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NOnCB SUR JBAN D'AOTON. xv
nir dangereux; le roi se borne à hocher la tête, en disant qa'il ne laissera pas dépasser les bornes... Eh bien, Jean d'Anton, dans ses écrits officiels, n'imite point la réserve du roi; il témoigne au Yalentinois une haine profonde ^ Bien plus! on dirait qu'il craint de le nommer ou de le qualifier; il recourt à des subterfuges amusants; il appelle César « nepveu du frère du pape*, » pour dire « fils du pape » sans le dire. Cyprien d'Auton servait dans la compagnie Yalentinois, dont Aubert du Rousset était lieutenant ; Jean d'Auton appelle cette compagnie Du Rousset.
Pourtant, lorsque le rôle antipatriotique de la reine s'accentue et aboutit à un édat, Jean d'Auton commence à éprouver un certain malaise et modifie légèrement son accent. Il parle encore du procès du maréchal de Gié comme on le faisait dans l'entourage de la reine, mais déjà il donne à son récit un préambule d'étonnement et de philosophie. Il applaudit néanmoins à la chute du maréchal, et il obtient aussitôt après de ravancement. L'influence de la reine se fait encore jour dans le récit du mariage de Claude de France et dans la longue mention accordée à Antoine Duprat, cet astre naissant^. Le chroniqueur pousse même la conscience jusqu'à déclarer « très belle » la pauvre Claude de France, qui était si laide. Mais peu à peu l'inspiration de la reine décroît. Le conscieDcieux chroniqueur a pris au sérieux son rôle officiel ; il cherche à plaire au roi, auquel il offre des poésies ; il se débat contre les influences avec un véritable souci d'indépendance. Aussi sommes-nous fondé à croire que son étoile pâlit près de la reine. Nous le voyons