‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 137 sur 183 · D'AUCUNES COURSES ET PRISES, ETC · texte numérisé non relu

D'AUCUNES COURSES ET PRISES, ETC

gens aux gardes, comme faisant manière de reprandre alaine; et, affin que les Flamans ne se doubtassent de rinconvenient, fist tenir partye* ses gens armez aux deffences et faire bonne myne. Lesqueulx Flamans, qui plus n'en pouvoyent et n'actendoyent fors l'eure de leur prise, voyant cesser Tassault, ne furent oncques si aises, et tout a coup tournèrent poupe, et se mirent a la fuyte si tost que en peu d'eure leur navire fut hors la veue des Françoys, lesqueulx ne coururent après, mais a toute dilligence vuyderent Teau de leur navire et estoupperent la passée ; ce qui leur fut de saison, car, si de ce ne se fussent lors advisez, ung cart d'eure après s'en alloyent au fons de la mer. Toutesfoys, comme il pleut a Fortune, escheverent ce danger et passèrent ce péril sans eulx vouloir arester, pour Tempeschement de ce destour, pensant une autre foys avoir meilleur adventure et plus eureuse encontre; si dirent que, pour la trouver, ancores chercheroyent divers pays et voyes lontaignes, mais adviserent que leurs navires estoyent fort empirez de coups d*artillerye et desnuez d'équipage, et que besoing leur estoit, premier que entrer plus avant en mer, les faire equipper et radouber.

Et, sur ce propos, mirent voisles amont, puys adressèrent vers Honnefleu^ en Normendye, et, la près, viz a viz d'une bourgade nommée Villerville, ancrèrent : ou demeurèrent l'espace de xv jours, cuydant la avoir lieu pour leur adoubage, et eulx refrcschir, ce que ne peurent ; car la fut lors le vis admirai

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