; cf. Haussoullier, Bull de Corr. Hellén., 1881, p. 302.

2. M. Droysen avait renoncé à en rien tirer, op. laud., trad. franç., p. 638.

3. Haussoullier, Bull, de Corr. Hellén ., 1881, p. 307; Dubois, Les ligues étolienne et achéenne, Paris, 1883, p. 217.

4. II s’agit de l’àge exigé de ceux qui concouraient dans les jeux pytbiques et des honneurs décernés par les villes à leurs concitoyens vainqueurs (Haussoullier, loc. laud., g. 311).

5. Haussoullier, loc. laud., p. 308. M. Foucart avait déjà insisté sur ce mot

Mém. cité, p. 210.

APPENDICE

quités grecques fa.it connaître au fur et à mesure les principales trouvailles archéologiques*. Il s’agit d’un décret du peuple athénien en l’honneur d'Héraldeitos fils d’Asclépiade du dème dAthmonée1 2, qui s était acquitté avec zèle de ses fonctions d’agonothète dans la célébration des Panathénées. Mais il avait fait plus encore, et c’est ici que le texte est assez intéressant pour qu’on le transcrive dans la langue originale; nous adoptons les restitutions excellentes de M. Lolling :

1. 3 : xat àvom9ï]<nv vîjt ’A0v]vài vîii [Nixvn ypa:p]àç iyaiaaç. ûxop.v7iij.on:a (5) tmv AkwXwv x)]sxpay[iivwv xpo; voû; (îapëàpo'JC éxsp "y; tmv EXXïivmv

<70>TY] plaç.

« [Attendu qu’Hérakleitos] dédie dans le temple d’Athéna (Niké? des peint '?)ures rappelant le souvenir des actions [d’éclat] accomplies (de concert avec les Étoliens) contre les Barbares pour le salut des Hellènes... »

Les Barbares sont incontestablement les Galates ; l’expression np»; vouî papSàpouç... ùxsp Ty;. .. uwropia; se rencontre dans le nouveau texte comme dans l’inscription attique que nous avons traduite en commençant. Les ex-voto qu’Hérakleitos consacrait à Athéna peuvent avoir été des stèles, c’est-à-dire des bas-reliefs (tmiias) ou des peintures (ypxçàç); M. Lolling s’est décidé pour la seconde restitution, qui est de beaucoup la plus vraisemblable. L’inscription étant gravée ®toi xyëov, nous connaissons exactement l’étendue de la lacune, qui est parfaitement remplie par les mots [Ntxvji ypacp]dç ; c’est donc dans le petit temple d Athéna Nike sur l’Acropole que ces peintures auront été déposées. On peut rappeler que la frise de ce temple était précisément décorée de bas-reliefs représentant, au nord et au sud, les combats des Athéniens contre les Perses pour le salut de l’indépendance hellénique3. L’inscription a d’ailleurs été découverte dans le voisinage immédiat du temple d'Athéna Niké (celui qu’on appelle vulgairement « de la Victoire Aptère »).

En dehors des lacunes que présente ce texte par suite de la brisure du marbre, il y en a plusieurs qui ont été produites par un martelage intentionnel. Ainsi, à la ligne 5, les lettres (p-sv AItmXmv x) ont été effacées ; il en est de même à la ligne 13, où revient la mention du peuple étolien. M. Lolling a supposé que ces martelages remontent à une époque où Athènes eut à se plaindre des Étoliens, mais on ne saurait rien affirmer à ce sujet. Il présente d’ailleurs trop peu d’intérêt pour que nous y insistions ici.

En résumé, la nouvelle inscription de l’Acropole confirme ce que nous savions sur la coopération des Athéniens avec les Étoliens et rend d autant plus singulier, au premier abord, le silence dePausanias. Mais Pau-

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