CHAPITRE CCXCIII
Comment il fist assembler les qaatre membres de Flandres k Brus selles, lear demandant trois points poar lui accorder ayde.
En Brusselles encore , et après ceste victoire de liège , fist-il convenir les estats. de Flandres et les quatre membres; ensemblç y fit convenir aussi les trois estas de Brabant sur la matère des aydes su^ tous ses pays, Et en eflPect, eux tous venus devant ly , leur fist remonstrer trois points par lesquels il avoit cause de leur faire grani demande , et tous les trois points il démonstroit raisonnables et droicturiers. \te premier si estoit que à son entrée , il est ordinaire et de coustume à tous princes de demander ayde à leurs subjects. Le second point si estoit et alléguoit, que ayde lui estoit deue, si comme ^ tous prii^es . à ç^u^ ^e fpn mariage,
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qui se devoit prochainement faire ; et le tiers si es toit et remonstroit comment, à cause de la guerre qu'il a voit maintenue encontre Liégeois pour la sauveté et salut de tous eulx et de tous ses pays , il lui estoit deu aussi en toute bonne raison une ayde, en récompense des granset innombrables frès qu'il y avoit portés. Si que, toutes les trois causes mises ensemble , la demande pooit et devoit estre grande et nlillement refusable; car tous les points estoient ordinaires. Et monta la demande faite aux Flamands, douze cents mille escus à rien rabattre , et à payer en seize ans, et celle des Braibanchons , quatre cents mille lions sans riens rabattre, et à payer en seize ans aussi . Si n'y ot cely qui ne feust perplex durement et féru au front, d'oyr nommer ceste horrible somme de deniers à prendre sur le peuple; et ne véoient ni tour ni remède de y savoir Inen respondre. Et jà-soit ce que de tout temps ancien les contes de Flandres ont eu de coustume de venir faire leur demande en Gand sur la maison de la ville , maintenant toutefois le duc ne le fist point, car ne voloit aller à Gand depuis la périlleuse entrée qu'il y avoit faite. Et par ainsi, comme par un extraordinaire, il fit sa demande en Brusselles en lieu de Gand; et les députés qui là estoient , ce lui sembloit bien , le porteroient et signifieroient bien en Gand pour et en son nom. Et finablement Gantois, comme chiefs du pays et pour ung rapaissement de leur prince courroucié sur eux , accordèrent la demande tout
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et otiltre , et venisl après ce qu'il peust du paiement ; car ce ne fut oncques que quand Gand accorda aucunes aydes, que Bruges et toutes les auautres villes forcément n'y allassent après et les ensievissent. Et tout ainsi firent ceux de Braibant jà-soit ce que ce ne fust pas sans long barguing et à bien dur. Et alors , après avoir séjourné en Brusselles jusques à l'entrée de quaresme , prist son chemin envers Hainaut, et fistson entrée à Mons par un diineiiche , jour des brandons ; là où il feust solemnell^ment recheu à grant joie et à grant révérence. Etestoient les trois estasdu pays enla ville venus par son mand, et en partie aussi en faveur de Ij pour lui conjouir ; et là fit-il faire sa demande aussi aux trois estas de la somme de trois cent mille livres tournois en monnoie , qui montent à cent mille lions en or. Et combien que la somme montast à beaucoup, ce sembloit à aulcuns, et qu'elle estoit dure à prendre sur le povre peuple , ce lui remonjstroiton, et répliquèrent longuement lesdils trois estas par mainctes excuses et belles raisons , toutefois , par conclusion leur fust dit que s'en appaisassent ^t qu'ils s'en teussent à peu de refus , car force leur estoit et seroit de l'accorder et de non repintier riens.
Dont , et comme il fit à Mons tout tel , lui venu à Valenciennes, demanda cent mille livres tournois sans riens en recopper et à payer en quinze ans ; ce que enuis firent toutefois à Valenciennes, mes enfin les accordèrent. C'estoit quatre cent mille livres
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tournois sur le petit pays de Hainaut^ qui tous dévoient venir en coflFre aveucques ces aydesde Flandres et de Braibant et de Valenciennes. Si s'en alla à Lille , visiter ses trésors et ses coflPres , là où il fit àulcùn petit séjour ; et à Pasques-flories s'en alla rendre à Bruges , ordonner et aviser sur le fait de ses nopces, qui approchoient au prochain mai futur , et sur le fait aussi de la feste dii Toyson-d'Or , qu'il devoit tenir audit Bruges, et pour laquelle oh avoit semons et averti tous les chevaliers de l'ordre de comparoir là , bu envoyer procureur pour eux. Dont, entre les autres, y fut semons de comparoir en propre personne, le comte de Nevers, pour répondre à aulcun cas qui touchoit à son honneur, et duquel , s'il se voloit purgier et purifier , lui fut dit (ju'il comparust personnellement, ou si non il seroit vaincu par contumace. Y furent semons aussi les deux seigneurs frères de Croy , et le seigneur de Lannoy , sur leur damp et péril , lesquels toutefois ne furent pas si laisches ne se faillis^ que hardiement ils ne comparussent et se présentassent à leur jour ; et passèrent parmi le pays de Hainaût toui au travers , et se vindrent rendreà Bruges, eulx confians en Dieu et eh toute aventure.
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