‹ Chroniques de FranceChapitre 40 sur 40 · I.A REINE · texte numérisé non relu

I.A REINE

Lorsque des factieux insultenl ma livrée Sans qu'il me soit permis d'en tirer châtiment.

Le duc de Brissac , Matha , Fontrailles et quelques autres Frondeurs , à la suite d'un grand repas d'où ils sortirent tous en mauvais état, maltraitèrent, en pleine rue, des valets du Roi. L'un de ces gens les ayant rappelés au respect qu'ils devaient au Roi , leur maître commun , Matha et les autres

répondirent que les Rois étaient passés de mode, en ajoutant : Portez cela à la Reine et au Cardinal. La Reine, l'ayant appris, en fut touchée , et ordonna qu'il serait informé sur cette affaire. «Mais, ajoute madame de Motteville, cette petite-fille de » tant d'empereurs et de rois, et le petit-fils de Saint-Louis » eurent le déplaisir de n'être point obéis. » Le Cardinal , convaincu que les Frondeurs ne demandaient pas mieux que de voir porter l'affaire au Parlement, conseilla à la Reine de supporter patiemment cet outrage ; ce qu'elle fit avec beaucoup de peine. Les mêmes étourdis , à la suite de quelque orgie semblable , se précipitèrent sur un convoi funèbre , et chargèrent le crucifix, l'épée à la main, en criant : Voici l'ennemi! « Les chansons, » dit aussi le Coadjuteur, « n'épargnaient pas toujours Dieu; ces » folies me donnaient de la peine. »

PAGE l4o.

.... Et quaut aux abbayes!

Le Cardinal en avait vingt-neuf.

Et l'Astrée, ea honneur, n'a rien d'aussi charmant.

Roman d'Honoré d'Urfé, fort à la mode à cette époque.

PAGE lis.

.... Adieu, Mars!

« M. le Prince , se trouvant un jour au cercle, et voyant » qu'il (Mazarin) taisait le fier plus qu'à l'ordinaire , lui dit , en » sortant du cabinet de la Reine : Adieu, Mars! »

(^Mémoires de Reiz.)

PAGE l5l.

.... Je vous réponds d'elle Et de lui....

On peut lire cette scène dans les Mémoires de Retz , où elle se trouve tout entière.

Saujon, pour m'éviter, s'eofiiit dans un couvent.

« Le duc d'Orléans avait tendrement aimé Saujon , fille d'honneur de Madame. Cette fille, touchée de dévotion ou de quelque chagrin , s'était jetée dans le grand couvent des Car-

mélites, à dessein de se faire religieuse. Monsif.ub, ne pouvant souffrir son absence, se servit de l'autorité royale, de celle du Parlement; de la sienne propre, et des conseils de toutes les amies de Saujon , pour l'en faire sortir. Celle dont il reçut le plus de secours fut madame d'Aiguillon , toute-puissante sur le père Léon, confesseur de Saujon, carme qui avait pour le moins autant d'ambition que de piété. Elle s'y appliqua avec tant de force qu'enfin elle trouva le moyen de rassurer la conscience de cette fille, et de la faire revenir à la Cour, avec espérance de devenir bientôt dame d'atours de Madame , afin de pouvoir rester dans le monde sans se marier. »

(Madame de Motteville.)

Mademoiselle de Saujon revenue au Luxembourg y conserva, la vie et les austérités du cloître.

page loo.

.... Je vas toujours mon grand chemin.

Je vas mo,". grand chemin sans barguigner ^ était le dicton favori du duc de Beaufort.

J'ai sous les yeux une lettre autographe de ce prince ; elle prouve qu'il n'écrivait pas plus correctement qu'il ne parlait. La voici copiée avec son orthographe ; elle est adressée à M. de Lamoignon , commandant l'une des compagnies colonelles de Paris : .

Monsieur

le vous prie de faisre prandre les arme a quelque conpanie de vostre cartier ; on ne peut ostrement assurer la porte Sin Martin et Sin Denis ou l'on dit que les Masarins doive venir aufaubours; mes ie pesne a le croire : ic me tiendre prêt a aler partout au moindre avis; aies un peu sur les lieus vous mesme et me croies

Monsieur

A monsieur monsieur de Lamoinion

V^ostre cifaictione seruiteur le duc de Beaufort.

PAGE l8l.

Sallaquer à des valets du Roi!

Voyez la note de la page 1 16.

PAGE i85.

Du complot de Joly n'ètes-vous pas l'auteur?

Les rentiers s'assemblèrent afin de créer douze syndics poiir ll'eiller, disaient-ils, sur les prévarications du prévôt des mar-

c'hands. La grand'Chamhre, par un arrêt , cassa cette nomination , et , pour épouvanter les rentiers , voulut faire saisir Descoutures , l'un des syndics. Ceux-ci prétendirent que le syndicat ne pourrait être cassé que par le Parlement en corps et non par lagrand'Chambre. 11 fallait jbtenir cette assemblée. « Ce fut alors que dans un conseil de la Fronde , tenu chez le président de Bellièvrc, Montrésor proposa de faire tirer un coup de pistolet à l'un des syndics pour obliger le Parlement à s'assembler : il fut donc résolu qu'un gentilhomme , qui était à Noirmoutiers, tirerait un coup de pistolet dans le carrosse d'un nommé Joly, attaché au Coadjuteur, et qui était un des syndics des rentiers; que Joly se ferait une égratignure pour faire croire qu'il était blessé ; qu'il se mettrait au lit, et qu'il donnerait sa requête au Parlement... «Cette résolution s'exécuta le 1 1 décembre 1649- (Voyez Retz.)

Au point qu'il s'écria, quand un piqueur brutal Encloua, l'autre jour, le Broglïo , son cheval : « Messieurs, l'autorité rovale est enclouée! »

Voici ce que je trouve dans un écrit du temps intitulé : Histoire véritable d'un accident tragrque arrivé à Pantoise , en la maison du sieur de Bordeaux , intendant des finances. A Paris , chez Nicolas Le Drut , au M ont-Saint- H ilaire , mdclii, avec permission.

« Le Mazarin ayant appris ce demeslé dit que l'authorité royale estoit blessée en la personne de son secrétaire (Zungo Ondédéi), et ne vous estonnez pas de ce discours; il a tellement accoustumé de mesler les intérêts du Roy avec les siens , que l'autre iour le Broglio ayant esté encloiié (c'est un cteual qui est dans son escurie , que Broglio luy a donné) , il dit que l'authorité royale estoit encloûée. »

PAGE 2l4-

LA REINE

Ah! mon gant!

i,K COADJUTEUR /fi vamassaiit.

Le voici : mais daignez me promettre

Une faveur..

LA HEINE

Et c'est .^...

LE COADJUTEUR

De ne le point remettre.

La beauté officielle des mains d'Anne d'Autriche « qui avaient » reçu , dit madame de Motteville , les louanges de toute l'Eu- » rope , » le style de galanterie du temps et le caractère connu du Coadjuteur suffiront, peut-être, pour me justifier de lui avoir prêté cette fadeur. On peut voir, au reste , dans tous les Mémoires nombre d'anecdotes à la louange des belles mains de la Reine. Parmi les personnes q\ti lui étaient présentées, il en

était peu qui perdissent l'occasion de lui en témoigner toute leur admiration, et toujours la Reine le trouvait bon. Cette vanité fut la dernière qui la quitta, car peu de temps avant sa mort on l'entendit se dire à elle-même, en faisant un petit signe de la tête : « Ma main est enflée , dà ! il tst temps de partir. »

Si vous saviez avec quel air de sotte joie, Dans les échantillons que de Rome on m'envoie, Il choisit la couleur favorable à son teint.

« Le Cardinal s'étendit à ce propos sur l'infidélité de La Rivière , dont il nous dit un détail qui , en vérité, faisait torreur. Cet homme croit, ajouta-t-il, que je suis la plus grande bête du monde, et qu'il sera demain cardinal. J'ai eu le plaisir de lui faire, aujourd'hui, essayer des étoffes rouges qu'on m'a apportées d'Italie , et je les ai approchées de son visage pour voir ce qui y revenait le mieux , ou de la couleur de feu ou de l'incarnat. »

(Le cardinal de Retz.)

Devant des manteaux noirs ou des bonnets carrés.

Les bourgeois considérables portaient des manteaux noirs ,

et le Prince et ceux de son parti donnaient aux membres du Parlement le surnom de bonnets carrés.

.... Voyez les députés Du Parlement....

Prince, avoiicz-nous, à présent ', Ce qui vous sembla malplaisant Avant votre métamorphose :

Que c'est une agréable chose De n'être point pris sans décret.

Qui l'eiît dit que le privilège Que votre interprétation A couvert de confusion, Ce privilège raisonnable , Le seul recours du misérable , De n'être qu'un jour en prison.

Vous eût, un an après, fait faute?

(^Courrier burlesque de la Guerre de Paris. ^^

* M. le Prince contesta contre l'article qui porte que tout prisonnier sem interrogé dans les vingt-quatre heures.

PAGE 33l.

Sur le bureau d'Harlwell laissé dans sa retraite.

« Le Roi Louis XVIII se servait habituellement d'une petite table qu'il avait rapportée d'Hartwell : Napoléon prit plaisir à y travailler pendant quelques heures; il la fit retirer ensuite, et prescrivit qu'on en eût le plus grand soin. »

(^Mémoires sur les Cent Jours. )

Sa gloire orientale.

J'ai emprunté au poëme de Napoléon en Egypte , cette belle expression créée par MM. Barthélémy et Méry.

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