‹ Chroniques d'OrientChapitre 331 sur 410 · Ap^onoXoycxov ôeXHov, Athènes, 1889, p · texte numérisé non relu

Ap^onoXoycxov ôeXHov, Athènes, 1889, p

2. Cet Hérakleitos est probablement identique à un archonte athénien de la seconde moitié du iue siècle avant J.-C. ( Corp . inscr. attic ., II, n» 859). Ce rapprochement est dù à M. Lolling (AeXtlov, 1889, p. 61).

3. Le Bas-ïteinach, Architecture, Athènes, lte série, pl 9-10, p. 127.

APPENDICE

sanias a-t-il altéré la vérité ? Nous ne le croyons pas et nous pensons plutôt que la vanité des Athéniens est ici en cause. Pausanias, après avoir raconté la terreur panique dont les Gaulois furent victimes *, les montre en butte aux attaques des Phocidiens et souffrant d'une grande disette, qui les faisait périr par milliers. Il ajoute que des Athéniens, venus à Delphes pour voir ce qui se passait, étaient retournés chez eux et avaient annoncé les désastres infligés aux Barbares par les dieux. Alors, dit Pausanias, les Athéniens se mirent aussitôt en campagne ; en traversant la Béotie, ils prirent avec eux les Béotiens ; ils commencèrent alors tous ensemble à poursuivre les Barbares et, s’embusquant sur leur passage, ils tuèrent les retardataires. Brennus s’étant donné la mort, les Galates regagnèrent avec peine le Sperchius ; là ils furent attaqués vigoureusement par les Étoliens et anéantis.

Ainsi, d’après le récit de Pausanias, les Athéniens ont bien participé à ce qu’on pouvait appeler la campagne de Delphes, et ils sont entrés en ligne au moment où les Gaulois n’avaient pas encore quitté la Phocide. De là à dire qu’ils avaient lutté avec les Étoliens pour la défense du sanctuaire commun de la Grèce, il n’y avait assurément pas loin, et les Athéniens ne se sont fait aucun scrupule de faire valoir après coup une coopération qui, pour être tardive, n’en a pas moins été, semble-t-il, assez efficace. Il n’y a donc pas contradiction entre le témoignage des inscriptions et celui de Pausanias. Droysen s, croyant que l’envoi de soldats d’élite et de chevaliers athéniens, dont il est question dans l’inscription citée au début de cet article, se rapportait à la défense des Thermopyles, s’est étonné que ce texte passât sous silence l’envoi des trirèmes athéniennes qui est attesté par Pausanias1 2 3 ; mais c’est là une erreur de l’illustre historien, car l’inscription en question, comme celle que l’on vient de découvrir, concerne seulement, à notre avis, l’envoi de troupes athéniennes en Phocide à la suite du premier échec des Gaulois devant Delphes, postérieurement à l’épisode des Thermopyles.

Dans un travail récent sur les Gaulois dans l’art antique 4, nous avons énuméré les œuvres d'art connues jusqu’à présent où les Grecs ont représenté la défaite des Gaulois devant Delphes (p. 41 du tirage à part). Il faut maintenant y ajouter les peintures du temple d’Athéna Niké dédiées vers 250 par Hérakleitos d’Athmonée ; elles rappelaient sans doute une des escarmouches heureuses où une fraction de l’armée gauloise en retraite avait été battue par les Étoliens et les Athéniens.

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