‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 114 sur 165 · DU LIEGE · texte numérisé non relu

DU LIEGE

Plusieubs désirent à scavoir Du fait de ces Liégeois le voir ; Et j*en dirai selon mon sens.

Premier , nos seigneurs sont d'assens De mettre et tenir en leurs mains Tous leurs privilèges au mains , Et qu'ils soient portés à Mons , Car de ce sont -ils bien semons > Avec touttes les alliances Esquelles avoïent fiances.

Jà jurront que sans transporter Auront tout voulu apporter ; Où jà n*y aura si privé Qui à toujours n'en soit privé ; Et à Liège et aulx aultres villes Qu'on ne doit point tenir pour villes , Ne seront plus maistre nommé Mais bailly , prévost renommé^ Majeur et aussi eschevin , De par le seigneur, sans convin Faire d'amis ne de lignaige , D'ailliauce ne de viguaige , Fors au plaisir, chascune année,^ Du seigneur. Et est ordonnée

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La chose qu'ils renderont compte Au prince, qui vault bien un comte^ Et est ordonné par manière Qu'il n'y aura nulle bannière De confrairie ne aultrement, Qu'il ne faille apporter brefvment Aux commis pour en ordonner ; Et si ne pourront pas donner, De bourgeoisie le renom , A homme, tant soit de bon nom ^ S'il n'est es villes résidens , Sans ce qu'il puisse par dedens Tenir conseil, et nullement, Si ce n'est du consentement De leur seigneur et cappitaine.

Et c'est aussi vray comme espit

Que d'armes ne feront plus port Contre le roy, pour nul rapport , Ne contre le cuens' de Namur , Pour grever fortresse ne mur.

Et s'est dit , ne m'en doit passer , Que se Françoys veulent passer La rivière , ils auront passaige , Et se Liégeois estoient bien saige , Us livreroient, sans enchiérir ,

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