CHAPITRE CCCXXXVII
Gomment le conte de Warwyc se maintint en Londres, et de grans outrages qu'il feist sur cenlx du party d'Edouard.
Je n'ai point fait fortes enquestes de ceste matère, ne comment le conte de Warwyc se maintint en Londres , ne comment Edouard se mist sus et se prépara à la deffense de son royaume contre ly , car peu m'en a esté et est de faveur, et peu y attens de loenge ou de mérite, par y avoir fort la • bore ; mes tant en oys-je en ce tems, et appris, que ledit de Warwyc, qui estoit homme cruel, là où il estoit à son desseure , fit des grans outrages beaucoup en Londres, et par espécial sur ceux lesquels savoit estre du party de Edouard , et en fit exécuter , tyranniquement ; usa de volentez en la maison des grans marchans ; et n'y avoit ne justice , ne règle, ne ordre en tout le royaulme ; tout y alloit ce dessus dessoubz : les marchans preud'ommes s'en espoentoient; les nations estranges s'en lamentoient et s'en leussent volen tiers enfuis; mes ne pooient. Tout y alloit contre poil et contre ongle; y avoit
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un roj assis en chaière; autant y eust fait un sac de laine que Ton traine par les oreilles. Ëstoit une ombre en une parois ( mui^aille ) et un seigneur comme cil que l'on bouSette as jeux bendez. Les commandemens se faisoient de par ly , et les exécutions se faisoient contre ly , et encontre son honneur : le roy y estoit subject et muet comme ung veau couronné , et le subjet y estoit gouverneur et dictateur du royaulme, et faisoit à sonroj la moe : tel gouvernement y avoit-il en Londres et non mieux en Calais.
Une chose fi tWarw^yc; ce fut qu'à l'instant quant il avoit assis Henri en siège , il fit crier et publier la guerreen Calais^ partout, au duc de Bourgogne;^ et le roy Loys , tout en pareil fit crier amour , union, et sauf repaire à tous ceux d'Angleterre en France , qui y estoient et seroient du party du roy Henri , et enemisté et défiance à tous ceux du costé d'Edouart et de ses ajoins. Et sambloit bieu au roy Loys , en ce nouvel instant , que tout estoit pour ly pour celle heure en Angleterre , et que fortune à peine n'en poroit autrement disposer , qu'Angleterre ne demorast toute sienne , et contre le duc de Bourgogne. Et à l'exemple de ce fut rapporté et dit pour vrai que le roy ici , de la joie qu'il avoit des nouvelles de Warwyc , qui avoit eslevé et remis en estât Henry, fit faire autre commandement partout son royaulme , que par trois jours durans on fist processions générales^ et feux et festes, sans labeur, de la grasce que Dieu avoit en-
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voyée aux Fraochois, de leur avoir remis en main un roy en Angleterre , qui estoit du sang de France et de l'amisté^ et appertenant à la courone , si prochain comme cousin germain , et d*avoir rebouté et expuls le vray ennemy , persécuteur et manacheur des Franchois , Edouard , soubz la jonction du duc de Bourgogne. Mesmes ceux de Tournay en firent les feux et les processions y telles que j'ai dites ^ à grant feste et joie.