CHAPITRE LXXIII
CommeBt auIcuns Wallons comparèrent la tuison des AUemans^
M ONSEiai^evR le duc d' Austrice estant aux champs, monseigneur le comte de Chimay et aultres seigneurs wallons , et leurs compagnies, estoient demourés à Luxembourg. Et celle propre nuict que les AUèmans avoient esté occis , autres de leur parti et querelle s'eslevèrent contre les Wallons, lesquels assiégèrent Thostel de mon dict seigneur de Chimay , estant sûr le marché , et pccirent autant de Wallons qulls poeirent trouver. Monseigneur le comte de Chimay mesraes fut en grand danger j et bytinèiient les gens de Charles de Reu-
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benpré , de monseigneur de Bièvres et de monseigneur dé Harchies. Ceulx de la ville se fourroient av(!cq et attendoient qui auroit le pins bel ; les portes esloient eloses , et il n'y avoit lieu de refuge pour lesWallôns. Horrible chose et piteuse estoit d'ouyè? et de voir ceste cruelle peslillence* Âulcuns desdits Wallons se tirèrent à une porte delà ville y cuidans ou pensans vuidier ; et illecq en y eut plusieurs occis y comme Jehan de Fontaine y deux Bourguignons y aucuns Piccars ; et de ce cruel trouble mourut monseigneur de Pannethière, qui fut fort plainct , et auUres , environ vingt-six. Domarien , capitaine du chasteau^ voloit vuider au secours des Wallons , mais , pour éviter im pins grand inconvénient , monseigneur de Chimay et les seigneurs ne le souffrirent. Lesdits Allemans furent trois jours en suivant dedans Luxembourg.
De Rodeniacq.
Quelques jours fut monseigneur d'Austrice de* vant Rodemacq , veoir et pourjecter comment on
la polroit assiéger. ïoutesfôis, deux jours devant la Tôussainùt, an quatre-vingt, monseigneur le comte de Chimay , monseigneur de Boussu , les gens du prince d'Orenge, les gens de monseigneur de Croy , vindrent devant Rodemacq, faisant signe d'y mettre le siège; et tournèrent autour de la ville pour veoir s'ils parlementeroient ; et ils dirent que oyU s'ils vouloient reculer. Le seigneur du Mont-Sainct- Jean alla à Rodemacq et parlementa à monseigneur
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le comte de Vernembourg, son cousin, et monseigneur le comte de Ohimay retourna à Luxembourg ; et lors furent faictes trêves trois mois et un jour. Et à la véritéal estoit besoing d'ainsi faire pour un mieulx, car six cents lances françoises et six mille Suisses venoient à puissance pour assiéger, si le siège se fut clos ; ainsi gens d'armes retournèrent à Luxembourg, car ils estoient illecq à grande crainte et à grand danger; et le duc retourna pas à pas à son pays.