‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 119 sur 183 · Beau-frère de Ludovic le More · texte numérisé non relu

Beau-frère de Ludovic le More

2. Jean de la Trémoille, frère de Louis, archevêque d'Auch, évêque de Poitiers, titulaire de 50,000 livres de béuéfices, récemment fait cardinal.

3. Jean Boucliet, à portée d être bien renseigné, attribue simplement sa mort à une lièvre < continue. » Son cœur fut laissé

330 GHRONIQUBS DE LOUIB XH. [Juin f507

son Royaume de Naples avecques sa femme, Anne {sic) Germaine de Foix, nyepce du Roy, sachant tout au vray les honnorables victoires obtenues par le Roy et les louables triumphes, dist qu'il s*en vouloit aller en son pays d'Espaigne, et qu'il s'en iroit par mer ou luy failloit passer par le plus court et assez près des pays du Roy en mer; sur quoy advisa et se délibéra de veoir le Roy a la passée, non seullement pour l'envye qu'il a voit de le voir, mais pour craincte qu'il avoit de sa puissance, qui lors occupoit la mer et la terre par ou il luy failloit passer ; par quoy luy envoya messages audit lieu de Millan et lectres contenant comment il estoit sur son parlement pour s'en aller en ses pays d'Espaigne, et qu'il desiroit surtout a le veoir et parler a luy a Gennes ou a Savonne ou en quelque autre lieu qu'il luy plairoit. De quoy le Roy fut très joyeulx, disant ausdits messagiers que, s'il venoit, qu'il s'essayeroit de le recueillir honnorablement et le trecter a plaisir, et que le très bien fust il venu ; et, au surplus, penceroit le lieu plus a main et pour l'aise dudit Roy d'Arragon; ce qu'il fist, concluant que a Savonne, ville sur port de mer, de sa seigneurie de Gennes, le recevroit, et que la parleroint ensemble; et, des lors, envoya Gaston, conte de Foix, frère de la Royne d'Arragon, avecques luy James Tinfent de Foix, et autres seigneurs de France pour aller au devant dudit Roy d'Arragon et accompaigner le conte de Foix, auquel dist le Roy : « Allez vous embarcher a Savonne et prenez galleres et brigandins

î\ Milan, daus l'éf^^lisc des Frères Mineurs, et sou corps riipp(»r(è à Thoiiars.

Juiû 4507] GOMMANT LE ROY CATHOLIQUE FERRAND, ETC. 331

pour VOUS meuer jusques la, ou sera le Roy d'Ârragon, et luy dictes que audit lieu de Savonne me trouvera lorsque je sauray sa venue, et me mandez incontinent par voz cursoires toutes nouvelles, et le plus tost que pourez. > Ce dit, le conte de Foix et ses gens s'en allèrent embarcher et se misrent sur mer, tirant vers le chemin ou pençoyent passer le Roy d'Arragon. Âpres qu'ilz eurent navigué deux journées, le conte de Foix, qui estoit bien jeune et n'avoit accostumé la marine, se sentit malade de fîeuvres ; par quoy falut prendre terre et se reposer quelque temps, et ce pendant envoya cursoires en mer pour savoir si ledit d'Ârragon estoit prest, lesquelz sceurent que tantost monteroit en mer, et que, vers la feste de sainct Jehan Baptiste, seroit a Savonne, ou le Roy luy avoit ja mandé qu'il se trouveroit.

Le Roy envoya ausi a Savonne ung des mareschaulx des logis, nommé Anthoyne de Pierrepont, dit d'ArizoUes^ avecques partye des fourriers, auquel commanda expressément loger ledit Roy d'Arragon dedans son chasteau de Savonne, ou avoit très beau logis et fort, assix sur la mer d'ung costé, et d'autre avoit le domme et la ville, ouquel failloit monter par une droicte montée et assez haulte. Ausi voulut que les gens dudit Roy d'Arragon fussent myeulx logez que les siens propres, et, actcndu que, sans sauf conduyt, oustaiges ne autre seureté que de sa bonne fyence et vraye fidélité, il se mectoit franchement entre ses mains et en sa seigneurie et dangier, voulut et ordonna

1. D'Arizolles mourut en 1510 ambassadeur eu Aufileterro (cf. La Mure, Histoire (.Un ducs de Bourbon, III, 220) .

332 CHRONIQUES DE LOUIS Xn. [Juin 1507

qu'il fust honnouré, logé et trecté tout ainsi ou myeulx que sa personne, et, a ceste cause, transmist a Savonne deux de ses maistres d'ostelz, nommez l'ung d'iceulx Jehan Guerin, seigneur de Golumbiers, et messire Rigault Doreille, chevalier, seigneur de Villeneuve*, ausquelz commanda aller audit lieu de Savonne pour la faire le préparatoire et appareil de toutes choses nécessaires pour recueillir, trecter et festyer ledit Roy d'Arragon ; ausi envoya avecques lesdits maistres d'ostelz partye de ses officiers pour les servir en cest affaire; lesquelz firent telle dilligence que, tout a coup, eurent vins de Languedoc, de Gorse, de Provence et autres, a plaines caves et celiers, et telle provision de vollaile, comme pouletz, pigeons, cailles, tourtres et autres gibier que, en actendant ledit Roy d'Arragon, plus de mille et cinq cens pièces se perdirent, combien qu'il eussent grandes salles et greniers et autres lieux a ce propices pour nourir ledit gibier. Pareillement les cytadins de Savonne apresterent les choses nécessaires et ordonnèrent leur affaire pour recevoir le Roy et ledit Roy d'Arragon, disant que plus d'honneur ne si haulte gloire sauroint jamais avoir que d'avoir dedans leur ville l'onneur des Roys terriens et les plus puissans princes du monde.

Le Roy des Romains , ennemy du Roy et envyeulx de sa prospérité, estoit lors aux Allemaignes, bien courrocé de la prise de Gennes et fort dolant de la gloire des Françoys, disant que ancores, s'il peult, leur donnera ung allarme, et, pour ce faire, fist asavoir a tous les électeurs de l'Empire et a tous les

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