CHAPITRE CCCXXXVL
De la venae du conte de Warwyc eu Londres, qui fist g^ant joie aux Franchois pour la dëpresfion du roi Edouard et de ses alliés.
De ceste venue en Londres au comte de Warwyc, et d'avoir prospéré si avant ^ fut faite grande joie entre les Franchois; et se bagnoit le roy Loys en roses, ce luisambloit, d'oyr ceste bonne aven-
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ture , car estimoit bien par ce moyen le rojaume estre pour Warwyc, et par conséquent fortrait de la main du duc de Bourgogne , qui en mafiachoit toute France. Si en fit le roj grant joie et grant feste ; et continuellement y a voit messages alians et venans entre Warwyc et ly, pour reconfort l'un de Tautre. Et portoit ainsi le temips alors, que se le roy Loys hayst le duc Charles de venin et de mort , A^arwyc ne le hayst riens moins pour cause du roi Edouard, jurés ensemble. Et par ainsi, ce que Warvyc prospéroit en Ang^leterre estoit à la joie et consolacion du roy Loys de France, et ce que Edouard déclinoit estoit à la confusion et opprobre du duc Charles de Bourgogne, qui encore avoit son attente toutefois et son espoir en rassemblement de son beau-frère, le roi Edouard, pour dèffendre son royaume , et de quoi toutefois il tira peu de fruit enfin, car n'y avoit deffence ne demie.
Or veissiez à Londres tout le monde prendre le rave-stoc, qui veut dire un baslon ventilleux, livrée du conte dé Warwic; et ne s'y osa trouva ne monslrer homme qui portast la rose. En Calais mesme cheurent en division l'ung contre l'autre, et prindrent ceux qui soloient porter la rose le rave-sloc en grand multitude. Autres grand nombre toute fois et fermes à Edouard, portoient la rose toujours^ et vindrent aucune fois en confliction l'ung contre l'autre dedens la ville par ceste manière de faire ; et là ou le seigneur de Duras, gascon, commis
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capitaine de la ville de par Edouard , âvoit moult dur à souffrir, et se trouva malement honteux et perplex souvent ; car véoit messire Jehan Wanneloc , capitaine du chasteau , homme fort double et variable , et ployant et vaucrant merveilleusement à tous vents, sans fermeté ne arrest, fort au plus fort; et parcevoit bien que honneur et francise n'avoient point tant de lieu en lui, comme cauteleux temporisement. Si en avoit moult d'annuy et de deuil , qui, pour léauté et francise main* tenir, avoit abandonné propre terre et patrimoine, grand seigneurie et grant estât avecques le roi Charles, s'il se fut volu rendre Franchois. Mes prisant povreté en honneur et en maintenue léauté devant toute richesse du monde , en reproche de foy , s'esloit venu rendre Angles, saudoyer de Calais , qui , en Guienne , estoil un des grans barons de la tetre pour mesme payer les saudées. 0 noble francise de gentilhomme, et que de vois-tu penser ici, et comme mal te devoit faire , tu qui estois si grand homme de naissance et mis aveuques les sacquemens d'une ville, et non tant prisié que d'estre mis en royale court pour toutes tes pertes , il t'a convenu chanter et hurler, ployer et fléchir à l'appétit d'un grand tas de vilains sans honneur et sans raison et sans foy, encontre ta nature ! et qui plus est , ceux qui deussent estre nobles de fait et de corrage et toi deffendre en ton honneur et léauté si approuvée, se sont et ont esté ceux qui t'ont dérelainqui et mis à l'abay de