‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 15 sur 183 · X\} NOTICE SUR JEAN D'AUTON · texte numérisé non relu

X\} NOTICE SUR JEAN D'AUTON

supplanté par d'autres dans les faveurs d'une princesse bonne, mais exigeante ; Jean Marot écrit, pour la reine, le récit de l'expédition de 1507; il l'écrit en vers, avec un accompagnement de miniatures fort soignées; la reine le prend pour poète, et, peu après, elle prend Jean Le Maire pour son historiographe. Â ce moment, Jean d*Âuton, comme nous allons le dire, abandonne la plume de l'historien et se réfugie dans la poésie. On peut supposer à ces divers événements un certain lien, nécessairement tout moral, et il ne serait pas surprenant que la reine, après avoir valu à Jean d' Auton sa carrière, ait contribué ensuite à son éloignement.

Jean d' Auton intitule simplement Conqueste de Millan sa première chronique, non officielle. Il appelle déjà la seconde Chronique du roy Loys XIFy et la troisième devient Chronique de France, L'auteur prend alors le titre à* Historiographe du Roy*. Au début, il suivait son propre comput, le 25 mars; il adopte à partir de 1501 le comput royal de Pâques*.

A mesure que son caractère officiel s'affirme, sa narration change de ton; elle devient plus prolixe, plus diffiise, plus consciencieuse, si l'on veut, et en même temps plus hâtive. En maint endroit, il proteste de son soin et de son loyal désir d'impartialité^ ; il nous renseigne sur sa manière de

1. Le récit de 1499 est un récit abrégo, fait évidemment en vue d'appeler l'attention du prince. Jean d'Anton dit iui-mômc qu'il le fait dans du temps dérobé à d'autres occupations. Le récit de 1500 forme déjà un tout plus vaste et plus complet. Le récit de 1501-1506 forme un volume tout à fait officiel.

3. Voy. t. III, p. 158. Il insiste sur son extrême désintéressement. Il ne prend la plume, dit-il, que parce qu'il ne peut tenir l'épée, par haine de l'oisiveté, qui engendre la volupté (ibid., et I, 3, 109, 117).

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compoaerS et, plus il ya, plus il multiplie ces affirmations*. Il suit partout la cour; il accompagne le roi dans ses expéditions en Italie'; il fraie avec les capitaines, avec les hommes d'armes de tout grade ; il ne craint pas de boire et de manger avec eux*, d'aller sur le champ de bataille^, lui, religieux des plus paisibles, pour se faire une idée de l'art de la guerre et recueillir sur l'artillerie, sur les bandes, sur les exploits de tel personnage, des renseignements précis, authentiques. Déjà, sous Charles VIII, André de la Vigne, commis < à mettre par écrit ce présent voyage, » avait accompagné le roi à Naples, en lui présentant çà et là quelque rondeau de circonstance pour le divertir*. Jean d'Auton fait de même, mais son œuvre est plus complexe, plus difficile. Il va partout, le calepin à la main, comme un journaliste de nos jours "', et il lui faut composer sa

1. Il aime surtout parler de ce qu'il a vu (t. I, p. 4, n. 1; U, 107) ou invoquer au moins des témoignages oculaires (lU, 164, 166). En célébrant, sur Tordre du roi, l'histoire invraisemblable de la mort de Thomassine Spinola, il a soin de laisser la responsabilité du récit à Germain de Bonneval (IV, 12), connu alors comme conteur de Nouvelles (IV, 361).

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