‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 16 sur 165 · CHAPITRE CCLXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXV

Comment le seigneur de la Roclie et le seigneur d'Aymeries furent envoyez à Boliain vers le connestaMe.

Lb connestable doncques, qui savoit tout le secret du roy, et beaucoup de bonnes raisons aussi qui en Ini esloient et qui fesoient à regarder et à peser , ce savoit bien , tant pour le bien et salut de ce royaulme , dont il estoit souverain officier , comme pour ronneur et salut aussi de ce

ucuvead duc Charles , à qui y fesoîl bon obéir à conseil^ souverainement en son novel venir en règne , là où on appreuve volentiers le sens du venant par ses fais ; ce gentil prince doncques , le connestable de France , bien instruit et fondé sur grandes choses , ayant jà lessié le roy , s'en estoit venu à Bohain , en sa maison. Et scachant ce, le duc Charles prestement y envoya le seigneur de La Roche et le seigneur d'Aymeries, pour interroguer et enquerre des novelles de France, comme les deux chevaliers feussent ceux par deçà, sur tous aultres, mieulx à main et au gré audit connestable. Si leur fist grant chière et bonne ; mes à peu de demeure devers ly retournèrent à Brusseiles, et le conte connestable les sievit de près; et tellement^ qu'en briefs jours après, il vint à Brusselles en grand et noble compaignie, et là où le duc le feist joyeusement rechevoir et bien viegnier; et ly-meismes ly fist gfand chière. Mes à tant je le laisse ici , jusques à bien tost que j'en parlerai plus au vif et à l'estroit de leur assemblement, et dirai ce que j'ai oublié à narrer, et qui estoit grand chose à celle heure : c'est oit que le roy de Castille ' , par haine et despit qu'il avoit pris envers le roy Loys de France , envers ce temps ici s'estoit ajoinct et allié avecques le roy Edouard d'Angleterre, en contraire du roy Loys

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