‹ Chroniques d'OrientChapitre 97 sur 410 · Cf. Bulletin, t. III, p · texte numérisé non relu

Cf. Bulletin, t. III, p

chiton est rouge, avec des ornements rouges et verts sur les bords; l’himation est frangé de lignes rouges et vertes; tout le vêtement est comme étoilé de petites croix d’un vert brillant;

7° Petite statue féminine, d'un très beau travail, sans traces de peinture;

8° Autre statue féminine d’un travail primitif et grossier ;

9° Torse viril, portant un manteau peint en rouge; le col est orné d’un méandre rouge et vert ;

10° Copie en marbre d’un ïjcavcv, dont on n’a retrouvé que la partie inférieure. Frange rouge ornée de vert sur le bord de l’himation;

11° Fragment d’une statue de Niké (le cou et la moitié de droite du torse). Le chiton est rouge, avec un col bleu; restes de vert et de rouge sur l’himation. Derrière les épaules sont pratiqués de grands trous pour l’insertion d’ailes en marbre. M. Miller considère cette statue comme la plus belle de toutes, malgré son état de mutilation ;

12° Statue de femme colossale, la tète ornée d’une Stéphane. Dans les orbites des yeux sont encastrés des corps vitreux, de composition encore indéterminée, qui figurent les cristallins. Beau style archaïque ;

13° Slatue de femme d’un style archaïque assez rude. Les cheveux sont peints en rouge. Les yeux présentent des cavités circulaires concaves pour l’insertion de cristallins en verre;

14° Statue de femme mutilée en marbre de Paros (du cou à la ceinture); type identique à la Héra de Samos, aujourd’hui au Louvre.

La question de savoir si ces statues représentent des prêtresses d’Athéné ou Athéné elle-même est de celles qui ne sera pas résolue de longtemps; la même difficulté d’interprétation a déjà été soulevée au sujet des Artémis de Délos. En tous les cas, ce sont des offrandes, antérieures à la prise d’Athènes par les Perses; ceux-ci les auront renversées de leurs piédestaux, et elles auront été enterrées dans l’état où on les a découvertes à l’époque des travaux de Cimon sur l’Acropole.

Inscriptions . — On signale des inscriptions métriques et des dédicaces archaïques, ainsi que des signatures de sculpteurs connus, notamment d’Anténor, auteur du groupe d ' HarmocLins et Aristogiton enlevé par Xerxès.

Céramique. — Outre une quantité de vases peints à figures noires en fragments, on a trouvé de petites tablettes votives ou m v&ua portant des peintures, semblables aux objets de la même classe découverts à Corinthe. Ces peintures représentent des scènes très variées, par exemple une femme lavant des vêtements (Nausicaa?), et la nais-

sance d’Athéné, sortant en armes de la tète de Jupiter Les couleurs sont assez singulières : il n’y a pas de noir, mais les cheveux et les parties nues, sauf les visages, ainsi que certaines parties des vêtements sont d’un bleu léger, tandis que les visages et d’autres parties du costume sont d’un rouge sombre. Une des tablettes a plus de 0 ,60 de lara e : on y voit, dans un cadre noir et rouge, un guerrier arme, avec casque, javelot et bouclier; l’épisème du bouclier est un Satyre noir dansant, avec une longue queue peinte en rouge. Le guerrier porte un chiton rouge et par-dessus un himation noir. Au niveau de sa tète on lit deux mots : '/.oikiç et peut-être 1 1 yj.rj.r^ç.

Cette même peinture a été signalée dans différents journaux, d une manière si confuse qu'on pourrait être tenté quelque jour d’en admettre plusieurs au lieu d’une seule. Le reportage archéologique a ses dangers, lorsqu’il n’est pas confié à des gens compétents : aussi M. W. Miller a-t-il rendu un véritable service en adressant à 1 American Journal la correspondance sobre et pleine de faits qui nous a servi de guide.

— Depuis le mois de juin 1885, M. Cavvadias publie, comme supplément au Journal officiel d’Athènes, un bulletin archéologique mensuel où sont brièvement relatées les découvertes récentes, avec l’indication des objets nouveaux exposés dans les Musées athéniens. Les Mittheilungen de l’Institut allemand d’Athènes ont reproduit des extraits de cet utile compte rendu. Notre Bulletin , qui parait avoii horreur des actualités , n’a pas encore consacré deux lignes à la découverte des statues archaïques de l’Acropole : la Correspondance Hellénique, bien qu’inscrite sur sa première page, ne le préoccupe guère. Nous le regrettons d’autant plus que les comptes rendus de M. Cavvadias sont un peu trop succincts, et que les articles de journaux, relatant des découvertes archéologiques, fourmillent en général de puérilités et d’erreurs. Nous avons parlé plus haut des découvertes faites sur l’Acropole ; il nous semble utile de résumer ici les bulletins mensuels de M. Cavvadias touchant les autres trouvailles ou les déplacements d’antiquités, en laissant de côté les nouvelles dont nous

avons déjà entretenu nos lecteurs.

Juin 1885. — On a transporté à Athènes les objets suivants, découverts par M. Holleaux, membre de l’École française d’Athènes, au temple d’Apollon Ptoïos en Béotie :

■U> Une statue archaïque d’Apollon, en marbre, de grandeur naturelle;

2° Un torse de statue virile nue, de grandeur naturelle, portant sur chaque cuisse une inscription archaïque,

3° Une tète d’Apollon (?) de grandeur naturelle, archaïque, d’une conservation et d’un travail remarquables 1 2 ;

4° La partie inférieure d’une statue très archaïque en pierre calcaire, en forme de stèle; au-dessus des pieds on lit une inscription en boustrophédon 8 ;

5° Une tète d’Apollon (?) en marbre, de style archaïque et de demigrandeur naturelle;

6° Une statuette en bronze d’Apollon, très archaïque, avec une dédicace 3 ;

7° Des fragments de vases et de figurines enterre cuite;

8° Une statuette archaïque de bon style portant une inscription.

Les nos 1, 2, 3 ont été aussitôt transportés au Musée central ; d’autres objets, exhumés au cours des mêmes fouilles, ont été mis en sûreté près du lieu de leur découverte, dans le couvent de Pelagia, dont l’higoumène a été institué gardien de la collection.

On a encore transporté à Athènes des statuettes et des fragments de vases découverts par M. Schliemann à Tirynthe, ainsi qu’une statue de Cybèle, appartenant à une époque assez basse, qui a été confisquée à la douane au moment où l’on s’apprêtait à l’embarquer.

Au cours de la construction d’une route entre Amphissa et Arachova, on a trouvé près de Delphes des tombeaux anciens, que les habitants ont mis au pillage. Le ministère ordonna au gymnasiarque d’Amphis=a de se rendre sur les lieux pour confisquer les objets volés, mais ceux qu’il put recouvrer sont sans importance.

Auprès de Chalcis, où l’on construit également une route, on a trouvé une base triangulaire de statue avec une dédicace écrite boustrophédon. Sur la route entre Chalcis et Xerochori, des paysans ont découvert une statue de femme acéphale de grandeur naturelle et d'époque romaine : ils l’ont brisée en deux morceaux, espérant, comme toujours, y découvrir un trésor. Le même endroit a donné une plaque de marbre portant une inscription que le gymnasiarque de Chalcis déclare illisible, et au milieu les mots KXeévr/.cç dis'.Sîcu. Tous ces objets ont été déposés chez le démarque de Chalcis.

La construction d’une autre route près de Mantinée a conduit à la découverte d’un tombeau formé de grandes plaques de marbre qui fut mis au pillage par l’entrepreneur et ses ouvriers. Le gouvernement fit instituer des recherches dans leurs maisons et ne recouvra qu’une

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