Le cumte de Horn
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loit tenir racoord qu'i avoit faict touchant l'investiture de la duché de Millan pour madamme Glaude et ses sucesseurs.
Autres articles furent la pour le Roy dictz et declairez par ledit maistre Anthoine du Prat. A chief desquelles choses le Roy des Rommains demanda ausditz ambassadeurs s'il avoient autre chose a dire : c Si avons, sire, dist messire Fran[ç]oys de Rochechouart, mais, s'il est vostre plaisir, ce sera a vous seul, et a part. — Or bien, dist le Roy des Rommains, je say bien qu'avez prou de choses a dire, mais vous venez de loings et estes las, et avez mestier de repos; par quoy vous vous pouvez retirer a voslre logis quant vous plaira, et demain, a l'eure que je seray prest de vous oyr, je vous manderay. > Et, sur ce, s'en allèrent a leur logis, accompaignez de grant nombre de gentishommes du Roy des Rommains.
Le lendemain, sur les deux heures après mydi, furent iceulx ambasadeurs transmys quérir par ledit Roy des Romains. Si s'en allèrent par devers luy, et, eulx venus en sa chambre, leur dist : « Or, dictes, seigneurs, vostre charge quant vous plaira. Mais, premier, je veulx savoir si vous vouldrez bien qu'aucuns de ceulx de mon conseil soyent avecques moy pour oyr vostre charge. — Oy, sire, dirent les ambassadeurs, qui vous plaira, d Dont appella a ce l'arcevesque de Trêves', le duc de Juillieres, le marquis de Rrandebourg, l'evesque de Gurse, le conte de Sornes et le chancellier de TiroUe pour assister; lesqueulx tous assemblez, le Roy des Rommains se mist en sa
i. Jacques de Baden.
60 CHRONIQUES DE LOUIS XII. [Août 4506
chaire, son conseil tout autour de luy. Lors maistre Ânthoyne du Prat, maistre des requestes, dist en latin leurdicte charge pour ce que autre que le Roy des Rommains n'entendoit le françoys, disant que le Roy leur avoit donné charge luy dire ce que par avant luy avoyent dit, et davantage, que touchant les cent mille francz qu'il demandoit pour l'investiture de la duché de Millan, laquelle il avoit accordée pour les hoirs qui en l'avenir sortiroyent de madame Claude, atendu que le mariage d'elle et du filz du Roy de Gastille, archiduc, ne s'acomplissoit, entendoit le Roy que de riens ne luy en estoit tenu ; mais que, la ou il vouldroit bailler ladicte investiture a madame Giaude et a ceulx qui d'elle descendroyent, il luy feroit bailler les cent mille frans qu'il luy avoit promys, et iceulx délivrer au lieu et jour qui seroit entre eulx advisé et ordonné; par ainsi, qu'il fist bailler le consentement des électeurs. Ce dit, le Roy des Rommains demanda ausditz ambassadeurs s'il avoyent autre chose a dire. Lesqueulx dirent que si avoyent, ce qu'il feroient après ce qu'ilz auroyent eue responce de luy sur les choses par eulx alléguées. Sur quoy ne voulut ledit Roy des Rommains rendre responce, mais les fist semondre par aucuns des siens, et luy mesmes les somma par plusieurs foys de dire toute leur charge; ce que ne voulurent, s'ilz n'avoyent premièrement responce de luy; lequel ne voulut dire autre chose, si n'est, quant au regard dudil mariage, qu'il touchoit plus au petit archiduc qu'a nul autre, et que a celuy manderoit ce que le Roy luy en avoit faicl dire pour y pourveoir comme il sauroit ; et ausi, tant que touchoit l'investiture de madame Claude, que ausi il le manderoit aux
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électeurs de FEmpire pour en savoir leur vouloir, et de ce en avertiroit le Roy^. Et, sur ce, lesditz ambassadeurs prindrent congé de luy, lequel au partir leur donna charge faire ses recommandacions au Roy de France, son frère, et leur bailla ung gentilhomme ailemant, lequel parloit bon françoys, nommé ledit gentilhomme Symon de Ferrete. Quatorze journées, par le pays dudit Roy des Rommains celuy gentilhomme mena et conduyt lesditz ambassadeurs, et tant qu'ilz arrivèrent a Trente, ville près de terre Saint Marc, et de la tirèrent a Millan, ou estoit lors lieutenant du Roy messire Charles d'Amboise, lequel adverlirent de l'armée du Roy des Rommains. Et, de la, messire Françoys de Rochechouart manda au Roy de tout ce qu'il avoit explecté en son ambassade et sceu envers ledit Roy des Rommains^.
COMMAM' LE ROY DE CaSTILLE, ARCHIDUC, APRES AVOIR SCEU LE MARIAGE DE MADAME GlAUDE ET DU CONTE d'AnGOULESME, mal content de CE, PRIST ALLIENCE A PLUSIEURS ET SE DECLAIRA ENNEMY DU ROY, ET DE LA MORT DUDIT ROY DE CASTILLE.
Le Roy de Gaslille, estant lors en ses pays d'Espaigne, fut adverty du mariage de madame Claude, fille du Roy, avecques Françoys d'Orléans, conte
1. Maximilien, toutefois, écrivit au roi d'Angleterre une lettre extrêmement violente, où il traitait Louis XII de parjure sans aucune périphrase (J. Gairdner, Leiters.,. of Richard 111, l, 301).