‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 45 sur 165 · CHAPITRE CCXCIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXCIX

Commeut les uobles et les estas de France, après avoir oj la relàdon dti. roi, débattirent les coasëqaences et daogiers qui eB.pooient venir.

Geste remonstrance ainsi faite par la bouce du roy requérant avis, tous les princes et seigneurs, [à par avant inrorniés de la nature du cas et conclus , nient-moins en responce pesèrent moult eeste matère ; et considérans à tous les grans dangiers qui y pendoient y misrent leurs contraires difficultés en balance de long jugement premier qu'entrer en Testroit. Véoient la léauté que dévoient au roy et à la chose publicque de ce rojaulme pour le premier liltre. Véoient à l'aultre lez ralfeclion et bon amour que porter dévoient à monseigneur Charles , frère du roy , et apparant héritier de la couronne , et de qui ils dévoient vouloir l'avancement et pervencion k ses bonnes fins. Véoient en oultre , et pour le tiers poinct , la grande et forte adjonction qu'il avoit en confort de sa cause des ducs de Bourgogne et de Bretagne, et par; lesquels, qui ne le contenteroit en ses demandes à son plein appétit , ils'efforceroit encontre le roy, son frère , de s'en mestre au desseure réialement et de faicl. Et puis flnableuient , regardoient seceste séparacion de la ducié de Normandie et de la coronne se faisoit, ce pooit tourner à

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grand grief et plaie à la royale niajeslé pour le temps à venir , et en contraire des anciens estât uts fais et gravement conclus pour l'universel salut de France , qui jamës ne se doivent rompre. Parquoi^ tout considéré et tout argué et pesé , et venans à Testroit de la vérité et de preudomie , sans faveur et sans haine ^ conclurent et respondirent tous ensemble que nulle riens sous le ciel , ne faveur ne' affection fralernelle , ne obligacion de promesse j ne opportunité de donnison/ ne de pourvision , ne peurne menace de guerre , ne regard à nul temporel dangier quisourdrene mouvoir se peut à ceste cause , le roy ne de voit ne ne devroit acquiescer ne condescendre en ceste séparacion de la ducié, ne en son transport en main d*omme vivant que la sienne, ains devroit plustost mettre et sa propre personne et tout son rojaulme en la disposition occulte de la main de Dieu et de fortune, preiiiierque le faire ne consentir, pour maintes grandes et évidentes causes qui là estoient déclaîrées et produites , non replicables et reboutables. Dont, et pour tant mieux donner au roy courage et ferme adhésion à leur tel conseil et avis , lui certiflièlTent tous d'une affection et d'une bolice , que mesme eux tous ensemble , et distinctement chacun en son endroit , pour donner effect et vertu à ce que portoit leur avis , eulx ils s'exposeroient et le serviroient de corps , de puissance , et d'avoir, de leurs femmes, de leurs enlans, et ne Tabandonneroient ne pour mort ne

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pour nul encombre de fortune ne de lerrien daugier , quelque il peust estre. Si en fust le roy moult joyeux, et fort reconforté, comme raison le devoit bien ; car ce lui esloit une ferme seure polente , pour soi reposer dessus à celle heure.

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