Dumont, Revue archéoL, 1869, II, p
4. C. Haeberlin, Studien zur Aphrodite von Melos, Goeltingen, 1889.
point ces diverses opinions, mais je rends hommage à la science de l’auteur et à la clarté de son exposition.
— En augmentant d’un numéro la longue série des articles que la Vénus de Milo a provoqués', je me suis surtout proposé de réunir e,t de rendre accessibles les principaux essais de restitution dont elle a été l’objet (Witlig, Tarral, Hasse, Veit Valentin, Zur Strassen). Je ne dis rien de l'héliogravure qui accompagne mon travail, parce qu’elle est malheureusement fort médiocre. Mes conclusions sont, pour la plupart, négatives; bien qu’inclinant vers la restitution de Millingen exécutée par Wittig (la Vénus au bouclier), je ne puis me décider en sa faveur tant qu’on n’aura pas résolu la question du fragment de main tenant la pomme qui est conservé tiu Louvre. Sur deux points seulement, je me suis permis d’ètre affirmatif : 1° la Vénus n’a pas été trouvée dans une cachette pratiquée par quelque païen, ami des arts, mais dans un ancien tombeau converti en magasin par un chaufournier ; 2° la Vénus n’appartient pas au ive siècle ou à l’époque alexandrine, mais à la fin du ve siècle et à l’école de Phidias. M. Kalkmann, qui travaille depuis plusieurs années à mesurer les proportions de statues antiques, me dit qu’il partage tout à fait mon opinion sur cette question de date; je dois dire cependant qu’elle est vivement contestée d’autre part, et cela par des archéologues de premier ordre comme M. Conze. L’avenir prononcera.
A la suite de la publication de mon article, M. Ravaisson a exposé, dans le vestibule de l'Institut, sa restitution en plâtre du groupe de Vénus et Mars et a commencé la lecture d’un mémoire d’ensemble sur ce sujet. M. Ravaisson pense que la main gauche de la Vénus tenant la pomme était appuyée sur l’épaule droite de Mars (le Mars Rorghèse). L’hypothèse du groupement admise, il faut reconnaître que le modèle qu'il propose (publié dans la Revue archéologique )a se recommande par de très grandes qualités et que les deux statues ne paraissent pas étonnées d’ètre réunies.
Pendant que M. Ravaisson lisait son mémoire à l'Institut, les journaux s’en sont occupés à diverses reprises. L 'Éclair du 1er juillet a publié en premier-Paris un article tout à fait ridicule, où le document Mcitterer (exhumé par M. Aicard) est opposé à M. Ravaisson comme la Loi et les Prophètes. Il serait cependant grand temps de faire le
1. S. Reinach, La Vénus de Milo, dans la Gazelle des beaux-arts du 1er mai 1890, p. 376-391.
2. Revue archéol., 1890, II, pl. XV, p. 145-157. [Voir ma réponse à cet article dans la Chronique des Arts, 1890, p. 284-287.]
silence sur celte mystification , ainsi que sur les imaginations de M. Brest père, complaisamment éditées par M. Doussault. Un article du Monde illustré (28 juin 1890, p. 412) est accompagné d'une page de gravures d’après la Vénus (?) Falerone, la Muse drapée de Madrid, la Victoire de Brescia (dont il est dit que l’original est au Louvre !) et le groupe restitué par M. Ravaisson. Ce groupe a été aussi gravé, fort maladroitement d’ailleurs , dans le Bulletin des Musées
— Dans son bel ouvrage sur la Pamphylie (cf. plus bas, p. 262),
M. le comte Lanckoronski a publié un croquis d’après un bas-relief du nymphéum de Sidé 2 ; on y voit Vénus, dans l’attitude et le costume de la Vénus de Milo, groupée avec Mars qui tient un grand bouclier. Derrière Vénus paraît Éros, debout sur un petit soubassement. Le bras gauche de Vénus est appuyé sur l’épaule droite de Mars; le bras droit de la déesse est brisé.
— Il est curieux de rapprocher le bas-relief de Sidé d’une composition analogue, qui orne le petit côté d'un sarcophage découvert à Aquincum (?) et conservé aujourd’hui à Pest. M. J. Ziehen y a reconnu Ménélas et Hélène 3, explication certainement fort ingénieuse. Une composition semblable se voit sur un miroir à relief découvert en Tunisie4.
Antiparos. — Plusieurs vases, dont six en terre cuite et cinq en lychnites, ont été trouvés dans des tombes très anciennes à Antiparos et acquis par le Musée Britannique \
Naxos. — M. E. Szanto a fait connaître quelques inscriptions de
1. Bulletin des Musées, 1890, p. 247, avec un court article, p. 2 45-248 .
2. Lanckoronski, Tes villes delà Pumplujlieetde la Pisidie,t. I, p. 147, fjg, 102.