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2. Louis de Brézé, comte de Maulevrier, baron du Bec-Crespin et de Mauny, seigneur d'Aurricher et de Nogent-le-Roi, maréchal h('rétlitaire de Normandie, grand sénéchal du pays, pensionnaire du roi (K. 78, n» 8 ; fr. 22276; fr. 26107, 194 ; fr. 26106, n' 5, etc.). Son tombeau se trouve, comme on sait, dans la cathédrale de Rouen.
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quatre cens hommes d'armes : lesquelz, sur le point de quatre heures après mydi, aporterent contre ledit bastion pons et eschelles a tous costez et amenèrent grant nombre de pyonniers pour combler les fossez. Le Roy estoit au logys de messire Charles d'Amboise, avecques les seigneurs de sa suyte et grant compaignye de dames, actendant Teure de Tassault dudit bastyon; et, pendant ce, le Roy commainda aporter le sopper. Et, ainsi que le premier service se faisoit, les trompettes du bastyon et des assaillans sonnèrent a Testandart et a l'assault. Ce faict, sans plus actendre, le Roy se leva de table, et toutes les dames, en lessant le soupper, pour courir voir assaillir et deffendre ledit bastyon, et le Roy, ainsi levé, avecques les gentishommes et dames qui la estoyent, s*en alla ou estoit le bruyt. Ainsi demeurèrent tables couvertes de vyandes, et buffectz garnys de vaisselle d'argent et de bons vins a foison : la estoyent plusieurs mordans, qui, des le matin jusques a celle heure, avoyent esté leans, pour seullement vouloir voir le combat, dont aucuns avoyent bon appétit; et eulx, voyant que chascun avoit lessé le soupper, prindrent leurs places et se misrent a despescher viandes, si a point que en ung moment ne demeura que les nappes deschargées et vaisselle vuyde; puys se torchèrent le bec et coururent au bastyon, qui fut assailly moult rudement et deffendu a toute force. Premièrement assaillirent une tour, nommée la tour d'Auvergne; et la, a grans coups de basions embourez et a tail d'espée, d'ung costé et d'autre longuement se bâtirent, et tant que les basions embourez furent tous rompus et couppez, dont grans fourches, grosses perches et
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levyers furent mys en besoigne. Messire Loys de Brezé, voyant que sans eschelles ne feroyent riens, les fist dresser et combler les fossez : la se misrent gens d'armes a monter de toutes pars, et ceuU du dedans, a tout leurs fourches et levyers, les reposserent contrebas, en leurs gectant grans seaulx d'eau et cercles attachez Tung a l'autre, et coups a toutes mains sur eulx, lesquelz assailloyent a grant effort; mais a la longue furent moult foulez et batus de ceulx d'amont, qui grant avantaige avoyent. Touteffoys, lorsqu'i levoyent leur visière, pour regarder a bas, pour prendre alaine, ceulx d'en bas leur gectoyent grans pellées de terre moillée contre le visaige ; et a coups de perches rompues et grous boutz de boys leur donnoyent la ou ilz les pou voyant trouver au descouvert, tant que plusieurs en blecerent. Et ainsi se commaincerent a picquer, tant que le bout de leurs espées s'approchèrent contre les gorges : et est a pencer que, s'il se fussent peu joindre, que mortellement se fussent batus.
Messire Jacques de Chabanes, seigneur de la Palixe, qui estoit a l'autre tour, voyant ceulx d'embas fouller et eulx revencher a l'oustrance, leur manda que, s'ilz vouloyent aller assaillir la tour qu'il gardoit, que luy et ses gens ne la deffendroyent que a coups de bastons embourrez : lesquelz ne voulurent, mais n'entendoyent que a charger ceulx qui les avoyent repossez. La estoyent les capitaines d'embas tous ennoirciz et barbouillez de fange, pour l'eau que ceulx d'amont gectoyent dedans les fossez : messire Mercure, qui estoit a bas, avecques aucuns de ses Albanoys, tous armez a blanc, s'essoya maintes foys de monter; mais.
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par oeulx de dessus, fut tousjours rué bas et tant batu de coups de baston qu'il ne savoit a qui le dire, mais il soustint moult grant faix. Les gentishommes de la bende de messire Loys de Brezé estoyent tousjours a Fassault, qui a coups de perches chei^eoyent les dessus 9 tellement que plusieurs de leurs espées et basions firent voiler des mains a bas^ Messire Robert Stuart ne desempara jamais le pié du bastyon, ou la donna et receupt maint pesant coup. Les Ëscossoys de sa bende sM portèrent très a point et maintes foys s'essayèrent de monter : mais tousjours ceulx de dessus les repossoyent. La soustindrent plus de deux heures l'assault, et tant que d'ung costé et d'autre le Roy leur commanda reprendre alaine. Qui lors eut du vin mist le nés a la bouteille.
Et puySy de rechief, fut sonné ung autre assault, ou fut apporté ung pont sur roes, de la haulteur dudit bastyon, et a force de gens approché contre ledit baslyon près a combatre main a main, ou dessus montèrent XX hommes d'armes, des gentishommes de la bende de messire Loys de Brayzé et des ëscossoys de messire Robert Stuart, lesquelz marchèrent jusques sur le bort du pont et comaincerent a combatre main a main, a coups d'espée. Et la fut ung ëscossoys, qui mist le pié sur le bort du bastyon, cuydant entrer. Mais ceulx du dedans, a grous leviers et longues perches, les reposserent et chargèrent sur eulx et sur leur pont, tellement que, pour le faix de ceulx qui estoyent dessus et les coups que ceulx du dedans donnoyent, la moytié de celuy pont tumba par terre et ceulx qui estoyent sur celle part, lesquelz au cheoir s'aftbllerent. Sur l'autre partye dudit pont, demeurèrent deux escos-
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soys, moult gaillarshommeSy lesquelz n'abaDdonDerent le bort du bastion, mais la, sur ceulx du dedans, a grans coups d'espée frappoyent au deSesperé, sans vouloir jamais reculer; et la receurent tant de coups de groux bâtons, et mesmement par aucuns desarmez qui ruoyent coups au délivre, que iceubc escossoys furent estonnez, lesquelz ne pouvoyent estre secourus, pour ce que ledit pont estoit rompu, ou nul autre ne pouvoit monter; mais, pour ce, ne desmarchoyent ung pas ; et si en y avoit ung d'iceulx, après qu'il estoit estonné et hors d'alayne, se couchoit sur le pont, et, lorsqu'il avoit repris alaine, recomainçoit l'assault et chargeoit de plus en plus fort; et ainsi le fist par tant de foys qu'il eut a la parfin d'ung levier sur la teste, en manière qu'il fut assommé et emporté a son logis, ou celle nuyt le cerveau luy tumba par le nez, et mourut, dont fut dommage. L'autre, son compaignon, tout estonné, fut mys a bas. Les autres de leurs compaignons, a grans perches, chargeoyent a tour de bras sur ceulx d'amont, et, comme courroucez du mal de leursdits compaignons, advisoyent ceulx du dedans au descouvert ; entre autres, en choisirent ung qui avoit le chief desarmé, auquel ung escossoys donna si a droict d'une longue perche qu'il avoit que le sang luy fist couler de la teste sur le visage. Et, ce faict, ceulx d'amont recomaincerent a charger embas et gecler grosses tronces de boys, barres et planchons et ce qu'ilz pouvoyent. Mais ceulx d'embas estoyent tousjours bendez a trouver leurs gens au descouverl, dont en blecerent plusieurs, et tous au visage, entre autres le conte de Poinctievre, messire Jehan de Bessé, gruyer de Bourgoigne, Pierre de Balsac,
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baron d'Entraigues^ et tout plain d'autres, dont je n'ay soeu les noms. Mais, voyant le Roy que ses gens se batoyent ainsi a Toustrance, envoya ses archiers pour les faire départir, ce que ne peurent : dont luy mesmes descendit de son eschaffault et les alla départir a grant peine. Car ja tant s'estoyent picquez et esmeuz que ceulx qui se pouvoyent toucher se mectoyent les espées contre les gorges ; et croy que, si entre eulx n'eust eu barrière, que telle chose eust esté entre eulx exploictée, que le Roy y eust eu plus de perte que de plaisir; mais, par son commandement, tout fut cessé.
D'UNG TOURNOY ET COMBAT TENU LORS A MiLLAN PAR MESSIRE GALEAS DE SAINCT SeVERIN ET AUTRES LOMBARS AVECQUES LUY.
Hessire Galeas de Sainct Severin, grant escuyer de France, avecques vii autres lombars, furent prestz de tenir le pas en la place du chasteau de Millan, ou estoyent faictes les lices, et ordonnée la place du combat et la actendre tous venans en la manière que par les articles dessusdits est contenu : ou se trouvèrent des françoys grant nombre, desquelz furent Gaston conte de Foix, nepveu du Roy, Guy seigneur de Laval, le jeune Candalle, Françoys de Maugiron, Jehan de Chandieu, Guillaume de la Hite^, Loys Ler-
\. Sénéchal d'Agenois.
2. Guillaume Ducos, seigneur de la Hite, nommé ensuite commandant de l'artillerie à Gènes.
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mite^ et tout plain d'autres gentishommes de la maison du Roy et hommes d'armes des compagnies de delà les mons ; ausi se trouva sur les rangz Jehan Guillerme, marquis de Monferrat, et d'autres lombars grosse roupie ; lesquelz commaincerent a ouvrir le pas, sur le commaincement du moys de jung ; et la coururent a quatre courses de lance a fer esmoulu. Des premiers coururent Gaston conte de Foix, lequel rompit, aux quatres cources premières, troys de ses lances. Le marquys de Monferrat courut ausi, lequel fut servi de quatre grosses lances, painctes de rouge, et courut moult rudement et droict, tellement qu'il rompit son boys ; et a la tierce course plya son tenant jusques sur la cruppe de son cheval et a peu qu'il n'allast par terre. Les autres ausi coururent, chascun ses quatre courses, et la v° hors lice, ou furent rompus boys a toutes mains ; puys combatirent a l'espée, ou furent donnez plusieurs grans coups.
Le Roy estoit la présent en son eschaffault; lequel, après que les combateurs avoyent faict leur devoir, les faisoit départir. Les dames a plains eschaffaulx y estoyent aussi, tant gorgiases que c'estoit une droicte fayerye.
Dix jours entiers durèrent les joxtes et combatz : ou fut l'ung jour combatu en lice, a cource de lance et fer esmoulu; l'autre en harnoys de joxte, a lances a rochet, et l'autre a la barrière, ou les tenans eurent quatre aydes pour la première foys et la combatirent a ung gect de lance, et a la picque de Suyce, et a
1 . Ou Lhermite, fils du fameux Tristan Lhermite, prévôt des maréchaux de Louis XL
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Tespée d'estoc et de taile ; puys combatirent sans barrière, a la picque et espée de tail et a la hache sans barrière, et puis a l'espée a deux mains. La furent faictes armes a merveilles; chascun s'effbrçoit de faire tout ce qu'il pouvoit.
Messire Galeas, des tenans, combatit très bien a cheval, a l'espée ; le marquys de Monferrat rompit la force de lances. Le conte de Foix, jeune prince, fut moult prisé et loué de ses coups de lance, dont en rompit plusieurs. Ausi fut le sire de Laval. Le cheval du s' de Gandalle eut d'une lance au travers du col, ce qui enuya moult a son maistre, car ledit cheval estoit fort puissant, moult viste et très a la main et sondit maistre bon chevaucheur. Ung des françoys, assaillant, nommé Loys Lermite, eut, a Tune des courses, d'une lance au travers de l'espauUe, dont en emporta le transon et fut fort blecé.
A la barrière et aux combatz de pié, eut grans armes faictes. Et la, entre autres, firent merveilles deux françoys, nommez Jehan de Ghandiou, hommes d'armes de la compaignye du conte de Ravestain, et Guillaume de la Hyte, l'ung des archiers de la garde de la bende de messire Gabriel de La Ghastre ; et tant que, a l'ung des combatz de l'espée a deux mains, celuy de Ghandiou, jeune, grant et puissant a merveilles, se trouva au combat contre messire Galeas de Sainct Se vérin, tenant le pas et bien puissant et adroict chevalier : lesquelz, a grans coups d'espée a deux mains se chargèrent rudement, et tant que chascun fut loué en ses faictz; mais, a la parfin, celuy Ghandiou haulsa si pesant coup d'espée sur la teste dudit messire Galeas, en tirant le coup a soy, qu'il le mist des mains en IV 21
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terre, et, comme il voulu8t recouvrer pour Taterrer, le Roy dist : c Ho! >• Dont s'arresta celuy Ghandiou.
A la picque combatirent après, ou ledit Ghandieu fist merveilles; ausi estoit il puissant a Tavaotaige. Au combat de la picque, furent plusieurs Fraoçoys aux coups départir, entre autres ledit Guillaume de la Hyte, lequel adressa a ung lombart, des tenans, bien puissant et homme adroict, lesquelz, a coups de picque, percèrent en plusieurs lieux leurs harnoys a jour et jucques au sang ; tant en fut que celuy de la Hite donna tant de coups de picque au lombart, et si menu, que a la parfin le respossa tout le travers de la place, en le menant bâtant jusques au bas de Teschaffault du Roy : de quoy ses compaignons n'estoyent bien contens, car il estoit Tung des myeulx estimez de leur bende. Mais autre chose n'en fut, si n'est que le Roy, voyant celuy lombart en tel party, leur imposa la paix.
Ung autre combat fut faict a la hache par les tenans. Messire Galeas, qui tenoit le pas, voyant luy et ses tenans ainsi oultrez, mist en place ung des plus puissans et adroictz hommes de Lombardye, et le meilleur joueur de la hache, qui plusieurs foys avoit faict armes, comme se disoit. Le Roy voulut que Guillaume de la Hyte, bon joueur de hache et très puissant, luy fust mys en barbe, lequel fut la amené par son capitaine, accompaigné d'archiers de la garde, a grosse puissance. Le duc de Bourbon, le conte de Vandosme et autres princes, avecques les capitaines des gentishommes et gardes, estoyent tous a cheval, au dedans des lices, pour icelles garder et depa[r] tir les combatans, lorsqu'il plairoit au Roy. Le Roy estoit a son eschaf-
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fault avecques grande noblece. Les dames et tout plain de seigneurs françoys et lombars estoyent la pour veoir le combat de ses deux champions : tenans les aucuns pour le lombart et les autres pour le françoys, qui estoyent deus hommes de belle taille, jeunes et verdz. Que fut ce? lorsque iceulx furent en place, trompettes et gros tabourins comaincerent a sonner; et, lorsque les deux champions marchèrent Tung contre Tautre, comme deux lyons, leurs haches d'armes au poing et de première advenue, ruèrent grans coups et pesans, en continuant longuement. Le lombart estoit moult bon jouheur de hache et avoit tousjours Tueil a la marche de son homme, pour le vouloir prendre a pié levé ; de quoy se donnoit très bien garde le françoys, en ruant tousjours coups sur le lombart, qui bien se couvroit : toutesfoys on n'oioit que coups sur le harnoys de Tung et de Tautre. Le Roy estoit la qui regardoit ruer les coups, ou prenoit grant plaisir, car ilz se batoyent a toute outrance. Les dames pareillement avoyent la leur passe temps, dont plusieurs, pour Tonneur de la nation, eussent bien voulu que le lombart eust eu du meilleur. Et, lorsque le lombart donnoit quelque bon coup, les autres monstroyent chère joyeuse ; et, quant le françoys, qui frappoit a coups pesans, ruoit sur son homme, iceulx lombars estraignoyent les dens et faisoyent macte chère. Plus d'une heure dura celuy combat, que on ne sa voit qui auroit du meilleur; et tant se donnèrent de coups que plusieurs pièces de leur harnoys furent percées et desclouées. Que diray je plus? ainsi que chascun des combatans mectoit dilligence de mectre son homme a oultrance, le fransoys advisa son coup et de toute sa force embarre la
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hache a deux mains et la rua droict sur la teste du lombart, de telle force que tout plat s'en va par terre ; en manière que, au cheoir, les pièces de son batecu luy renversèrent sur le dos, tellement qu'il eut le derrière tout descouvert. Et, voyant le françoys son lombart ainsi tumbé, et qu'il mectoit peine a se reliever, luy voulut donner ung autre coup, pour le macter du tout : ce que le Roy ne voulut, mais les fist départir par les gardes des lices. Et, voyant le Roy et autres seigneurs estans la les armes des deux champions et le grant coup que avoit donné celuy françoys au lombart, extimerent grandement la valleur des deux et plus celle du vaincueur, combien que autres lombars n'en fussent bien contans^
Ainsi s'estoyent continuez les combatz et tournoys dedans la ville de Millan, et tant que, aux courses des lances mesmement, plusieurs furent blecés, et le plus au rompre des lances, qui furent froissées a droict la pongnée : dont furent blecez en la main dextre le marquis de Monferrat, Françoys de Maugiron, Jehan de Ghandiou et tout plain d'autres. La furent faictes, par les Françoys et Lombars, armes très louables, sans autre bruyt que de toute joyeuse entreprise et amyables combatz.
Toutes ses belles choses mises a chief, les dames venues la se disposèrent en aller; mais, premier, le Roy leur dist qu'il leur vouloit faire son banquet, ce qui ancores les aresta.
En ce mesmes temps, vint a Millan le cardinal
1. « Gueres de gens n'ont veu faire de plus belles armes a plaisance que celles la furent » (Saint-Gelais).
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Saincte Praxede^, que le pape avoit envoyé légat en Lombardye^. Au devant de luy envoya le Roy le cardinal d'Amboise, légat en France, les cardinaulx de Ferrare, de Bouloigne, de Saint Severin, de Glermont, de Final, de la Trimoille, de Prye et d'Albi, le duc d'Alençon, le duc de Bourbon, le duc de Savoye, le duc de Longueville, le conte de Yandosme, le conte de Foix, et grande suyte d'autres princes et seigneurs et gentishommes de sa maison et de prelatz, Tarcevesque de Sens, Tarcevesque d'Aiz, Tevesque de Paris, Fevesque de Perigueulx^, Tevesque de Suessons*, l'evesque de Lodeve^, Fevesque de Mar-
i. Antoniotto Pallavicini, patricien génois, évoque de Palestrina depuis 1503, créé cardinal en 1489 par Innocent VIII au titre de Sainte- Anastasie, qu'il échangea ensuite contre celui de Sainte- Praxède, protecteur de Savoie en cour de Rome (ms. lat. 5164, fol. 332, 362), etc., était un génois, ardent ennemi des Vénitiens, comme Jules II. Sanuto cite de lui un mot typique : lorsque la prise de Modon par les Turcs vint ébranler la puissance vénitienne et retentir douloureusement dans toute la chrétienté, Sainte-Praxède s'écria : « Enfin, les Génois vont pouvoir commencer ! » Il accompagnait en dernier lieu Jules II à Bologne (Sanuto, VI, 495). Jules II, en l'envoyant comme légat à Savone, espérait se tenir au courant des événements et travailler à la ligue contre Venise. Mais Louis XII, mécontent du pape et de ses sympathies trop avouées pour les Génois, tint strictement le légat à récart. Les Vénitiens l'accusèrent d'avoir voulu s'entremettre entre les Génois et les Français et d'y avoir échoué (Sanuto, VII, 133), mais rien no confirme cette imputation fort invraisemblable.
2. Sur cet envoi, v. Paris de Grassis (v. ms. lat. 5165, fol. 329).