‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 13 sur 165 · CHAPITRE CCLXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXII

Comment Pang de la compagnie da seigneur de Bouisut remonstra pradentement ne soi devoir partir de Hay.

Si en print la charge , le seigneur de Bonssut , de sauver Févesque et de le conduire jusques à Brusselles ; et de fait , le mena feors de la ville à l'emblée ; et le mena au plus céléement qu'il pooit depeurdeceulxdu siège. Etcomme ledit de Boussat avoit des vaillants hommes avecques I j qui ce virent et sceurent^ et qui moult amoient son honneur, aulcun de eulx, et par espécîal ung Bertremieu , gentil compagnon et vaillant , lui dit : « Ah ! mon- » seigneur , que faites-vous aujourd'hui ? Vous » périssez beaucoup de vostre honneur et bon los » acquis aultrefois , quant, pour complaire à ung » prestre , vous abandonnez une ville à prochain » péril , dont le duc s'est fié de son salut en vostre » vaillance ; et maintenant, quant vous en voyez M le dangier , et que la deussiés deflPendre et nous » aultres encorragier , vous vous en allez avecques » un fuyant qui n'acconte à los ne à blasme. Ol » monseigneur de Boussut , fort est et sera se ja- )> mes cj-après vous réparez ceste faute. Et se )) mal vient ne eschiet à la ville , vous seul en » porterez le chappelet et en arez à respondre, » Et vrai disoit , et notablement , et comme ua

CniioiriQUEfl. T, XLIII. — G. Chastellaih."///. 3

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vaillant homme ; et aussj ledit de Boussut en avoit puis dur à souflfrir ; et en fiist fort accueilli en court et devers le prince; et fust la ville prise prestement après son partement. Et sçaroit-on mal jugier du mieux fait ou du lessié au seigneur de Boussut , lequel , ce que fit ^ non fist par couardise ne par peur du péril , mes à bonne noble intencion de sauver Tévesque, en l'espoir d'y retourner à temps assez ^ ce que non fist , et dont il lui prist mai. Mes l'évesqne venu à Brusselles , et veuillant justifier et exciser ledict cfaevaliei^ qui l'avoit servi , print toute la charge sur lui , se mal fait j avoit , et de corps et de chevance ; et de quanques Dieu jamès lui poroit donner y le voloit plenir et garantir ; car ce que fait en avoit , il l'avoit fait 9 ce disoit^ à sa grant presse et force^ que tout toutes fois ne servoit ne à l'ung ne à l'aultre. Et fust Tévesque laidement raboué y meismes du duc , comme un couart cléricque , et celj de Boussut mis en la pile au verjus/ de croire ain^ et d'obéir à un lascbe prestre ^ en cas encore de son honneur extrême. Tout toutefois fust réparé f car sçavoit-on de vrai que le chevalier n'avoit rien faict par lascheté, mes par mesprison non cuidée*

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