CHAPITRE CXI
Copie de la retponse qae fît monseigneur le duc d^Austiice , p&r se^
lettres envoyées au roy de France.
« Très hault, et très excellent et très puissant prince , mon très honoré seigneur et cousin, j 'ai veu plusieurs lettres escrites par vous à mes subjects de mes pays et villes de Brabant et Haynault , par lesquelles vous plaict à moi noter de faire tort et injure à mon très cher et très amé fils le duc Philippe, et de faire la guerre à tort et contre rai- ^n à lui et à ceux de son pays de Flandres , en requérant lesdits de Brabant et Haynault , que dès lors en avant ils ne me facent aide d'argent^ de gens ne de vivres, en déclarant que, se ainsi ne le font , vous y pourvoyerez comme il appartiendra. Sûr quoi vous signifie que ne me scay trop esmerveiller de telles et semblables lettres , et crois mieux qu'elles procèdent de mauvais conseil de gens qui désirent et contendent à nous mettre et finer en guerre l'un contre l'aultrè , et plus pour leur prôuffit particulier que du vostre ; car je ne me recorde pas de jamais avcâr fait tort à prince ne à aulcun homme , quel qu'il soit , et par plus forte raison ne voudrois-je faire à mon fils ne à
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mes subjects ; et povez entendre que ceulx qni vous conseillent en ceste partie , contendeat plus à la destruction de mondit fils, que à son bien et honneur. Chacun sçait bien le tort que ceux de Flandres m'ont faict jusques à ceste heure, d'avoir destenu mon fils par force; toutesfois j*espère, moyennant l'aide de Nostre-Seigneur , de briefmÂt le mettre hors de la captivité en laquelle il a esté détenu.
» Au regard des requestes que faites par vosdites lettres à mesdits subjects , elles vous peuvent plus tourner à honte que à moi dommage. Si vous prie que d'ores en avant vous veuillez dép<M?ter d'envoyer à mesdits subjects telles ou senoiÛables lettres, car j'ai si bon espoir en Dieu , et en ma bonne querelle , que telles paroles ou lettres , ne aussi œuvres de faict ne me donneront craiiite pour me abstenir de faire ce que je dois.
» Très hault, très excellent et très puissant prince, très honoré seigneur et cousin, je prie Nostre-Seigneur qu'il vous doinct boune vie et longue, et bon et sain conseil. Escript en ma ville de Bruges , le vingt-cinquième jour de juing", l'an quatre- vingt cinq. Ainsi signé, et de secret, Goii-