‹ Chroniques de Louis XIIChapitre 58 sur 183 · A BOULONGNE POUR SECOURIR LE PAPE · texte numérisé non relu

A BOULONGNE POUR SECOURIR LE PAPE

Messire Charles d'Amboise, lieutenant du Roy delà les mons, sachant qu'il estoit heure de partir pour aller au secours du pape, avoit faict assembler ses gens d'armes a Parme et mys en marche, comme le Roy luy avoit mandé, et tenoit ordre tel que, nonobstant l'empeschement des pluyes et l'ennuy de l'y ver qui lors avoient cours, gens d'armes, piétons et artillerye, et tout le sommaige n'avoit arrest, car soubz ledit lieutenant du Roy avoit capitaines expertz et lieutenans advisez en faictz d'armes, et, pour ce que f ay sceu les noms desditz capitaines qui la estoient, je les ay voulu commémorer, affîn que, si bienffaict y a, que ce soit a la louenge d'eulx et a l'exemple des futurs. Premièrement, y estoit présent messire Charles d'Amboise, gênerai lieutenant du Roy, lequel avoit a luy cent hommes d'armes ; messire Jacques de Chabanes, seigneur de La Palixe, lequel avoit cincquante hommes d'armes; messire Yves d' Allègre, cincquante hommes d'armes; messire Robert Stuart, cent hommes d'armes escossoys; Adrien de Brimeu, lieutenant des cens

1. Castel-San-Pietro, sur le Sillaro, à 23 kiloin. de Bulogne.

1506] GOMMANT MBSSIBB GHABLBS D'AMBOISE, ETC. 71

hommes d'armes du marquis de Mantoe; messire Jehan de Durefort, seigneur de Duras, dncquante honunes d'armes; messire Rogier, baron de Beart, cincquante honunes d'armes; messire Galeas Palvesin, quarante hommes d'armes ; messire .Anthony Marie de Sainct Severin, cincquante; messire Philibert de Glarmont, seigneur de Montoison, cincquante ; le seigneur d'Oroze, quarante ; le seigneur de Ghastellart, quarante; le seigneur de Fontrailles, trente; le conte de Misoc, cincquante ; messire Mercure, centÂlbanoys. Les capitaines des gens de pié estoyenl Mollart^, allemant; Jacques d'Allègre; Peralte, espaignol; Gossains et ung italyen, nommé le marquys Bernato, lesquelz avoyent soubz leur charge quatre mille hommes, allemans, daulphino[y]s et piemontoys. Aussi y avoit XV pièces d'artillerye soubz la main de messire Jehan de Bessé, gruyer de Bourgoigne. Et ainsi fut mise l'armée de France au champs, tirant le droict chemin de Boulloigne, et tant que, devant une place bouloignoise, nommée Gastelfranc^, furent les Françoys, et la misrent le siège. Puys commancerent a tirer quelques menues pièces d'artillerye pour voir que ceulx de la place vouldroyent dyre, lesquelz se deffendirent tout lâchement en tirant bien peu de coups, et, sans actendre sur eulx plus grant effort, se rendirent, leurs bagues sauves. Ge faict, ledit lieutenant du Roy, avecques ce qu'il voulut de ses gens d'armes, entra dedans ; ce que tantost sceut le pape, qui lors estoit a Ymolle, de quoy fut bien joyeulx, pencent que, au moyen dudit secours, Boulongne seroit bientost a luy soubmise.

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