CtfRONlQUU
» samble , ce sais quoi de grant^ s'il chiét à poinct. >î Qtte dites-vous ? Faicle-mo j sage de vostre cor- » rage et de vos volentez; maintenant il est heure » et besoing de le savoir. »
Si fust respondu alors d'une commune voix : « Monseigneur, hous sommes venus et estneus » aveucques vous, et sommes tous conclus de faire » tout ce qu'il vous pladra nous ordonner et com- » mander. — Par Saintt-Thomas, ce dist l'aultte, A> alors je suis doncques pour Henry dfe Lancastre, » roy d'Angleterre, et si veulx maintenir et lever » sa querelle. » Et commencha à dire : a Vite le roy ^ Henry ! » Et tout ce peuple après, et en l'instant, cria tous ensemble : c< Vive le roy Henry roy d*Angle terre !» Et là s'arrestèrent sans aller plus avant ; et prirent logis en contraire du roy Edouard ^ qui s'attendoit à eulx de les avoir pour ly et en son aide ; ce que poinct n'avint, et en fust dolentement déceu.
Or prindrent conseil ensamble sur ce qui estoît de faire au surplus pour meilleur exploit , et se porta ainsi l'avis : que d'une traicte on allast là où estoit Edouard tout à la haste pour le prendre et de le saisir au corps; car n'avoit comme nulles gens aveucques ly pour le defFendre ; et de fâict fust délibéré d'y aller. Or en y avoit-il ung en ceste compaiguie , lequel voyant la malvaiseté du conte , qui frère estoit à Warwyc , et en qui le roy Edouard , toutefois, se confia sur tout aullre , et estoit jà tourné nient-moins en son contraire,
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subtilement s'embla de la çompaignie . et à toute haste s'en alla vers le roy Edouard, pour l'avertir de ceci , ôt pour le garantir ; car aultrement le véoit ou pris ou mort. Si vint jusques à lui , et lui
conta la manière comment le conte ' estoit
tout au plus près de Ij atout gransgens, et estoit tourné db parti Henry de Lancastre , prisonnier; et venoit devers ly pour le prendre ou tuer, où potir le livrer en la main de son frère , le conte de Warwyc. Si loist le roy et le- vist tout effrayé ; mes à duc voloit croire ce que lui recorda j ains respondist et dist : « Tu es ung lasche ribaut tout » effrayé , et as.eupeur ; et par peur, tu t'en es wenfuy par une gabe (tromperie) qu'on t'o donné i> à entendre. Tu meismes porteras la punicion de » la honte que tu mets sus à mon cousin le conte^ » qui ne me feroit faulle , ce sais-je bten , j)our » souffrir mort. Et mescreiroie plustost tous cëulx » de mon royaulme à peine que ly tout seul. Par ' » Saine t-€reorge ! tu en seras mis en prison, et » eu arasa souffrir , si tu es trouvé en bourde. »
Or fit le roy nfonter à cheval prestement un sien eseuyer , pour aller enquérir en toute haste de cestui affaire et comme les choses alloient. Si vint cest eseuyer jusqu'où estoit ce comte, lequel il cuidoit estre bon et confiable. El de fait vint aborder à ly tout à l'ombre de bonne foi , et ly dit les nou-
i. De Monta igu.
2l4 CHRONIQUE (i4<59)
velles^qu^e le roy avoit oyes; mes ne les voloit croire ; et pourtant venoit savoir comment il en estoit. cf Saint George, dbt le comte alors, tous #> estes venu pour savoir démon corrage ; mes vous » n'en porterez point les nouvelles à vostre Edouard; » vous demorerez ici; » et làfust détenu prisonnier ^ et n*ot loisir de retourner, car ne lui fut point souffert. Si s'argua Edouard en son long retour , et ne sa voit point son empeichement ; et par argu fit
monter à cheval arrière un nommé * homme et
seigneur d'autorité , et l'envoya jà seconde fois sur l'autre le premier pour oyr vraies nouvelles ; et vint icellui , comme le premier avoit fait, aborder pleinement jusquesau dit comte, qui arrière leretinl prisonnier, etàplusgrant joie encore que l'autre, car estait pour en tirer grant finance. Si lui fut le retéur arrière empeiehé pour avertir le roy Edouard ; car ne tendoit-on qu'à le prendre au despourveu ; et tousjours marchoient avant cestes gens cy à intencion de venir le surprendre. Et Edouard , voyant que nul ne retournoit vers ly, et tout esbahy de ceste manière de faire, envoya la lierche fois arrière diverse gens à force pour savoir et pour enquerre ; et iceux sans aller hien !oing et sans grandement tarder , vindrent corrans et afiuyans à priemes vers Edouard, et lui dirent comment les choses alloient, et ique s'il netrou-
i. La^cune^
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voit manière de soi sauver, et bientost, il estoit ou mort ou pris.