CHRONIQUE O
conte connestable sceust dire ne faire, ne le pot plus avant mener que jusques à ung demy an; et en convint retourner ledit connestable battant ferrant devers lerojet revenir subit. Mes avant partir, lui respondit sur l'article touchant ces terres de Somme, et dist ainsi : « Je me donne merveilles com- » ment le roy se tra veille tant d'une chose que j'ai » tant de fois refusée, et à diverses fois, à ses gens qui » m'^n ontparlé.Ne sçay comment il ne s'en tient à » ce que j'en ai dit : carvueil bien qu'il scaicheque » je vouldroie perdre la meilleure ducié que j'aye » ain^ que je m'en départisse ; ce seront toutes les » derraineà terres que je garderai pour moi »* Sur ce mot ne séoit point de réplique , ce véoit bien le connestable ; et pourtant n'en fit point plus de presse, et laissa la chose ainsi. Gop sur cop toutefois, et jour sur aultre, le roi envoya gens et messagiers devers son connestable , pour le solliciter et pour oïr nouvelles de son besoingier; et sembloit que moult avoit le cuer en petit repos pendant cette traisnée. Si y envoya encore maistre Jehan de la Driesche , trésorier de France , auquel assez aigrement le duc parla, et par ses dessertes; car moult présumptueux homme estoit et des pays du duc, ne55 de Terremonde, et autrefois forfait grandement. Si lui dist le duc et coppa court des menaces du roy : « Je me donne peu de soing, veu » encore qtie c'est à son tort ; ne pour chose qu'il » me face mander , ne par vous ne par aultre , je » ne laisserai mon emprise, et la bouterai oultre ;
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» et SI le roy s'y veut trouver, si s*y trouve; les » champs sont aux hopimes; mes s'il me quiert à » faire des maux, je ly ea ferai tant que le bel »> n'en sera point tout devers ly ».