Ibid., 1890, p
publie dans un grand journal de fort intéressantes lettres d’Algérie, raconte, à la date du 22 avril 1890, que le Comité des fêtes d’Alger a offert au public le spectacle d’un simulacre de bataille, où les goums d’Aumale et de Boghar se sont distingués. « Je me disais qu’il serait beau de voir ainsi les épisodes épiques de notre histoire, jusqu’à nos glorieuses défaites, représentées, comme les Perses d’Eschyle ou les mystères du moyen âge, par des centaines d’acteurs. » Les Perses représentés par des centaines d’acteurs! Et qu’aurait dit Aristote? L’auteur de cette tirade a peut-être confondu les Perses d’Eschyle avec Marceau ou les enfants de la République, de MM. Anieet-Bourgeois et Michel Masson.
— Mais ce n’est là qu’une vétille en comparaison de la nouvelle suivante, empruntée à V Eclair du 19 juin 1890 :
LES FOUILLES DE MARATHON (Par service spécial.)
Athènes, 17 juin. — Les fouilles entreprises à Marathon ont fait découvrir, sous un tumulus, une fosse longue de 26 mètres, large de 6, et formée d’une couche de cendres et d'ossements épaisse de 13 mètres.
Une grande quantité de petits vases se trouvent au milieu des ossements.
On suppose qu’on est en présence de la sépulture des Ottomans tombés sous Miltiade, en 490 avant J.-C.
Les Ottomans tombés sous Miltiade ! Déjà?
A rapprocher de l’extrait que voici, emprunté au Matin du 29 juin 1890 :
On va ouvrir à Constantinople un nouveau Musée archéologique. Parmi les objets qui y ont été installés en dernier lieu se trouvent des sarcophages recouverts de mosaïques peintes. Ces sarcophages, trouvés à Beyrouth, sont au nombre de cinq. Quatre seulement resteront à Constantinople ; le cinquième est destiné au Musée du Louvre.
Les « mosaïques peintes » sont une trouvaille. Inutile de dire que l'histoire du sarcophage « destiné au Louvre » est une invention.
— Dans le charmant livre de M. Guy de Maupassant, La Vie errante *, il y a une description enthousiaste de la Sicile, où l’archéologie n’est pas oubliée. Arrivé au Musée de Syracuse, l’auteur tombe en extase devant la Vénus acéphale découverte dans l’Achradine en 1804 par Saverio Landolina1 2 et la célèbre à la manière de