‹ Chroniques de Jean MolinetChapitre 65 sur 165 · CHAPITRE CCCXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCCXIX

Comment le dac Cliarleé , par la ^ant justice quHl maintcnoit , estoii

cremeu en ses pays.

Geste justice donqiies ainsi mise sus par les pays du duc du costé de France , elle donnoit au duc de Bourgogne dure cremeiir ; et à luy ce luj estoit aussi une clère prepar^cion de son armée. Car en armée il siet à un prince estré cremeu et obéi, redouté des malvais et honoré des vailJans, et de tenir riègle et ordre entre euljt qui sont à prisier ou à corrigier ; car en cela pend la gloire et le salut de tous grans osts et de tous grans princes. Or esloit le duc Charles parti du Quesnoy fièrement en armes et ly mesmes armé de toutes pièces, tirant versPéronne, là où il vint et se tint dix ou douze jours, tant que ses monstres fussent faites , et que tous ses gens se trouvassent ensemble; qui furent en nombre environ de vingt mille pris. Et en estoient souverains capitaines messire Adolf de ClèVes , le bastard de Bourgogne , le comte de Marie 9 messire Jacques de Saint-Pol, lé seigneur d'Aymeries et plusieurs autres , sans compter les Bourguignons^ qui venoient sous la conduite du maréchal de Bourgogne environ huit cens lances; lesquels tous mis ensenible, Flamands, Picards et Bourguignons, furent environ, comme l'on disoit,

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quinze ou seize mille combattans , gens de bonne esloffe; et estoit une chose doubtable, ce me disoit l'on , de les voir en champs^ tant y avoit de monde , car y avoit si grand charroy et tel monde aveucque qu'il ne seroit à dire , et tant de suivans , marchans, pionniers et manouvriers et de vitailleurs, que la multitude n'en fesoit à comprendre. Si estoit France toute pleine de cestui merveilleux ost que le duc mou voit et préparoil débouter avant encontre ses contrarieurs; et trambloientles marches par où on craignoit le passage, et toutes terres voisines en (rémissoient de l'approche.

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