‹ Chroniques de l'Oeil-de-Boeuf, des petits appartements de la cour et des salons de Paris sous Louis XIV, la Régence, Louis XV, et Louis XVI (volume 2)Chapitre 2 sur 91 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

qui a recouvert la plupart des autres : c'est celui que nous réimprimons, les Chroniques de l'OEil-de-Bœuf, qui parurent de. 1829 à 1833, en huit volumes in-8% sous le nom fictif de la comtesse douairière de B***. (Elles ont pour suite et complément les Réverbères^ chroniques de nuit du vieux et du nouveau Paris, 1833-34, 6 vol. in-8\) Les Chroîiiques de l'OEil-de- Bœuf s'étendent du règne de Louis XIII à celui de Louis XVI, au lendemain de la prise de la Bastille. L'auteur fait des recherches dans les Mémoires si nombreux des époques qu'il décrit, mais en attachant peut-être plus d'importance aux inventions quelque peu romanesques des Sandras de Gourtilz et autres écrivains aux gages des libraires de Hollande, au xvif siècle, qu'aux récits plus dignes de foi de M"° de Montpensier, de Saint-Simon, de Dangeau, etc. Les Chroniques de l'OEii-de-Bœuf, qui ont à peu près les mêmes sources que les romans « historiques » d'Alexandre Dumas, ne sont pas indignes d'entrer, sous quelques rapports, en comparaison avec ces derniers : elles n'ont peut-être pas tout leur « diable au corps » et leur panache héroïque, mais la narration est limpide et parfois entraînante; elles renferment en somme de nombreuses parties qui suffisent à l'intérêt de l'ensemble. Il ne faut pas oublier, en lisant ce livre, que ïouchard- Lafosse, devenu adolescent sous la Révolution, professa toute sa vie des opinions libérales et démocratiques qu'il se plut à afficher dans tous ses ouvrages, et dans celui-ci au moins autant que dans les autres ; en décrivant l'ancien régime, en parlant du duc

AVERTISSEMENT lit

(l'Orléans, par exemple, il a des intentions de satire à l'adresse du règne de Louis-Pliilippe, qu'il n'aime ni comme homme, ni comme roi. Ces épigrammes plus ou moins déguisées ajoutent à la lecture un léger piment qui est de nature à chatouiller la curiosité du lecteur prévenu. En un mot, bien des mérites font des Chroniques de V Œil- de-Bœuf un livre intéressant et digne d'être lu, et nous ne doutons pas que la réimpression actuelle ne leur assure un regain de cette popularité qu'elles ont connue à un si haut degré lors de leur apparition.

NOTICE SUR TOUCHAIID-IAFOSSE

L'auteur dont nous réimprimons les deux principaux ouvrages, a laissé dans les lettres la plus honorable réputation ; néanmoins, il faut le dire, il ne jouit pas de toute la popularité qui serait due à la variété et à l'importance de ses travaux. C'est un de ces rares écrivains qui ont eu constamment pour but de joindre à la grâce de la forme Il solidité du fond, d'amuser, d'instruire et d'éclairer à la lois.

Touchard-Lafosse, né le 5 août 1780 à la Châtre, dans le département de la Sarthe, appartenait à une famille de négociants qui avait une maison à Paris et une succursale à Londres. Ce fut dans cette dernière ville qu'il commença S3n éducation. Il vint ensuite au collège de Pont-Levoy (Loir-et-Cher), que dirigeait alors Dom Chapotin, un des derniers représentants delà savante congrégation des bénédictins de Saint Maur. Il acheva ses études à Paris et se préparait à y suivre les cours de l'école de médecine ; mais le désir de voir et l'humeur inquiète l'entraînèrent dans les rangs de l'armée, et il alla faire son apprentissage militaire sur le champ de bataille de Marengo.

Après la paix d'Amiens, en 1803, Touchard-Lafosse fut investi d'une fonction administrative à Bourges, et comme il avait beaucoup de loisirs dans ce morne chef-lieu du Berry, il les employa à la création d'un journal intitulé le Propagateur et destiné, comme l'indique le titre, à répandre le goût de la littérature et des sciences.

La guerre arracha Touchard-Lafosse au journalisme.

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