‹ Chroniques d'OrientChapitre 63 sur 410 · Partie inférieure d'une statue en marbre · texte numérisé non relu

Partie inférieure d'une statue en marbre

« L’ancienne Hypaepa est actuellement en partie occupée par le ■village turc de Tapaï, qui renferme à peine quatre-vingts maisons. La ville était située entre deux ravins que l’on franchissait sur différents ponts, parmi lesquels on remarque celui qui est actuellement désigné sous le nom de Djin-Kiupru (Pont des Esprits) à cause de son arche très élancée. 11 semble qu’Hypaepa n’est devenue considérable qu’à l’époque de la décadence de l’empire romain et sous les Byzantins, car les morceaux d’architecture épars dans le village et les monnaies qu’on y découvre se rapportent généralement à cette époque.

« La statue de la Nymphe sans tète et sans bras, qui se trouve actuellement dans la cour de l’église grecque, est un ouvrage digne de figurer dans les plus beaux musées. La tète de Tibère, que vous avez sans doute remarquée chez Sopliokles 1 à Smyrne, provient d’Hypaepa. Le torse de la Vénus pudique, le fragment du pied de la statue colossale en bronze, le buste d’Hercule et une autre petite statuette en bronze, qui figurent au Musée impérial, proviennent également de cette ville.

« Aucun monument ne subsiste sur la surface du sol, excepté les quatre ponts et quelques vestiges du mur d’enceinte. Quant au soussol, on y remarque différentes galeries souterraines, et dans les endroits qui ne sont pas occupés par le village moderne, le terrain a été complètement bouleversé par les paysans en quête de matériaux pour la construction d’Odemisch. Cette ville, qui date à peine de deux cent quarante ans, étant bâtie sur un terrain sablonneux, s’est servie des ruines d’Hypaepa comme d’une carrière; tous les marbres, colonnes, chapiteaux, bases, etc., ont été extraits du sol pour construire les mosquées, les églises, les bains, les hans et les boutiques. On ne pourrait songer à faire des fouilles systématiques, car la dévastation a été telle qu’aucun architecte ne saurait s’y reconnaître. Le grand édifice dont parle Texier a échu en partage aux Turcs pour la construction de leurs édifices publics à Odemisch, et Ton remarque encore un magnifique four qui a servi à convertir en chaux tous les matériaux qu’ils ne pouvaient utiliser d’une autre manière. Les Grecs ont eu en partage le théâtre pour la construction de leur église; eux aussi ils ont bâti tout à côté de leurs fouilles un four à chaux, et ce qu’il y eut de plus remarquable en cette occurrence, ce fut la parfaite entente des deux peuples pour la ruine complète de la cité ancienne.

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