CHAPITRE'CCC
Comment les estas cle'libcrèrent envoyer ambassade devers le duc Charles de Bourgogne pour le amollir.
Nient-moins pour fiiir encore les dangiers de la guerre le plus longuement que l'on pourroit, et pour mettre appaisement eu ceste très difficile question qui estoit entre ces deux frères pour ce partage , fust avisé en cestui parlement et conclu , que mesmes les Irois estas de ce royaulme, à leurs communs frès, envoieroient notable et pesante ambassade devers le duc de Bourgogne , comme principal porteur et conforteur de monseigneur Charles de. France , et en qui plus pendoit le fort de ceste question ; et en leur nom lui.seroit signifié le haull et notable devoir que le roy a voit signifié devant eulx par toutes manières de remonstrauces et de sages paroles que ung roy peut faire pour le bien et salut de son royaulme , mettant devers ly également son tort s'il y pooit estre comme son droit, et soi accusant non estre sage assez, pour deffiuir d'ung si haull allaire comme cestui esloit, ne
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quelque bon droit qu'il y pooit avoir y sans s'en submectre en la consultacion du général corps de France ; lui seroit signifié aussi l'avis et le décret de toute l'intégrité de ce royaulnie , qui là avoit»esté déclairé et proooncié en la présence du roy^ et promis et juré de le maintenir et de le bouter oultre, en confortant le roy en cestui endroit, quand l'opportunité s'y trouveroit ; et que nullement le roy ne pouvoit décliner de sa roideur, en cestui refusé partage, ne eulx, ne pied de eulx y consentir ne y prester conseil , sans mesprendre envers honneur et droiture. Dont pour tant mieulx lui imprimer et faire sentir la pité de ce très agu et estroit affaire , et dont tout ce noble royaulme pendoit en péril d'urig grant mal, fust avisé de le faire approcier et persuader par toutes nobles remonstrances et avertences , comme premier per et doyen des pers de France , le plus puissant membre de la couronne , et aveucques richesses et puissance sans nombre. Si estoit-il en jeusneeage, jugiéetcongneu abonder en sens et en verlu sur tous aultres princes ; par quoi l'espoir devoit estre en euxj et considéré aussi qu'il estoit du royal tronC) et que la couronne , par possible , pooit tourner sur lui , que par pilé du royaulme et de la royale dignité, il lesseroit ung peu doucement couler ceste alliance prinse aveucques monseigneur Charles de France , et trouveroit voie et manière de l'amollir et faire estre content de raison et de souffisant partage , tel que
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duit à ung fils et frère du roj i et par cestui mojen etleroy et son royaulme, et eulx tous poroient estre affrancis des dangiers de la guerre et des ruines et tribulacions qui , à cause d'elle , se poroient movoir et essourdre. £t furent eslus et députés pour ce faire , Tévesque de Langres , messire Guillaume G^sinot , et aultres bons personnages^ desquels et de leur relacion je ferai le conte de brief cy-après , quant ils seront arrivés à Bruges^ et là où ils s'acquittèrent devant le duc de ce qu'ils avoient en charge.