Godefroy, Hist. de Charles VIII, p
7. Notamment t. III, p. 315. — 11 est en cour, « aux escoutes, » dit-il (m, 339).
IV b
XTiij NOTICE SUR JEAN D*AUTON.
Chroniqae sur-le-champ, afin de la remettre au roi sans trop de délaie Ajoutons quela Chronique, aussitôt livrée en pâture à un certain public, valait à son auteur une grande réputation' et bien des critiques. Gratifié, en 1505, par le cardinal-légat d'Âmboise du prieuré de Qermont-Lodève, où il se trouvait dans la dépendance directe du cardinal de Narbonne, neveu du légat, Jean d'Auton est à la fois satisfait ^ et gêné. Il n'aimait point la lutte ; il écrivait par goût, pour éviter l'oisiveté, pour exalter les bons et réprouver les méchants. Quand il vit qu'une si noble mission lui attirait des attaques et des dégoûts (à propos desquels il s'exprime avec une certaine amertume dès 1503^), son découragement sur
i. T. III, p. 289, il dit que César Borgia, arrêté en 1504, passera probablement le reste de sa vie en prison. Sa chronique de 1499 fut rédigée en 1500, celle de 1500 en 1502 (I, 318).
2. ni, 317. Dès 1503, évoquant la Rhétorique sur la tombe du comte de Ligny, Jean Le Maire de Belges met les vers suivants dans la bouche de cette dame :
« Encores est hors de ce mondain fabricque Ung mien privé Robertet magnificque, Qui mon feu George en grant pleur honnoura; Et Sainct Gelais, coulourant maint canticque, Pleurant son Roy plus cler que nulle antique, Les a suivy ; si croy que Rhetoricque Finablement avec eulx se mourra.
Ung bien y a que encor me reste et dure : Mon Molinet, moulant fleur et verdure, Dont le hault bruyt jamais ne périra; Et ung Crétin, tout plain de flouriture, Qui le conserve en vigueur et nature ; Et toy, Dauton, car la sienne escripture Et ta Cronicque. a tousjours (lourira. » Le Maire cite ensuite le second Robertet, et les musiciens Josquin de Prez, llilaire Évrart.
4. En tête : ch. xxiv; fin du ch. xxii; t. III, p. 317. Dès 1499, il commençait à se plaindre (I, 109).
mnCE SUR JEAN D*AT7TON. xix
rimpo68Îhilité de satisfedre tout k moiidd B'aooentud de plus en plus et finit certainement par lui inspirer le désir de laisser là son rôle et de rentrer dans la paix.
Pour rédiger ses Chroniques, Jean d'Âuton ne devait d'ail* Imirs consulter que ses propres forces ; on ne lui prêtait aucun appui officiels Aussi a-t-il rarement un document entre les mains* et ignore-t-il des faits très importants, notamment les négociations, et il Tayoue^.
n raconte les faits extérieurs, ce qui se sait à la cour, et cela sans parti pris; il représente ordinairement l'opinion moyenne. C'est un excellent homme, d'esprit peu distingué, plein de bonne volonté et de bienveillance, sincère et honnêtement naïf. Soit réserve, soit éloignement naturel ou professionnel pour les intrigues, on s'aperçoit qu'il ne connaît pas à fond le personnel de la cour, parce qu'il commet de petites méprises d'appellation*. Plusieurs
1. Il se plaint amèrement qu'on ne lui dise rien et rejette sur ce silence les lacunes qui peuvent se trouver dans ses récits (III, 317).
2. Cependant il donne le texte d'une trêve et le texte des discours de Gênes en 1507. Il invoque aussi (t. III, p. 167) un rapport officiel ennemi. A la môme époque, la Chronique rédigée par Haneton, premier secrétaire du roi de Gastille, ne comprend presque, à Tinverse, que des documents.
3. Il, 213; t. m, négociations de 1504; t. IV, p. 343, négocialions de Savone; négociations de 1505 (c a porte cloze, quant a moy. » m, 358).
4. Ainsi il appelle Gaspard de Coursinges « Menna • (t. I), € Aymer » (t. II, p. 12, 278); Charles de Bourbon, comte de Roussillon, « Jacques » (II, 189), ou « Louis » (II, 21); Etienne Poncher, évêque de Paris, t Jean » ipassiu}); Louis de Gâstelbajac, « Bertrand i (U, 21); Jacques de la Trémoïllc, seigneur de Mauléon, « François » (II, 12); le marquis Louis de Saluées, « François; » Louis de Bigars, seigneur de la Lande, tantôt c Jean de la Lande » (II, 13, 278), tantôt t Pierre de la Lande • (II, 287, 290) ; le sire de Rohan, « vicomte de Rohan » (I, 73) ; Antoine Duprat « Jean Du Prat » (III, 230).