DE GEORGES CHASTELLAIN. 7I
grand portangeque lachevaoce, impossible est que ÎDConyénienl n'en ensiève et que mal pris nese quière pour satisfaire au mal conduit. Ainsi doncques ce duc Charles ne fesoit à blasmer en cestui endroit : mes à loer de voloir congnoislre son fait par peine et par labeur. Mes s'il le faisoit à intencion d'ava-» rice et par délectation en grans monceaux d'or , et comme aulcuns lui imputoient aussi, son los en estoit moindre ; car certes, sur tous vices je blâme, et à juste cause, enung grand prince^ et par spécial en son florissant eage , vile maudite ava^ rice, qui est mère souveraine de tous grans maux, et qui oncques en cuer d'omme ne fut seule et sans avoir détestable compaignie , assez pour per-^ dre ung monde. 0 pensent bien grandement que c'est d'avarice, et mettent peine, je prie, à assapier quelles sont et peuvent estre les dépen-^ denees et les conséquences ! Certes , se bien les assaveurent , et que cure leur soit autant de leur honneur et de leur amis comme de cestui maudit, et qui délecte le cuer et l'empoisonne, ils mettront frain toutesfois en leur convoitise et règle , espoir et mesure. Déà ! bien fait à prisier l'omme qui aime avoir pour faire devoir , et qui entend à son cas , et qui scet amesurer sa libéralité à la grandeur de son pooir, user de temps et de lieu et de tout ce qui fait à regarder en prince , garder et restraindre , tenir court et eslargir , et amer amas par provision contre les estranges aventures; certes bien fait à loer icely. Mes y veillier par délectation
ya CHRONIQUE (i468)
désordonnée et par une amour idolatrice , comme pour une félicité extrême , c'est chose damnable et déturpable en prince, et plaie en publique salut^ non jamaiss anable.