Op. laud., p
Fragment d’une inscription en vers, avec beaucoup de ligatures. A la ligne 3, on reconnaît l’ethnique 'Hçjsatiéwv. L’identité de Paléopolis et d’Héphestia ne peut plus être mise en doute aujourd’hui.
Un Turc d’Aipati est venu me dire qu’à Castrovouno, près de Paléopolis, il avait vu sous terre de grandes statues en marbre. Il me conduisit au sommet de la colline, à un endroit couvert de fragments de marbre, de bouts de corniche, etc , où l’on va chercher les matériaux destinés à la construction de l’église de Kontopouli. On me dit que M. Pantelidis, de Castro, y avait pratiqué des fouilles l’année précédente, sans trouver autre chose que des blocs de marbre anépigraphes . Le Turc me fit voir l’entrée d’un corridor souterrain, aboutissant à une grande salle remplie de pierres où l’on pénètre également par une sorte de puits situé un peu plus loin. Il m’assura qu il y était descendu l’an passé, qu’il avait vu une femme en marbre couchée sur un lit, et qu’il fallait un jour plein pour parcourir toutes les allées souterraines qui communiquaient avec cette chambre centrale. Comme nous n’avions ni échelles ni torches, il fallut renoncer, à notre grand regret, à descendre dans ce labyrinthe, que la tradition locale (créée peut-être par quelque savant de l’ile) identifie au labyrinthe de Lemnos décrit par Pline.
A Paléoprétorio, qui n’a plus qu’une dizaine d’habitants, et dont la plupart des maisons sont abandonnées, il y a quantité de marbres. Un paysan m’a raconté qu’il y a deux ans encore il existait au moulin une grande inscription en lettres italiques, que les ouvriers ont brisée en morceaux pour construire l’église. Les inscriptions signalées par M. Conze à Waros ( Reisen , p. 113) ont été détruites également.
Dans l’église d eürepanidi, on voit une stèle de marbre longue de 1 mètre, provenant de Paléopolis. A gauche, dans une couronne, sont les traces de deux lignes effacées, dont on ne distingue plus que 2ANTA (vr/.TjsaVTX*?); à droite est une amphore sculptée en relief.
A Aipati, dans les murs de l’église et tout autour, il y a de nombreuses colonnes en marbre, des chapiteaux, etc. Deux colonnes couchées à terre ont une longueur de 2ra,60.
Dans un misérable petit village nommé Go, il y a beaucoup de marbres et de colonnes provenant de Paléopolis.
A Kaminia, j’ai vu un vase de marbre de style attique portant une inscription mutilée en caractères du ive siècle.
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C’est un vase analogue aux vases dits de Marathon, qui étaient placés sur des tombeaux.
Constantinople. — Plusieurs personnes s’occupent de la fondation d’une Société d’archéologie locale, ayant pour but l’étude de la topographie de Constantinople. M. de Radowitz, ambassadeur d’Allemagne, a promis son concours. Le principal promoteur est M. Mühlmann, directeur d’une école allemande à Constantinople, à côté duquel on nomme MM. Mordtmann, Papadopoulos Kerameus, Foy, Müller, Millingen, etc.
— M. Pullan annonce la publication d’un recueil de 80 planches photographiques relatives aux monuments qu’il a déblayés au cours de ses quatre campagnes en Asie Mineure, à savoir le Mausolée d’Halicarnasse (1857-58), le temple de Bacchus à Téos (1862), le temple d’Apollon Sminthée en Troade (1866) et celui d’Athéné Polias à Priène (1867).
Voyage de M. Sterrett en Asie Mineure1 2 3. — Au milieu du mois de mai 1884, M. Sterrett, membre de l’École américaine d’Athènes, a quitté Smyrne pour explorer certaines régions peu connues de l’Asie Mineure. Près de Kiœsk, dans les environs de Tralles, il a découvert une inscription qui identifie l’emplacement d’ Iepà Kwp/i;, indiqué à tort par M. Kiepert à l’ouest de Tralles'. Rejoint à ce moment par M. Ramsay, M. Sterrett se rendit avec lui, par Antioche sur le Méandre, à Aphrodisias. Les ruines de cette dernière ville sont si considérables et les inscriptions qu’on y voit encore si nombreuses, que les voyageurs renoncèrent à s’y arrêter, ne disposant pas du temps nécessaire pour distinguer ce qui était nouveau de ce qui est déjà connu A Makouf, ils découvrirent une inscription qui établit l’identité de cette ville avec Héraclée ; on lui assignait jusqu'à présent le nom de
1. Preliminary Report of an archæological journey madeinAsia Minor during the summer of 1884 ,published by the American School of classical Sludies at Athens , Boston, 1884. — American Journal of Archaelogy, 1885, p. 75 et suiv.
2. Peut-être faudrait-il reconnaître l’ethnique de cette ville dans une ins¬
cription publiée par M. Le Blant ( Inscrip . chrétiennes de la Gaule, 1, 354) : Evôàôe y.ii’z ai euaeêta lv EÎpvjvïj o3<ra t £ p oxw jxvj.ti ç àîcb aôÔavwv(?). M. Le
Blant interprète dubitativement l€POKOI M HTH par sancta quiescens.
3. II en sera souvent ainsi jusqu’au jour où quelque homme de bonne volonté aura publié un index des inscriptions grecques de l’Asie Mineure, qui dispensera de fouiller une trentaine de volumes pour savoir si une inscription est publiée ou encore inédite.
Trapezopolis1. A Antioche de Pisidie, M. Sterrett copia beaucoup d’inscriptions, dont un bon nombre rédigées en latin, puis il fit une excursion à Philomelion. De retour à Antioche, il y fut rejoint par M. Haynes, pourvu d’un appareil photographique, el se rendit à El flatoun-Bounar, où les sculptures archaïques signalées par Hamilton purent enfin être photographiées*. Iconion donna aussi quelques inscriptions, mais cette ville, comme la bourgade voisine, dite Sultan- Khan, paraît surtout remarquable par ses ruines de l’époque des Seldjoucides. A Selme, vers l’est d’Archelaïs, s'élève un grand rocher en tuf volcanique, dans lequel sont percés une quantité de chapelles dédiées à des saints chrétiens, des voûtes et des tombeaux. Les chambres taillées dans le roc sont encore habitées à une hauteur de 200 pieds au-dessus de la plaine. Derrière le village d’Ichlara, on remarque sur la paroi d’un rocher plusieurs façades de temples.
Au delà de Cucuse, M. Sterrett rencontra un grand nombre de milliaires romains ; il en a publié quarante-deux dans son Preliminary Report. Ces milliaires viennent à l’appui de l’opinion de M. Ramsay, à savoir que dans le territoire anti-taurien les distances étaient comptées à partir de Mélitène.
Entre Kliurman-Kalessi, où se trouvent les ruines d’un vasle château fort, et Maragos, les voyageurs copièrent trois inscriptions d’un grand intérêt, taillées dans des rochers qui bordent la route. Ces textes démontrent : 1° que Khurman-Kalessi est l’ancienne Sobagène ; 2° que le torrent Korax, mentionné par une inscription, est identique au Khurman-Sou. Nous reproduisons ici ces textes d’après les transcriptions de l’éditeur 3.