‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 51 sur 165 · CHAPITRE CCCV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCCV

Gomment les parens dadit bastard appaisèrent le partie da mort , par leur ayoir donné grans deniers, ce qui riens ne leur prouffita quant k la d^vrance dadit bastard.

Or firent tant parens et amis, par argent et

parhonnestesréparaciôns, que partie fust contente ;

et vint partie soy remonstrer devant le duc , et

lui signifier et dire son contentement , et la haulte

et belle satisfaction qui lui avoit esté faicte , priant

à mains joinctes , que il lui pleust faire sa grasce

et sa merchj en TofFenseur , comme le corrage

des offensez est commué en pité envers ly^ pour

Tonneur de ly ; parquoy lui prièrent de samblable.

Mes ce duc y respondist peu ; et ce peu qu'il en

dist , si estoit-il assez obscur , et pendoit en doute.

Et n*en porent les amis ni la partie pacifiée , tirer

aultre chose, fors seulement vivre en espérance

non certaine. Et le détenu demeuroit tousjours

en prison , qui , vivant en Tespérance de ses grans

jimis , ne cuida jamais morir , et fist bonne chière,

(t44i8) DE GEORGES CHASTELLAIN. II9

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