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Chroniques de France

3'at mis, baiis le style b'à présent, le récit îles octions ^lue ces i)ommes l)abilcs nooirut si Incii racontées bans leurs (Cl)ronique3, mot grec qui signifie les actions bcs temps; ils ont écrit aisément et comme une source pure qui roule aocc abondance. S'aurois souijaité auoir le même talent ie langage, ou quelque eljose b'approcijant.... 3c me suis efforcé pourtant, aussi bien que me l'ont permis la rusticité et la foiblessebcmonsaooir, Je reproDuire aussi briruement que je l'ai pu ce que j'ai appris bans les liorcs bout j'ai parlé. (Cue si quelque lecteur boute bc moi, qu'il ait recours à l'auteur mcmc; il trouucra que je n'ai rien bit qui ne soit tirai.

Sïé'iac^aixc,

Pourquoi m'éveilles-tu, doux souffle du printemps? Pourquoi fais-tu vibrer cette corde oubliée, Autrefois la première à mes accords pliée, Et que ton seul pouvoir sut animer long-temps ? Ramènes-tu ces jours d'un innocent délire, Ces jours évanouis comme un son de ma lyre, Doux et rians témoins de mes naissans concerts ?

Telle qu'un jeune oiseau qui s'essaie au bocage,

Inhabile et rêveuse, à l'ombre du feuillage,

Aux champêtres zéphirs j'abandonnais mes airs.

Chants éclos d'une fleur, Idylle, humble Cantique

Inspiré par le son de la cloche rustique,

A la page éphémère, où vous laissait ma main.

J'étais loin d'attacher l'espoir d'un lendemain :

Que m'importaient ces fruits d'un débile génie,

Ou de mon luth enfant l'imparfaite harmonie !

Mes vers n'attendaient point la faveur d'un coup-d'œil ;

Ils faisaient mes plaisirs, et non pas mon orgueil.

Mais tout bas j'essayais quelques notes cachées

Que sur ma jeune lyre on n'aurait point cherchées.

A ces secrets accens, l'amour du sol natal,

Le doux nom de la France, ont servi de signal ;

C'est ce nom qui d'abord m'apparut dans l'histoire ;

Ses héros les premiers ont peuplé ma mémoire :

Que de fois j'ai compté, parmi soixante rois.

Ceux dont le règne illustre, ou dont les sages lois

La rendaient tour à tour pins heureuse ou plus belle 1

Que de fois, au récit de nos anciens exploits,

J'ai comparé l'éclat d'une gloire nouvelle ,

Qui m'apparait encor comme un songe effacé ; Car le présent d'alors faisait croire au passé ! Dans ces jours de prodige, émue, émerveillée, De son premier sommeil mon ame reveillée , S'éblouit à l'éclat des belliqueux travaiLx. Si le bronze annonçait des triomphes nouveaux, Prêtant au bruit guerrier une oreille attentive, L'aiguille entre mes mains demeurait inactive : Trop fière des succès qu'obtenait mon pays,

IMon cœur palpitait de sa gloire ; l'oubliais à quel prix s'achète une victoire,

Alors je n'avais point de fils !

J'ignorais ces fléaux, fruits mortels des conquêtes, Et le canon pour moi n'avait qu'un son de fèlcs 1 Mais d'un effroi soudain accablant mes esprits, Il retentit bientôt sous les murs de Paris, Non plus pour signaler de lointaines batailles, Mais menaçant, armé, lançant vers nos murailles Les messagers de mort par sa rage ^T»mis : Oui, j'entendis siffler les boulets ennemis; Oui, je vis du combat les vapeurs enflammées^ Et l'éclair du fusil sur le front des armées ;

Et, le soir, quand, hélas ! sur les monts d'alentour Les bivacs étrangers s'allumaient tour à tour, Nos légions passaient mornes et consternées, Gomme si dans un jour s'effaçaient vingt années ! Tout m'est présent encor ! Je vois dans nos remparts Des souverains ligués flotter les étendards : Frivole et curieux, le peuple les contemple ; Il ne les connaissait qu'appendus à son temple : Sans doute pour ce peuple, avide de repos, La paix embellissait l'aspect de ces drapeaux ! Mais loin de concevoir qu'une telle espérance Nous dût faire oublier la chute de la France, Mes yeux avec horreur les voyaient parmi nous, Et se détournaient d'eux, pleins d'un triste courroux. Ces casques étrangers, ces écharpes flottantes, Ces armes, ces habits aux couleurs éclatantes, Tout blessait mes regards dans Paris attristé ; Je croyais voir le sol de la noble cité Frissonner sous les pas d'un coursier de l'Ukraine ; Au bruit retentissant des sabres sur l'arène

S'épouvanter nos vieux palais,

Et le vent des bords de la Seine

Agiter à regret des panaches anglais ! ,

Je ne veux point ici, de nos douleurs passées, Chercher péniblement les traces effacées ; Mais puis-je de la France oublier les revers ? Mon amour s'est accru des maux qu'elle a souflerts ; Et, pour leur opposer des souvenirs de gloire, Se plut à remonter le cours de notre histoire. Je ne voulais, fidèle à mes premiers penchans, Que moduler d'abord nos fastes dans mes chants ; Mais je vis par degré de ces muettes pages, Surgir des temps passés les vivantes images. Oh! m'écriai-je alors, harpe des vieux Gaulois, Tu ne réveilles plus l'écho sacré des bois l Cithare, qui vibrais aux mains d'Apollinaire, Tu restes suspendue aux murs du sanctuaire I Vous ne résonnez plus dans les cours du cliâtel , Luth joyeux du trouvère, archet du ménestrel ! Et vous, qui du Parnasse avez conquis les cimes, Du siècle de Louis, Muses aux chœurs sublimes, Pourquoi, des chants légués à la postérité, Le sol qui vous vit naître est-il déshérité,

Pourquoi, méconnaissant une juste espérance, Doter la Grèce et Rome, aux dépens de la France,

D'une double immortalité?

Viens donc, toi qui n'es plus qu'une frivole image, Un vain nom, qui revêt l'harmonieux langage. Toi, lyre de nos jours, invisible instrument, Qui dans mon cœur ému retentis sourdement ; Pouvoir qui rends à l'ame, aux yeux, à la pensée, Des faits, des lieux, des temps l'émotion passée, Eveille, éveille-toi, reproduis ces accens Tour à tour effacés sous la trace des ans ; Comme un fidèle écho, que ta voix inconnue Garde des chants natals la mémoire ingénue : Et séduit à l'attrait de souvenirs divers, Peut-être mon pays adoptera mes vers I Cet attrait est plus fort que celui du génie. D'un orchestre savant la brillante harmonie Peut enchanter l'esprit et captiver les sens ; Mais quels airs sont plus doux^ quels accords plus puissans, Qu'un antique refrain, un chant naïf et tendre Que près de nos berceaux nos mères font entendre. Qui, redit par hasard sur quelque bord lointain,

Vers les champs paternels nous ramène soudain, Et demeurant toujours à l'oreille ravie, Empreint de la fraîcheur du matin de la vie, Fait encore apparaître à nos regards charmés Des jours qui ne sont plus et des objets aimés?

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