LA MORT DE MONSIEUR
troupes avec des cacIeneUes ou paresseuses comme les femmes en portaient pour s'éviter la peine de friser leurs cheveux », mais de divers autres « portraits )) que nous laissèrent les contemporains nous extrairons — les ayant réservés pour l'appendice de cette anecdote — quelques traits caractéristiques à « ces amours étranges » et ce « goût abominable » dont parle Saint-Simon ; ilscommenteront, tout naturellement, cette phrase de VOEU de bœuj : « Une suite de vices déshonorants qui ne justifient point mais qui autorisent l'indifTérence avec laquelle sa famille le voit mourir. »
« ...Il était beau et bien fait, mais d'une beauté et d'une taille plus convenable à une princesse qu'à un prince ; aussi, avail-il plus songé à faire admirer sa beauté de tout le monde qu'à s'en servir pour se faire aimer des femmes. » Mme de Lafayette, Histoire d" Henriette (V Angleterre — « 11 y a dans cette île des plaisirs une cour galante où l'on peut bien faire des conquêtes. Le beau Lycidas en est le chef, vous n'ignorez pas qu'il est celui que l'on appelle partout le poli, le galant, l'agréable, le magnifique Lycidas. La Carte de la Cour. » — « ...Son regard est fier et gracieux, son teint d'une blancheur et d'une vivacité qui montrent la force et la vigueur de son tempérament. Pour la bouche, on ne peut la mieux louer pour sa forme et pour sa grandeur qu'en disant qu'elle est tout à fait semblable à celle de la reine, puisque la bouche de cette merveilleuse princesse n'eut jamais sa pareille et que la beauté qu'on y
remarque est au-dessous de tout ce qu'on peut dii-e. Le rire de Monsieur est agréable, il ne montre point ses dents en riant, ce qui est extraordinaire et parfaitement bien, quoiqu'il les ait blanches. Enfin rien n'est si beau, ni si bien fait, ni si agréable que ce grand prince. Portrait par Mlle de Montpensier ». — « La tendresse que M. le duc d'Orléans porte au chevalier de Lorraine est si grande que parfois, avec des larmes d'attendrissement, et aussi d'allégresse, on l'a vu s'affliger ou se féliciter de la situation acquise par lui auprès du roi son frère. ...Le chevalier de Lorraine donne la direction qui lui plaît et lui agrée à la Cour de Monsieur, et il y entretient une confusion si visible que Madame s'y trouve méprisée, et, en comparaison, peu ou point considérée de son mari et qu'elle a subi de temps en temps des dégoûts secrets très graves. Relation de l'ambassadeur vénitien, i683. » — « ...Monsieur, frère unique du roi, a plusieurs favoris, mais celui qui dispose absolument de sa volonté est le chevalier de Lorraine, homme audacieux, intéressé, adonné aux jouissances et au luxe... Relation de l'ambassadeurvénitien, 1688. » — « ...Le commerce des dames n'était pas celui qui le touchait le plus », s'inquiélant fort peu de la galanterie ordinaire... Caractères de la Coar, 1702. » — « ...Monsieur avait les deux tiers de la hauteur de son frère, c'est-à-dire de fort petite taille, mais très grosse. Il portait une perruque noire ; son nez et le vermeil artificiel de ses joues dérobaient presque le reste de son visage... Jamais