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diait en cachette un succulent souper fortement humecté de vieux médoc. Le pauvre homme, se laissant à l'occasion égarer par l'esprit tentateur, courtisait chemin faisant les servantes tourangelles, blaisoises ou orléanaises lorsqu'elles lui semblaient accortes et gentilles. Le ministre savait pertinemment que tant qu'il resterait au gros bénéficiaire de tels éléments de consolation il serait difficile de le punir, même en l'emprisonnant : •« Il n'y a porte si bien close» « avait coutume de dire Boisrobert, qui ne laisse passer < le plaisir et la bonne humeur tant qu'il y a des flacons « pleins au logis. » Son Eminence voulait pourtant infliger une pénitence à son bouffon, quoiqu'il l'amusât quelquefois et qu'il fît souvent des madrigaux au profit de la galanterie cardinale. Richelieu n'imputait pas à l'abbé le principal tort de l'échec matrimonial subi par sa nièce, mais il se croyait du moins fondé à lui reprocher de s'être trop légèrement abandonné aux promesses de Monsieur et d'avoir ainsi laissé endormir la ruse de son patron. Or, le ministre voulait rarement voir impunies les fautes de ses subordonnés. Après une longue recherche animée par la malice, l'homme d'Etat s'arrêta à certain projet de réforme dans les coutumes religieuses tendant à faire revenir le clergé à l'exacte observance des continences et surtout de la chasteté. Ce plan fut soumis secrètement au nonce Barberini, qui l'approuva de tout point au nom du pape; et, sans que personne s'y fût le moins du monde attendu, il parut un beau matin un édit, dûment enregistré au palais, qui renfermait la gent ecclésiastique, tondue ou tonsurée, dans un cercle de règles inflexibles. Les abbés courtisans, dont plusieurs portaient le panache et Tépée, tandis que des prê très mercenaires chantaient la messe pour eux, jetèrent les. hauts cris à l'aspect d'un arrêt si fatal, mais personne n'en fut plus vivement affeclé que Boisrobert. L'édit le garrottait cruellement, car l'honnête bénéficiaire avait le malheur d'être faillible sur les quatre points cardinaux de la faiblesse humaine : le vin, la bonne chère, les femmes, et le jeu.
Tout enclin à la vengeance que fût le cardinal, il faut
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pourtant avouer qu'il n'aurait pas fait uno mauvaise loi pour lo plaisir do so venger; parmi trop d'ambition» coupaMcs, Itichelicu nourrissait le noble désir do laisser après lui do bonnes institutions. Ledit réformateur des mcrurs religieuses, que hAla peut-être la malice do son auteur, était dès longtemps sollicité par un relâchement scandaleux de tout ce qui tenait à l'flgliae. Le clergé vivait encore, à quelque hypocrisie près, sous la bénigne sauvegarde d'un édit de Louis le Gros, qui permettait aux prêtres d'avoir des concubines, pour assurer, disait-il, leur continence, à condition qu'ils ne tiendraient point une femme et un bénéfice à la fois. Cette latitude ecclésiastique, d'ailleurs nettement expliquée au concile de Sens en 1269, n'avait point été négligée : la fornication sacerdotale allait paisiblement son train sans exciter les censures de Rome. Non seulement les prêtres entretenaient des maîtresses, mais ils se faisaient honneur de les entretenir magnifiquement et montaient sans scrupule à l'autel au sortir de leurs bras. Au milieu d'un tel relâchement, les religieuses ne pouvaient guère demeurer chastes sous la direction de leurs confesseurs: elles devenaient assez communément leurs favorites. D'autres préféraient l'épée au froc. Tous les mémoires publiés sous le règne de Henri IV mentionnent les amours de ce prince avec l'abbesse de Montmartre, dont l'exemple fut mis promptement à profil par toutes les jeunes nonnes du monastère. Ce commerce galant devint tel vers la fin du siège de Paris, que la commode abbaye était comptée parmi les magasins de l'armée.
Sous Louis XIII, la dégénérescence morale du clergé ne se ralentit point ; on pouvait plutôt craindre que sa progression ne devînt plus rapide. Richelieu essaya de l'arrêter. L'édit nouveau portait surtout des punitions sévères contre les prêtres qui favoriseraient les intrigues galantes dans les églises, ainsi que cela se pratiquait journellement. Les chapelles furent mieux éclairées, les confessionnaux moins isolés, les chaires à prêcher fermées à clef. On épura eu même temps les vitraux de certaines images fort licencieuses bien qu'elles fussent empruntées à la Genèse, livre
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beaucoup plus saint que décent. Par exemple on cessa de voir, à Saint-Germain-l'Auxerrois, la Madeleine ayant sa robe levée bien au-dessus du genou devant un batelier prêt à user de grandes licences avec elle, scène au-dessus de laquelle une main prévoyante avait écrit pour plus de clarté : « Comment la sainte offrit son corps au pontonnier « pour acquitter son passage. »
Après s'être vengé de ses ennemis les plus puissants et les plus habiles, Richelieu voulut se mettre à l'abri de leurs tentatives futures contre sasûreté, contre sa vie même, disait-il en s'appuyant sur le document faux qu'il avait glissé dans la procédure de Nantes. Il se fit accorder par le roi la permission d'entretenir à son service particulier une compagnie de gardes, distinction qu'aucun ministre n'avait encore obtenue.
Dans la même année, le maréchal d'Ornano, prisonnier à Vincennes, et qui, malheureusement pour lui, n'avait pas une garde de sûreté, mais des gardiens malveillants, mourut des suites d'une rétention d'urine. Ce fut du moins ce que l'on constata sur les registres du château ; mais la mort de ce brave ofllcier fut trop prompte, trop imprévue pour sembler naturelle. Un crime encore s'attacha à la renommée du cardinal, et peu de personnes crurent qu'il ne dût pas en rendre compte à Dieu.
Ornano était tendrement attaché à Gaston. Ce prince perdait en lui un ami sûr, un conseiller vertueux qui l'eût détourné des intrigues aventureuses oiîSon Altesse se laissa entraîner sans honneur durant la moitié de sa vie. Léger, insouciant, sans inclinations méchantes, mais aussi sans qualités recommandables. Monsieur donna cependant quelques larmes au guide affectionné de son enfance; peut-être se rappela-t-il tardivement que si, la veille de son mariage, il se fût montré prince l'espace d'une heure devant un roi assez faible pour souffrir le joug de son ministre, il eût certainement intimidé le cardinal avec d'autant plus de facilité qu'il était engagé dans une voie plus criminelle. Alors, et cette idée traversa sans doute la pensée de Gaston^ la liberté d'Ornano et des princes de Vendôme pou-
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vuit âtro obtenue; alors l'ôchafuud do l'infortuiio (ihaluis» croulait au moindre elTort sérieux de son royal protecteur. Mais, tristement prédestiné, le frère do Louis XIII, sans être jamais criminel, devait vouer au malheur, au supplie» SCS plus /.clés serviteurs : c'est ainsi que chez les f,'rand»,la faiblesse cl rin-rxiluliou no sont guère moins funestes que le crime.
Un évomMiKMil },'liiri(uix pour Gaston vint le distraire promptement du chagrin que lui causait la perte de son ami : Madame fut déclarée grosse, et la France conçut l'espoir d'obtenir un prince qui pût lui tenir lieu de Dauphin. La princesse eut dès lors beaucoup de crédit sur l'esprit de son mari et sur celui de la reine mère. Mais Louis XIII vit, à partir de cette époque, sa belle-sœur avec un chagrin réel, qu'il ne se mit point en peine de dissimuler. Anne d'Autriche, non moins touchée, mais plus patiente, gémissait dans son intérieur et mouillait d'un déluge de larmes les lettres qu'elle écrivait à sa chère Marie. Toutes les réponses de l'exilée pouvaient se résumer ainsi : « Ce qu'on appelle communément la vertu d'une femme doit être subordonné sur le trône à des nécessités d'un ordre supérieur. Que deviennent vos scrupules, en présence d'un événement qui, le roi venant à manquer, vous ferait redescendre parmi les sujets? Pensez-vous que la fureur jalouse de Louis XIII elle-même eût subsisté si elle se fût éclairée à temps de la crainte de voir un rejeton produit par une tige cadette ? Croyez-moi, reine de France, n'oubliez plus, à Voccasion, de si grandes considérations ; et si vous ne retrouvez pas l'insignifiante tendresse du roi, vous ressaisirez, ce qui vaut mieux, votre dignité, votre rang. » La surintendante ne perdait jamais de vue ces arguments plus politiques que moraux : elle y revenait comme Caton le censeur au conseil de détruire Garthage.
Cependant Madame, quoique simple et modeste, faisait parade de son ventre dans les appartements du Louvre, Chacun lui portait ses vœux, ses hommages, ses acclamations. Le prince son époux avait plus de courtisans que le roi: ces agiles tournesols s'inclinaient vers le soleil levant.
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On fondait de grandes espérances sur cette maison d'Orléans, qui, cette fois et tant d'autres ensuite, devait tenir bien peu de ce qu'elle promettait sans mesure. Ce n'était pas toutefois par ses vertus que Monsieur acquérait des partisans : aussi libre qu'avant son mariage, il continuait ses orgies avec les vauriens, jouait en désespéré et s'abandonnait au plus effréné libertinage. Sa femme, douée d'une longanimité peu commune, ne se bornait pas à fermer les yeux sur les travers du prince : quand il avait perdu tout son argent au jeu, elle lui donnait le sien ; et, chose plus rare en ménage, dès que l'excellente princesse lui voyait quelque penchant pour une femme, elle s'efforçait de la lui procurer. La cour fut de tout temps un pays d'exceptions.
La grossesse de Madame était célébrée par de nombreuses fêtes. Les échevins de Paris se disposaient à en donner une, lorsque ce projet excita la colère jalouse de LouisXIIL Outré d'avoir à jouer le second rôle dans cette réjouissance, il voulut la faire défendre. Richelieu, mieux inspiré, lui conseilla de s'en emparer. En conséquence le ministre dicta sur-le-champ la lettre suivante :
« Monsieur le prévôt des marchands de notre bonne « ville de Paris, nous avons fait la résolution d'aller dan- •« ser notre ballet en l'hôtel de ville le vingt-cinquième de •c février de la présente année 1627; ayez donc à donner « ordre aux préparatifs nécessaires et à mander toutes les ■« plus belles dames et de conditions relevées, que nous « voulons honorer de cette action. »
En reportant ainsi le bal à un temps assez éloigné, époque à laquelle la grossesse avancée de Madame ne lui permettrait peut-être plus d'y assister, l'avisé ministre changeait complètement le but de cette fête. Louis XIII, et non le duc d'Orléans, en devenait le héros. Richelieu se plut un moment à sourire de sa malicieuse finesse.
Vers le 10 février, MM. de Valletot, lieutenant civil, et de Lassy, prévôt des marchands, songèrent aux préparatifs à faire pour les réjouissances ajournées au 25 du même mois : quelques détails sur leurs dispositions nuanceront d'une couleur contemporaine le tableau que nous traçons.
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Los échovjns ayunl fail venir l'épicier de la ville, lui commaiidèrenl une faraude quantité de gros flambeaux blancs, pour être mis dans de hauts chandeliers, semblables à ceux que nous no voyons plus aujourd'hui que sur les autels ; il dut en préparer aussi de plus petits, destinés à garnir les lustres de cuivre doré pendus aux plafonds des salles, chambres, galeries et bureaux. Le mémo épicier eut à fournir trois cents livres de confitures diverses, pour les collations du roi, des princes, seigneurs, masques et autres personnes. Dans le môme temps, un menuisier confectionnait les chandeliers et plaques de murailles propres à recevoir les llambcaux : travail que notre siècle fastueux confie à l'orfèvre, ou tout au moins à l'élégant bronzier.
La veille du mardi gras, jour fixé pour le bal, les magistrats firent venir la veuve Groisier, cuisinière, qui se chargea de faire le festin. Il est probable qu'en 16*27 la veuve Croisier était un cordon bleu fort renommé à Paris, mais on est frappé de la distance qui existe entre cette notabilité culinaire et nos orgueilleux chefs du faubourg Saint- Germain. Le 25, M. de Lacoste, enseigne des gardes du corps, s'étant rendu chez le prévôt, se fit remettre les clefs de toutes les portes de l'hôtel, que les gardes occupèrent à l'instant ; précaution qui ne témoignait pas que Sa Majesté eût une grande confiance dans les autorités de sa bonne ville de Paris.
Les invités commencèrent à arriver vers cinq heures du soir : douze cents femmes prirent place successivement sur des amphithéâtres ; les flambeaux furent allumés, et la beauté parut éclatante d'attraits, de parure, de pierreries. Toute la nuit s'écoula sans que l'on dansât, quoique les vingt violons de la ville sonnassent. Les dames, voulant voir à leur aise le roi quand il arriverait, refusèrent de quitter leurs gradins; et l'espace fut seulement parcouru par une foule épaisse de cavaliers, qui, selon leurs inclinations, lançaient des œillades aux belles, assises les unes au-dessus des autres, autour de la salle.
On eût voulu deviner ce que ces charmantes convives se communiquaient à l'oreille sur la bonne ou mauvaise
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mine desgentilhommes, bourgeois, poètes, clercs, commis et autres acteurs qui s'offraient en spectacle à elles, tandis qu'elles-mêmes en étaient un pour eux. Ce monde bigarré, au-dessus duquel on voyait se balancer un parterre de panaches, présentait le plus singulier mélange de dignité, d'élégance, d'audace et de gaucherie : incohérence qu'achevaient de caractériser la macédoine de couleurs qui papillotait aux yeux, et le pot-pourri de parfums qui saisissait l'odorat. Chaque cavalier faisait valoir à sa manière son manteau, son pourpoint, surtout son haut-dechausse étroit, si la nature obligeante avait placé dessous des formes que pût faire ressortir ce vêtement indiscret. Les rubans incarnats, les collets de point, les passements d'or et d'argent, les bottes blanches bordées de dentelle, jouaient, comme on le pense bien, des rôles importants dans cette cohue élégante, et la longue rapière ornée d'un nœud brodé n'y était pas négligée.
Pour le ton, il consistait, au bal de l'hôtel de ville comme ailleurs, à relever sa moustache, soit avec deux doigts, soit avec le bout d'une baguette mince et haute, que l'on portait partout, ou bien encore à affiler délicatement sa royale ; le tout en blasphémant à chaque mot ; en jurant par sa naissance, son patron, sa belle, ses exploits ; en persiflant sans pitié les femmes qui s'efforçaient de plaire sans être en leur jour, c'est-à-dire qui s'y prenaient gauchement.
Ce fut au milieu d'une compagnie ainsi caractérisée que la cour arriva masquée, vers quatre heures du matin, et bientôt on annonça le roi. Alors le prévôt des marchands et les échevins, couverts de leurs robes, en dépit de la mascarade, allèrent au-devant du monarque précédés des sergents de ville, également en robes, et portant des flambeaux blancs. Louis XIII ayant été conduit immédiatement dans le cabinet du prévôt des marchands, y prit sa chemise et son déguisement, tandis que Monsieur se couvrait du sien dans la chambre du greffier. Tous les princes qui devaient danser avec Sa Majesté s'habillaient en diverses pièces disposées pour eux ; et les violons de la ville
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liiciit placo h ootix du roi, qui so prironi aussitôt à $on~ lier liî hallol. A cinq heures du m.itin, I^ouis XIll, habillé on mnpicicn, comme Ica on/.c scif^ncurs do sa suite, entra dans la salle, et dansa au milieu d'eux lo branle des sorciers, arrangé par un Italien dont le nom pourra bien ne pas arriver à la postérité. Après ce ballet, que la compagnie avait admiré dans un silence respectueux, le roi et les f,'ran(ls qui l'accompafînaient dansèrent avec des dames qu'ils choisirent sur l'amphithéâtre : car, ainsi que Richelieu s'en était fort bien avisé, Madame, parvenue aux derniers temps de sa grossesse, n'avait pu se rendre à la fête ; et la reine, qui s'était excusée d'y aller, rêvait, dans la douce chaleur du lit, au bal d'Amiens, tandis que Louis combattait un moment ses ennuis habituels à celui des magistrats parisiens.
A sept heures, le roi fut conduit dans la salle du festin; il y mangea debout et fort longtemps, disent les annales contemporaines, des viandes et du poisson. Sa Majesté ayant enfin cessé de faire honneur à la partie solide du repas, fut menée vers une table sur laquelle étaient rangées les confitures, recouvertes de deux nappes, qu'on enleva fort adroitement. Frappé de la belle disposition des friandises offertes à sa vue, Louis XIII s'éloigna un peu et s'écria : Que t^oilà qui est beau ! Après ce premier élan d'admiration friande, le monarque choisit trois boîtes de confitures ; tout aussitôt, les princes, seigneurs, gentilshommes et pages se jetèrent sur le surplus. En une minute, le tout fut pris, dissipé, renversé à terre, foulé aux pieds; ce à quoi Sa Majesté prit un singulier plaisir, que les échevins partagèrent faiblement.
Le festin étant terminé avec ce ton de plaisanterie gracieuse, le roi se disposa à quitter l'hôtel de ville sans dépouiller sa mascarade. Le prévôt des marchands, les échevins et le greffier, toujours en robes au milieu des masques illustres, conduisirent Sa Majesté jusqu'au perron. Lorsqu'elle y arriva, les canons et boîtes de la ville commencèrent à tirer ; ce qui fit éprouver une grande satisfaction au monarque. Il resta longtemps sur les de-
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grés, montrant son costume cabalistique à une foule immense qui remplissait la Grève. On cria Vive le roi ! avec de grandes démonstrations de joie ; les chapeaux sautèrent en l'air; les mouchoirs furent agités aux croisées ; et pourtant chacun savait bien que le magicien célébré de la sorte n'était pas un grand sorcier.
Sur toute la route que le roi parcourut pour retourner au Louvre, on voyait, encore allumées aux fenêtres, des lanternes en papier huilé de diverses couleurs ; illumination prescrite aux quarteniers, et exécutée sous peine d'amende. Alors, comme aujourd'hui, le peuple se réjouissait, par ordre, à la gloire de ses souverains.
Pendant que Louis XIII dansait à l'hôtel de ville et s'égayait d'un pillage de confitures, le cardinal veillait aussi, mais un peu plus utilement. Son Eminence, pensive, courbée sur son bureau, à minuit, entre deux flambeaux de cire blanche, étendait quelquefois ses mains refroidies vers une cheminée dans laquelle brillait un énorme brasier. Le grand politique jetait en ce moment le premier plan d'une campagne devenue inévitable. Une escadre imposante armait dans les ports d'Angleterre, pour aller au secours des Rochelais révoltés ; on savait déjà qu'elle mettrait à la voile au printemps, et le cardinal était informé par ses agents secrets que Buckingham devait la commander. Richelieu avait prévu cet événement : il ne pouvait manquer de suivre le refus d'admettre l'amoureux Anglais à la cour du Louvre. Cependant tout impolitique qu'avait semblé ce refus au ministre français, il ne le blâmait pas précisément. Il est vrai que si les souverains exigent d'ordinaire que les intérêts publics ne gênent en rien leurs goûts particuliers, à plus forte raison peuvent-ils répugner à faire au bien de l'État le sacrifice de leur propre femme. Pour être roi on ne cesse pas d'être mari, et même, à l'occasion, mari jaloux. Il était donc évident que la France aurait bientôt à soutenir une guerre redoutable ; que le sang de deux peuples braves allait couler ; que les trésors formés du produit de leurs sueurs allaient être épuisés peut-être ; et cela parce
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qu'un ministre fjalant n'avait pas eu le temps de laiHger refroidir son amour aux pieds d'une belle rcinc
La favorite exilée voyait avec plaisir les proférés de l'orage, et tout se réunissait pour lui faire désirer qu'il frappAt son propre pays. Outre qu'elle était liée par le saufï au duc do Rohan, chef des calvinistes révoltés, elle se llatlait qu'une campagne malheureuse renverserait enfin le colosse qui pesait sur la France, vengerait la reine outragée, et qu'elle-même, rentrée en grâce, prodiguerait à souhait ses dédains à son ennemi vaincu. Mais des vœux n'étaient pas assez pour l'esprit inquiet de la duchesse : il lui fallait de l'activité, une intrigue à conduire, des séductions à exercer. Lasse de la vie languissamment oisive qu'elle menait dans son château, bien qu'elle s'y fût ménagé certaines consolations galantes, cette femme aux conceptions fécondes quitta le royaume, et se rendit en Lorraine. L'idée de ce voyage était une inspiration politique : M""» de Chevreuse savait que le duc régnant, blessé des liens dont Richelieu l'avait garrotté, attendait impatiemment qu'un ennemi formidable se déclarât contre Louis XIII, pour joindre ses armes à celles de cette puissance. Arrivée à la cour de Nancy, Marie s'attira facilement les bonnes grâces du prince, et ne lui épargna point les siennes. Son Altesse, enivrée comme tous les hommes qui soupiraient pour cette autre Armide, lui promit tout ce qu'elle voulut. Philippe IV, irrité des traitements rigoureux que Louis XIII faisait subira sa sœur, chancelait alors dans l'alliance du Louvre ; ce fut particulièrement vers ce monarque mécontent que l'intrigante duchesse tourna ses vues. Anne d'Autriche, dirigée par sa favorite, s'ouvrit au marquis de Mirbel, ambassadeur espagnol à Paris, des projets belliqueux du prince de Lorraine, et ce diplomate promit d'y faire accéder sa cour. Tandis qu'il y travaillait, la reine formait des vœux ardents pour la réussite des Anglais, moins peut-être parce que Buckingham devait commander leur expédition, que dans l'espérance de voir enfin tomber le despote sacré. Telle était la direction que M""^ de Chevreuse donnait
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aux idées d'une princesse humiliée : les faiblesses de l'amour étaient ainsi voilées par un juste ressentiment, et Sa Majesté pouvait, jusqu'à un certain point, être excusée. Cependant un mouvement de troupes considérable s'opérait vers la Rochelle. Richelieu, que Buckingham avait prévenu dans les préparatifs de la guerre, le devança promptement par les résultats : des forces rassurante» occupaient le pays d'Aunis avant que la flotte anglaise parût sur nos côtes de l'Ouest. Toutefois, cet appareil martial n'était pas encore assez complet pour que Louis XIII, qui voulait commander l'armée en personne, pût s'y rendre immédiatement; le cardinal proposa au roi d'en donner à Gaston le commandement provisoire.
— Y pensez-vous, mon cousin, s'écria Sa Majesté, puisje donc compter sur mon frère?
— Non, sans doute, sire, et c'est précisément parce que vous le prenez en juste défiance qu'il faut le mettre à la tête de votre armée.
— Monsieur le cardinal, vous devriez savoir que je me complais peu en la raillerie.
— Eh I bon Dieu, sire, qui songerait à railler en de si grands intérêts? Voici ma pensée : Monsieur, dans le temps que son épouse va donner le jour à un enfant qui sera peut-être l'héritier du trône, ne resterait pas sans danger à Paris, lorsque vous serez retenu par la guerre à l'extrémité du royaume.
— Non, sans doute.
— Il faut l'éloigner de la capitale, mais adextrement, et sans lui laisser prendre l'idée qu'on le redoute. Or il y aura bonne politique à faire élection de sa personne pour une ombre de commandement supérieur, sous l'attentive tutelle des maréchaux de Bassompierre et de Schomberg... Ce faisant, Votre Majesté tiendra Monsieur surveillé, bien plutôt que surveillant, à la tête de l'armée, poursuivit le ministre avec son âpre sourire, il sera plus sûrement gardé à ce poste que dans le donjon du bois de Vincennes; j'en fais mon affaire d'adoption.
— Oui, par saint Louis! je comprends à cette heure
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votre plun, mon cousin, faisons partir suns rotardcmenl GuBlon.
— Devant son départ, continua Hichulicu après un instant de méditation, cl plus osscnliellemciit aux approches des couches do Madame, ne laissons pas d'obliger Son Altesse à vous prêter foi et hommaf,'e comme duc d'Orléans. Au temps où nous sommes, les serments lient quelque peu vainement les hommes forts en pensées et résolutions; mais je connais la portée de Monsieur : ce moyen est bon avec lui.
— Hmployons-le dès demain, et que Marillac en dresse la formule.
— Messire de Marillac, répondit sèchement le cardinal, assistera au serment : c'est l'office de sa robe d'y être présente. Pour ce qui est de l'acte, il doit appartenir à un dévouement plus sûr d'en combiner les expressions... Je vais m'en occuper.
Le jour suivant, après avoir entendu la messe Louis XIII s'étant rendu dans le cabinet de la reine mère, reçut son frère en présence de cette princesse, venue du Luxembourg sur l'avis de Richelieu. Nous conservons ici le texte littéral du procès-verbal dressé en cette occasion.
« Le huitième jour de mai, le roi étant à Paris, eu son « château du Louvre, dans le cabinet de la reine mère, € assisté de MM. le cardinal de Richelieu, de Marillac, « garde des sceaux, et de Schomberg, maréchal de France; « les sieurs de la Ville-aux-Clercs et de Beauclair, secré- « taires des commandements, présents ; Sa Majesté étant « assise dans sa chaise, couverte de son manteau, le cha- « peau sur la tète, un carreau de velours à ses pieds ; « Monsieur s'est présenté devant Sa Majesté, et là, sans « épée ni éperons, mondit sieur le maréchal de Schom- « berg a pris le chapeau du prince, qui s'est mis en devoir « de s'agenouiller sur ledit carreau : de quoi il a été em- « péché par Sa Majesté, combien qu'il en ait fait très ■« grande instance. Lors le roi ayant ôté son chapeau et « icelui remis aussitôt, mondit seigneur joignant les
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« mains, et Sa Majesté les ayant prises entre les siennes, « mondit sieur le garde des sceaux a dit :
« Monseigneur, vous rendez au roi, notre souverain sei- « gneur, la foi et hommage que vous lui devez à cause « des duchés-pairies d'Orléans et de Chartres et du comté « de Blois, leurs appartenances et dépendances, que vous « tenez en apanage de Sa Majesté, et relevez d'elle à cause « de sa couronne. Vous promettez et jurez à Sa Majesté « toute la fidélité, obéissance et service qu'un bon et « fidèle vassal doit à son seigneur, envers et contre tous, « sans aucun excepter, et de ne permettre qu'en l'éten- « due desdits duchés et comté, ni par les sujets de Sa Ma- « jesté en iceux, il soit fait aucune chose contre le service « de Sadite Majesté; comme aussi de conserver ses droits « en tout et partout : ainsi le jurez et promettez.
« Monsieur a répondu : Oui, et de bon cœur; lors le « roi l'a embrassé et baisé. »
Le soir même, Madame fut prise des douleurs de l'enfantement : à cette nouvelle, Louis XIII se retira dans le cabinet des armes, son refuge ordinaire quand il tombait en son humeur sombre. Le roi était livré depuis environ deux heures à de noires réflexions, lorsque le cardinal, entr'ouvrant la porte, lança dans le cabinet une parole qui fit bondir Sa Majesté sur son fauteuil.
— Sire, c'est une princesse ! s'écria Richelieu d'un accent animé.
— Gloire soit faite à Dieu ! dit le monarque avec transport en courant à son ministre, qu'il embrassa.
— Oui, sire, car de ce jour Gaston cesse d'être redoutable, le père de Louise d'Orléans rentre dans la foule des sujets .
— Besoin est que nous sachions l'y maintenir avec des bras de fer, un prince peut venir au jour après Mademoiselle... Qnand vous êtes entré, je songeais aux détestables suites d'un tel événement. Mon esprit, en fouillant les ténèbres de l'avenir, »e faisait l'image des conséquences fatales entraînées par l'infécondité de mon lit... J'avais là, devant ma vue, poursuivit le roi, dont le regard était
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lixo ol ha},Mr(l, j'avais une lifjiiéc noml)rouHe de princCM de lu niaisoM d'Orlùaiis... Ils rù^Miaieiil, mon couaïu... 11m ro^'iiaioiit...
— Lu joio du poiipiti on étail-ellc plus (grande?
— Ils avaienl été salués par reiilhousiusme... mais ils ne paraissaient touchés que du soiu do régner... et voua suvo/., mon cousin, ajouta Louis XIII avec son triste sourire, vous savez co que c'est que de régner...
— A merveille, sire, et je no saurais manquer d'en déduire résolument que la France ne se portera jamais d'un pas au-devant de celte branche cadette que vous avez en appréhension. Toutes les nations de la terre sont expérimentées, croye/.-moi, des allures moutonnes que prennent les races nouvellement régnantes: l'histoire est pleine des promesses et serments qu'elles ont faits de n'avoir pour agréable que le bonheur des peuples ; mais il ne faut pas tourner le feuillet.
— Allons nous-en voir Madame, dit le roi en se levant; et le cardinal l'accompagna chez cette princesse.
Quelques jours après l'accouchement de son épouse, le duc d'Orléans, père peu satisfait, parti pour la Rochelle ; et la mort de Madame, mal rétablie d'une couche laborieuse, ne tarda pas à faire évanouir les espérances d'hérédité souveraine que cet événement avait fait concevoir. Monsieur regretta peu cette princesse, digne d'un meilleur sort et d'un meilleur époux.
Le prince avait établi son quartier général dans la plaine d'Estrée, d'où, selon les ordres exprès du souverain, il se bornait à observer la Rochelle, lorsque les habitants de Cette ville aperçurent, du haut de leurs remparts, la flotte anglaise qui venait les secourir. L'Océan fut soudain couvert de vaisseaux grands et petits ; dans les airs s'agitèrent mille pavillons, se déployant au souffle de la brise pour montrer l'écusson éclatant de l'Angleterre, tandis qu'à la cime des mâts les flammes, plus légères, ondulaient en serpentant avec grâce sur un ciel d'azur. Cette escadre, commandée par le superbe Buckingham, offrait un appareil galant peu compatible avec les nécessités de la guerre:
le costume élégant des officiers, les délicatesses de la table, les musiques placées sur les vaisseaux, tout semblait plutôt disposé pour uae suite de fêtes que pour la succession de combats meurtriers à laquelle on devait s'attendre. Le généralissime portait un habit magnifique ; sa riche épée pendait à un baudrier sur lequel il alFectait de montrer le chiffre d'Anne d'Autriche en lettres de diamants. Dans les repas somptueux qui se succédaient à son bord, à la vue de nos côtes, le duc parlait presque toujours en amoureux, rarement en guerrier ; et s'il s'entretenait quelquefois des hostilités, ce n'était qu'avec l'arrogance passionnée d'un rodomont qui voyait dans les faveurs de la reine le prix d'une victoire assurée. Informés de ces galanteries, nos jeunes officiers surnommèrent l'armée britannique la flotle de Ciéopâtre ; mais le favori <lu trop confiant Charles I""" prouva bientôt qu'il n'était ni un Antoine ni un César.
Les troupes françaises réunies à l'île de Ré, encore peu en mesure de la défendre tout entière, durent laisser Buckingham opérer une descente sur ce point, et se renfermèrent dans Saint-Martin. Si le siège eût été poussé avec vigueur dans ce premier moment, la place, mal armée, pourvue d'une garnison trop faible, pouvait être enlevée facilement. L'armée royale, inquiétée alors sous les murs de la Rochelle par un ennemi si voisin, n'eût continué le blocus qu'avec une extrême difficulté ; il est présumable même qu'elle eût été forcée d'y renoncer. Une fourberie, dont Richelieu seul était capable, prévint cette extrémité: c'est peut-être le trait le plus marqué du caractère de cet homme d'Etat astucieux.
Avant même que les troupes anglaises fussent débarquées, le cardinal savait que leurs premiers efforts seraient dirigés sur l'île de Ré; les plus simples notions de tactique l'indiquaient. Or Son Eminence sentait que tous ses projets sur la Rochelle étaient renversés si le port de Saint- Martin tombait au pouvoir des ennemis. Malheureusement on ne se trouvait point en état d'y porter secours; il fallait dix jours au cardinal pour être rendu avec le roi au
CHRONIQUES DE l'oKIL-DE-BOKUP 277
camp (l'Kslr^'o, muni do toules los resBourccs qui munquaiout oiicon; à l'urméc. Lo principal ministre, qui no consultait ^uère Louis XIIl touchant les intérêts de T^^tat, eut néanmoins une conférence avec lui dans cette occurrence (lolicate : rentrolien fut lonj; et animé. Il venait de finii-, lorscjuiî la reine, retirée comme do coutume dans la chambre des bain», et rêvant avec mélancolie aux lueurs rapides de son bonheur évanoui, entendit gratter timidement à sa porte. Sur son injonction, on entra ; et Sa Majesté, avec une surprise inexprimable, vit le cardinal... le cardinal, son terrible ennemi, qui ne s'était pas approché d'elle depuis six mois.
— Je supplie Votre Majesté, dit-il respectueusement, de ne point se tenir olîensée si je suis entré en son cabinet devant que de m'être fait annoncer; mais il est de nécessité que j'entretienne ma souveraine seule, et maintes fois l'on ne saurait éloigner entièrement les serviteurs appelés dans une rencontre capable de piquer leur curiosité.
— Je n'imagine pas, monsieur, que nous ayons aucune chose sérieuse à traiter ensemble, biilbutia Anne d'Autriche avec un ton mêlé de fierté et de vive émotion.
— Je supplie Votre Majesté de m'ouïr, et ses idées pourront changer.
— J'écoute, monsieur, répondit la reine en montrant au cardinal un siège, qu'il prit.
— Je ne dissiperai pas des moments précieux à convaincre Votre Majesté que je ne me suis jamais porté contre elle aux mauvais offices qu'on s'est plu à me prêter : je me bornerai à répéter, de l'accent du cœur, que je n'ai laissé en aucun temps d'avoir plaisir et envie de travailler à votre bonheur. Si, en ce qui touche ce point, j'ai pu faire voir dans ma conduite quelque action qui ne fût pas recommandable, mes sentiments étaient hélas 1 bien éloignés de la haine. Mais vous étiez alors livrée aux conseils d'une femme artificieuse qui a mis grandement votre repos en compromis, et ces conseils ont entraîné Votre Majesté en d'extrêmes afflictions. Oui, madame, j'ose vous le dire la main sur cette croix que je porte en
commémoration du sacrifice de mon Sauveur, j'ai donné une preuve signalée de mon attachement à ma souveraine lorsque j'ai cessé de défendre M""" de Ghevreuse des trop justes soupçons du roi. Me voici en ce cabinet pour un sujet où mon dévouement ne paraîtra pas moins, car je viens vous offrir l'occasion tout assurée de rentrer dans les bonnes grâces et affections de votre auguste époux.
— Ah! parlez, monsieur le cardinal, parlez.
— Une formidable armée aux ordres de M. de Buckingham est débarquée à l'île de Ré; elle se porte contre la ville et forteresse de Saint-Martin, qui ne saurait encore se défendre ; et si cette place tombe aux mains des Anglais, de grands malheurs ne manqueront pas d'être la suite de cette capture. Les calvinistes de la Rochelle lèveront la tête, ils entreront en liaison avec ceux de Montauban, du Languedoc, des Cévennes ; et ces pratiques, soutenues par les étrangers, ne pourront qu'elles ne causent un grand dommage à la couronne du roi.
— Qu'entends-je ?
— Une appréhension qui me paraît avoir trop de fondement; mais il est au pouvoir de Votre Majesté d'y donner remède.
— Moi, monsieur le cardinal ?
— Vous-même, madame. Que Votre Majesté daigne prendre le soin de lire ce billet du roi mon maître.
Alors Richelieu tendit un papier à la reine, qui l'ouvrit avec empressement, et lut ces mots : « Remettez à notre « cousin le cardinal de Richelieu une lettre de votre main « pour le duc de Buckingham; c'est notre volonté qu'il « vous fasse cette demande, et si vous satisfaites sur ce « point notre désir, nous pouvons oublier de trop justes •« sujets de ressentiment.
« Louis. »
— En vérité, monsieur, je ne sais que penser du contenu de ce billet. Le duc de Buckingham a pu concevoir dans son âme des espérances audacieuses au temps de son séjour en France : il ne m'était pas donné de lui faire quitter ces