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CHAPITRE IV

Comment le duc Cfiarles fit donner Fassaat au grand boluwert de la

ville de Nasse.

NussB assiégée de tous lez , les rivières retrenchiées^et tout espoir de secours extérieur annichilé, debvoit concepvoir grand peur et hyde; mais, coname toute asseurée et endurcie en son malaise, sebaignoit en appétit de nouvel butin, et monstra toujours face rubicunde et ayreuse et furibonde ; ne pour grand appareil de criminel assault^ ne pour perdition de membres defensoires^ ne pour austérité de mortelle famine, ne veult mitiguer son courage, ne sa couleur apalir. Si

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prouesse chevalereuse se trouva cncques résidente eu ville sur terre , elle avoit en Nusse glorieuse habitation ; nulle plus stillée aux arjmes y nulle plus aspre aux escarmuches, nulle plus fière en sumptueux emprendre; et se elle se mettoit eh jeu, elle avoit bien quiluimonstroil barbe. Le duc Charles, fik de Mars, alors et du tout addonné en la guerre, estoit trop joyeux d'avoir trouvé son passe-:temps, plus pour exerciter son pst en dureté y vernale et^n la querellede son allié que pour ambition de propre gloire. Si quérofi plusieurs moyens pour parvenir à ses énB; et pistr TadvLs du comte de Gampo-Basso, il £st faire de grands chesnes un gros bastillon à demWond , environ de trente pieds de bault, où il y avoit certains estaiges pour descouvrir sur les enuOTiis,et le fit dresser au quartier des Italiens, à vingtcinq pieds près du grant.boluwert de la villç^> et le garnist de culevriniers et arbalestriers qui tiroient incessament. Et pour .donner Fassalilt audit boluwert , il commanda que chacun conducteur de son armée ..lui énvoyAst certaine quaptité de gens, et comparussent audit quartier après disner, à deux heures. Lors diverses cohortes et compagnies de diverses chanesies et domiciles , atout divers guidons et enseignes, se admonsttèrefit sur les rangs; et par voyes soubterrenes , concaves et * profondes*, et trenehis artificiels , -âppi^ochèrent le bastillon dudit comte, où se lai^it l'assemblée^ et comme les géants ^cumulèrent jadis

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grandes montaignes les unes sur les autres^ pour envahir les Dieux du ciel, les assaillants assemblèrent eschelles , pavais, et grand nombre d*iiistrat^ea tsp opresà ce,pour parachever leur emprinse. Le duc , pour animer rafreschir les c ompagnons, abandonna deux queues de vin qu'il fît enfondrer, puis fit sonner Fassault , qui dura deux grossesheures. Les gens ducomtedeGampo-»Basso, desquels ung preud'homme d'armes , nommé Barnabo,portoit son enseigne, assailliren premiers, les Ënglèsen suyvant, et les autres hardis champions, chacun selon son degré et vocation; et monstrèrent leur prouesse et vaÛlance. L'assault fut aspre et merveilleux ; mais peu y profitèrent les assaillans; leurs eschelles furent trop courtes de dix pieds ; et ceux de la ville se deffendoient vaillamment et puiss^mfiient,quijetoient sureulx huile bouillante,eaue chaude et fagots allumés; et en occiren t et navrèrent grand pleaté de traict à pouldre , pource que leurs eanoniersestoient de toute hauteur, jusques àdemiaùlil^ près de terre. Ainsi, par figure poétique, trou* vèreotf lôs géants dessusdits Jupiter qui les fulmina et embrasa d'esclistre et de tonnoirre.

Quamt ceulx de la ville qui gardoient la muraille, oyrent l'effroi et cogneurent que l'assault estoit donné au grand boluwert, ils tirèrent leur Ibrce celle part, comme pour renfort; el ceulx du ^ége tiroient sur eul!x serpentines, courlaulx et fléltres manières d'engins, entre lesquels une grosse boftibarde, aflPustée en Tisle, faisoit tant bon deb-

voir, qu'elle fit voler en l'air, comme on perchevoit clèremenl, les testes, bi:âs, mains et aultres membres desdeffendans, ântantqu'elle en povoit aUaindre, qui estoit horriBle cbos€ à' voir. Et y demourèrent mors environ trois cens ou plus, et autant aux assaillans ; entre lesquels y fut occis le cùitite Urse d' Anguillaire , romain, très noble* et bien recommandé len armes; ung très vaillant capitaine des Anglois, Jacques d'Avencourt, et plusieurs aultres dont les noms me sont incognus.

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