Antoine du Four
2. Antoine Bohier, cousin germain d'Antoine Duprat, abbé de Fécamp et de Saint -Ouen de Rouen, de la famille financière des Bohier. Le 11 novembre 1503, à Lyon, le roi lui fait donner 1,000 livres (Tit. orig., Bohier, n* 20).
3. Sous un poêle de damas blanc (Sanuto, VII, 98). A chaque entrée, le légat gardait le poêle et le donnait à ses gens (v. le Journal de son voyage, rédigé par le maître des cérémonies Baldassar Nicolai, de Viterbe, aux Archives du Vatican, reg. Pio 61, fol. 117 V" et suiv., analysé dans notre ouvrage la Diplomatie au temps de Machiavel, t. II, p. 161 et suiv.). C'est sans doute ce qui fait dire ironiquement par Jean d'Auton : son poêle.
4. « Qui feyt toutes les congratulations que ceulx de cesto nation la ont bien accoustumé de faire aux princes qui ont la tbrco entre leurs mains, » dit 8aint-Gelais.
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€ Gristianissime magesté et invictissime Roy, nostf e souverain seigneur, en ensuyvant les honnorables faictz et œuvres immortelles de voz feuz prédécesseurs, vivans ores en mémoire et en gestes reluysans, mesmement des triumphans Roys, qui jadis par plusieurs foys secoururent et remirent sus le Sainct Siège apostolicque, et grandes victoires obtindrent contre les Lombars, que par armes submirent, comme le Roy Desiderius, Roy des Lombars, ennemy de l'Eglize, que le preux Roy Charlemaine vainquit en bataille mortelle et enmena prisonnier en France, et autres faictz très recomandables ; vous, sire, comme imictateur de leurs biensfaictz, en adjoxtant a iceulx titres de glorieuse renomée, avez par armes submys les Lombars et par deux foys a force conquestez, et les orguilleux Gennevoys en bataille vaincus et domptez, qui onques par autres n'avoyent estez abbatus ne soumarchez; et, par la force inmoderée de vostre redoublé excercite, avez toutes les Italles soumises, desquelles choses nous nous rejoissons et louons Dieu, comme très eureulx d'estre soubz la main et en la seigneurie de tant excellant seigneur et si redoubté prince; en suppliant très humblement vostre christianissime magesté que vostre bon plaisir soit d'avoir tousjours pour recommandé nostre colliege et congregacion, ou a présent sont cinquante docteurs en l'art de médecine. »
Ce dit, le Roy dist a maistre Jehan Ponchier, evesque de Paris, qui la cstoit présent, l'intencion et substance de sa responce; lequel Ponchier leur dist en latin le vouloir du Roy, qui se rcjoissoit de leur bonne visitacion et qui moult agréable avoit le hault et bon exceVcice de médecine, et que tousjours les
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auroit pour recomandez, en reoognoissant leur graut savoir, seure expérience et bonne fidélité.
Hainctes bonnes chères et joieulx passetemps furent lors faictz a Hillan, ou cfaascun s'efforçoit de faire a qui myeulx myeulx; et, pour cloure le pas, le Roy fist son banquet après les autres, et ordonna faire la feste dedans la Roquecte du chastéau, ou les princes et les cardinaulx, avecques toutes les daines de feste qui la estoyent, se trouvèrent. Le Roy s'efforça de festyer les dames, lesquelles pour luy complaire firent si bonne chère qu'elles burent d'autant et a toutes mains.
Apres soupper, les dances vindrent en place, ou le Roy mesmes voulut dancer, qui très bien s'en savoit ayder ; toutesfoys ne dança guère ; et, comme fut dit, il dança la marquise de Mantoue, belle dame a merveilles, et puys fist dancer les princes et seigneurs qui la estoyent, voire les cardinaulx de Nerbonne et de Sainct Severin, et aucuns autres, qui s'en aquiterent comme ilz sceurent.
Apres les dances, le Roy, pour donner nouveau plaisir aux dames, envoya quérir ses lucteurs, entre autres deux, dont l'ung estoit breton, et des someilliers de sa chappelle, l'autre estoit ung nommé Ollivier, des gentishommes du duc de Callabre, lesquelz estoyent les meilleurs et les plus fors luyteurs qu'on sceust trouver nulle part ; et la, devant le Roy et les dames, se donnèrent actrapes, trousses et grans saulx. Tant d'autres plaisans deduys et divers esbas furent la faictz que ce fut merveilles, et tout a Tonneur du Roy et au plaisir de dames, lesquelles, les unes bien maries de desemparer si tost, et les autres bien joyeuses de la veue de tant de belles choses, prindrent
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congé du Roy et s'en allèrent a leur hostelz, ou, longs jours après, tindrent entre elles parolles desdites choses.
Entre ses bonnes chieres et banquetz, le cardinal de Ferrare, arcevesque de MillanS fist le sien dedans son logys de Millan, ou furent conviez le cardinal d'Âmboise, de Nerbonne, de Saint Severin, de la Trimoille et les autres qui estoyent lors a Millan, et la servys et entretenus honnorablement. Et tantost après ce, le cardinal de la Trimoille^ fut griefvement malade, et tant que dedans huyt jours après il mourut. Dont plusieurs en parlèrent comme ilz voulurent, sans dire pourtant que a ce banquet eust trop mengé de saulce; mais, toutesfoys, s'il eust esté servy par la main de ses bons serviteurs, myeulx a l'aventure s'en fusl trouvé. On dit voluntiers qu'il ne fut oncqu[e]s si bonne feste ou il n'y eust quelqun mal digne ^.
Gommant le Roy catholique Ferrand, Roy d'Arra-
GON, ESTANT A NAPLES, MANDA AU ROY QU'iL S'en VOULOIT ALLER EN SONDIT PAYS d'ArRAGON, ET QUE TRES VOLUNTIERS LE VOIRROIT EN PASSANT, S'iL ESTOIT SON PLAISIR.
Le catholique Roy Ferrand d'Arragon, estant lors en