PATER
« Notre père qui êtes assis sur le trône des Français, que cette révolution soit heureuse pour le raffermir, pour la gloire de votre nom, par la durée de votre règne, pour l'exécution de votre volonté toujours soumise aux lois. Assurez-nous nos propriétés, vengez nous des offenses qu'on nous a faites jusqu'ici en abusant de votre nom et de votre autorité; ne nous exposez plus à la puissance des nobles ; mais délivrez-nous-en tout-à-fait.
« Ainsi soit-il. »
Celte étrange messe, presque littéralement traduite de fragments de livres saints, continua ainsi sur un ton de gravité plutôt menaçant que grotesque j la foule écoutait avec des sourires sombres, de brèves exclamations de colère et des applaudissements rapidement
comprimés. Quant à moi, je suivais, surpris et intéressé tout à la fois, ce pamphlet moitié chrétien et moitié philosophique; véritable œuvre d'un Breton qui laissait pendre un bout de son chapelet sous sa carmagnole révolutionnaire, et adorait ses nouvelles idoles avec les mêmes cérémonies et les mêmes instruments de culte que les anciennes. Quand le jeune homme qui lisait eut fini, je m'approchai, et lui demandai quel était l'auteur de cet écrit \ il me tendit une brochure qu'il tenait à la main ; c'était la